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La mutation BRCA2 : un facteur de risque de lymphome chez l’enfant

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    La mutation BRCA2 : un facteur de risque de lymphome chez l’enfant
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Les femmes porteuses d’une mutation du gène BRCA2 sont plus sujettes au cancer du sein. Et les enfants de ces dernières se trouvent exposés à un sur-risque de lymphome non hodgkinien. Un cancer caractérisé par une atteinte des cellules du système immunitaire.

Parmi les différents facteurs de risque de cancer du sein, on trouve le fait d’être porteuse d’une mutation d’un de ces gènes : le BRCA1 et le BRCA2. Mais cette particularité n’augmente pas ce seul risque, concernant le BRCA2.

En effet, « les enfants et les adolescents nés de femmes porteuses d’une mutation sur le gène BRCA2 présentent un sur-risque de souffrir d’un lymphome non hodgkinien », attestent des scientifiques américains*. Des données obtenues à partir de l’analyse des dossiers médicaux de 1 380 survivants à des lymphomes, hodgkinien ou non.

Autre observation, « les survivants d’un lymphome non hodgkinien, nés d’une mère porteuse de la mutation du gène BRCA2, étaient exclusivement des hommes ».

Le lymphome non hodgkinien se développe dans les cellules du système lymphatique : les globules blancs chargés de défendre l’organisme contre les agressions extérieures. Il peut se déclarer dans les ganglions, mais aussi dans d’autres organes comme les intestins, la peau ou les testicules. Si ce cancer peut survenir à tous les âges, il reste le plus fréquemment diagnostiqué entre 60 et 65 ans.

Une tumeur du cerveau aussi concernée

« C’est la seconde fois que la mutation BRCA2 est associée à la survenue d’un cancer pédiatrique », décrit le Pr Zhaoming Wang. Le médulloblastome, la plus fréquente des tumeurs localisées au niveau du système nerveux central, est en effet concerné. Située au niveau de cervelet, ce dernier métastase en circulant dans le liquide céphalo-rachidien. « La majorité des médulloblastomes surviennent avant l’âge de 10 ans (40% avant 5 ans et 75% avant 10 ans) mais ils peuvent s’observer chez l’adolescent ou chez le jeune adulte », rapportent les spécialistes de Gustave Roussy.

« Plus nous en savons sur les risques de cancers encourus dans l’enfance et l’adolescence, plus nous pouvons adapter les prises en charge le plus précocement possible », concluent les scientifiques.

A noter : les autres facteurs de risque du lymphome non hodgkinien sont les infections virales (VIH/SIDA, hépatites), bactériennes (Helicobacter pylori), un déficit du système immunitaire (lupus…), la maladie cœliaque non traitée par un régime sans gluten. Mais aussi l’exposition à la chimiothérapie (médicaments contenant des agents alkylants) et à des produits toxiques (pesticides, engrais, solvants…).

*St. Jude Children’s Research Hospital

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