Patrimoine

Estaing : une nouvelle exposition de la châsse de saint Fleuret

  • Installation de la châsse par Bernard Atger et son compagnon, rejoints par Laurent Fau, Jean Pradalier maire d’Estaing, et Yves Palobart.
    Installation de la châsse par Bernard Atger et son compagnon, rejoints par Laurent Fau, Jean Pradalier maire d’Estaing, et Yves Palobart. Repro CPA / Repro CPA
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Fidèles et pèlerins peuvent de nouveau admirer le coffre où sont conservées les reliques du saint-patron d’Estaing au sein de l’église paroissiale.

Après un nettoyage dans les règles de l’art par les intervenantes du laboratoire "Materia viva" de Toulouse, la châsse du saint-patron d’Estaing est dorénavant exposée dans la chapelle saint Fleuret de l’église paroissiale à la grande satisfaction des premiers visiteurs.

L’artisan menuisier Bernard Atger, installé à Cahors, agréé par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) pour fabriquer la vitrine devant accueillir le maître reliquaire, est venu l’installer assisté d’un Compagnon du devoir. Pour l’occasion, Laurent Fau, conservateur des antiquités et objets d’art de l’Aveyron, une délégation d’Estagnols attentifs, dont le maire Jean Pradalier, maire d’Estaing, et quelques membres du relais paroissial avaient tenu à être au rendez-vous.

La châsse de Saint Fleuret pourrait bien "codifier" la procession de saint Fleuret, selon Mgr Bourret. "C’est une hypothèse que nous avons souvent évoquée et argumentée entre chercheurs de différentes disciplines avec qui et grâce à qui nous avons pu conduire le chantier d’approfondissement et de diffusion des connaissances sur le patrimoine d’Estaing de 2013 à 2017 et dont on pourrait peut-être s’inspirer", précise Yves Palobart, historien local. "Ce pourrait être en effet un témoignage exceptionnel du déroulement de la procession assagie après les duels ordaliques du XVIIe et les reinages du XVIIIe. Les statues des personnages et les scènes représentées sur les émaux de la châsse de saint Fleuret pourraient illustrer un moment de cette manifestation au XIXe…", explique, quant à lui, Roland Chabbert, conservateur régional de l’inventaire.

Les reliques de saint Fleuret : un "triple trésor"

Mgr Bourret, évêque de Rodez, a beaucoup contribué à la relance du culte des saints aveyronnais. C’est lui qui, vraisemblablement motivé par la guérison publique de Julie Grignac en 1879, a financé la réalisation de la châsse de saint Fleuret décorée des bijoux offerts par la population estagnole.

Dans l’état actuel des connaissances, il pourrait bien s’agir d’un rare exemple "de corps entier" confirmé par la science, vénéré sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ces opérations de nettoyage, de réalisation de la vitrine et d’installation de la châsse ont été cofinancées par la Région, la Drac, le Département, le relais paroissial et la mairie.

L'historique des reliques de saint Fleuret

Ve siècle : vie de saint Fleuret mort à Estaing.

1193 : plus ancienne mention actuellement connue du culte de saint Fleuret.

1524 : François d’Estaing, évêque de Rodez, ouvre le tombeau de saint Fleuret et constate la présence "[…] d’un corps entier cependant dépouillé de sa peau…".

1669 : translation des ossements de saint Fleuret dans un premier reliquaire qui sera abrité dans une cave vinaire pendant la Révolution.

1880 : translation des ossements du premier reliquaire dans la châsse actuelle par Mgr Bourret, évêque de Rodez.

2016 : observation biologique des ossements par une anthropologue de l’Institut national des recherches archéologiques préventive.

2017 : datation au carbone 14 des ossements et publication des résultats qui mettent fin à toutes les controverses sur la période de vie de saint Fleuret, mort entre 431 et 558, et dont les concordances historiques et l’étude de textes anciens permettent de la situer au Ve siècle.

2018 : résultats d’une étude des ossements contenus dans la cathédrale de Saint-Flour par J.-L. Bourdatchol. L’archéologue qui a travaillé sur ceux de saint Fleuret en 2016 et 2017, précise : "[…] les ossements conservés à la cathédrale de Saint-Flour n’appartiennent pas au squelette pratiquement complet conservé à Estaing…". Ceci met fin à la controverse longtemps entretenue d’un hypothétique dédoublement entre Saint-Flour et Saint-Fleuret.

2019 : inscription de la châsse de saint Fleuret au titre des monuments historiques, nettoyage de la châsse et exposition dans une vitrine sécurisée en la chapelle saint Fleuret de l’église d’Estaing.

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