Economie

Roquefort : la circulaire contre le lait cru irrite les éleveurs

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  • Roquefort et son lait cru de brebis sont concernés par l’avertissement.
    Roquefort et son lait cru de brebis sont concernés par l’avertissement. Eva Tissot / Eva Tissot
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La consommation de lait cru pour les enfants de moins de cinq ans est dans le viseur.

Elle est passée presque inaperçue début mai : une instruction technique de la direction générale de l’alimentation demandait aux restaurations collectives "d’éviter la consommation de fromages au lait cru par les enfants de moins de cinq ans". Cet appel du ministère de l’Agriculture faisait suite à des contaminations de plusieurs enfants par la bactérie Escherichia coli (E. coli).

Si les fromages à pâte pressée comme le gruyère, le comté ou l’emmental ne sont pas concernés par cet avertissement, les éleveurs du Sud-Aveyron ne restent pas indifférents à "ce nouveau coup politique", qui touche la filière roquefort.

Rassemblés à l’occasion des 20 ans du démontage du McDo de Millau le 12 août dernier à la Maladrerie, les militants de la Confédération paysanne n’ont pas mâché leurs mots à l’égard ce qu’ils dénoncent comme "une industrialisation et une standardisation de l’alimentation". Si cet appel demande aux producteurs commerçants d’indiquer sur leurs étals les "méfaits" de cette consommation, la plupart d’entre eux comptent s’appuyer "sur le rapport de confiance" dont ils bénéficient "auprès du consommateur en fonctionnant en circuit court". En revanche, tous et toutes générations confondues ont dénoncé "le lobbying de l’industrie fromagère", "pas forcément un gage de la sécurité alimentaire et sanitaire", rappelle Christian Roqueirol, en prenant l’exemple de Lactalis et le lait infantile contaminé à la salmonelle.

Des actions à venir

Le ministère de l’Agriculture a aussi rappelé dans cette circulaire que "le fromage au lait cru reste une filière de qualité qui valorise les territoires", qui représente environ les 3/4 des volumes des fromages commercialisés sous signes d’identification de la qualité et de l’origine. Si Nicolas Giraud, porte-parole national de la Confédération paysanne, également présent le 12 août dernier, rejoint ses collègues éleveurs sur leurs propos, il tient à défendre les bienfaits de la consommation du lait cru, qui n’a été ni pasteurisé, ni stérilisé, et qui n’a pas subi de microfilitration. "En plus d’être savoureux, le lait cru permet un renforcement du système immunitaire et une diminution du risque d’allergies. Cela contribue aussi l’économie locale. Les paysans sont aussi en droit de maîtriser la souveraineté alimentaire", martèle-t-il. "Imposer les conditions des industriels aux petites fermes serait impossible à tenir pour ces dernières alors que l’industrie fromagère n’arrive pas à faire du lait cru", souligne un autre éleveur.

Entre cet emballement autour du lait cru et les accords de libre-échange avec le Canada (Ceta) ou Mercorsur, le marché économique regroupant plusieurs pays d’Amérique du Sud, les militants de la Confédération paysanne craignent pour l’avenir de l’agriculture. Pour se faire entendre, certains d’entre eux devraient manifester autour du G7, qui débute ce vendredi à Biarritz.

Loïc Bailles
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