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Villefranche-de-Rouergue : "Les Fantômes de Bassam" d’Édith Roux à l'Atelier Blanc

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  • L’une des photographies du quartier N’zima à Grand-Bassam.
    L’une des photographies du quartier N’zima à Grand-Bassam. DDM / DDM
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L’Atelier Blanc a invité l’artiste Édith Roux à partir du 28 septembre pour une exposition qui durera jusqu’au 1er décembre. Un temps fort pour commencer la saison.

Pour la 31e édition des Photofolies, l’Atelier Blanc présente "Les Fantômes de Bassam", une exposition monographique d’Edith Roux. Photographe et vidéaste, l’artiste situe sa pratique dans une veine documentaire conceptuelle où une réflexion sur les conditions de production des images est intégrée à l’intérieur du travail lui-même. Des préoccupations d’ordre sociopolitique sont souvent présentes dans le travail Edith Roux, entre autres autour de questions liées à l’environnement, à la société de contrôle et à la décolonisation.

Édith Roux, artiste invitée de l’Atelier blanc, présente ses récents travaux réalisés en Côte d’Ivoire. Elle interroge la relation de la France avec son ancienne colonie. Dans une tentative d’ouvrir un espace de réflexion critique, cette recherche visuelle se nourrit de théories de décolonisation où l’archive tient lieu d’inspiration. L’artiste tente ici de déconstruire certaines images de l’époque coloniale qui hantent encore le présent afin d’ouvrir un nouvel espace de possibles. Les images vernaculaires, l’épaisseur du temps, la relation dialectique de l’Autrefois avec le Maintenant sont autant de supports à ces pro-positions visuelles. Les déplacements opérés dans les images par

Édith Roux tentent de mettre en mouvement le récit historique dans le contexte géopolitique contemporain ou la décolonisation des imaginaires semble être une marche vers le futur.

Les Fantômes de Bassam

Cette série est composée de 18 photographies, réalisée dans la ville historique de Grand Bassam, située à environ 40 km à l’est d’Abidjan. La ville fut la première capitale coloniale, portuaire, économique et administrative de la Côte d’Ivoire. L’ancien quartier français, laissé aujourd’hui à l’abandon, témoigne d’une architecture et d’un urbanisme colonial fonctionnaliste. Le quartier N’zima adjacent révèle la permanence des cultures autochtones. L’intérêt de l’artiste pour la ruine naît de sa capacité à faire cohabiter plusieurs temporalités. État d’entre-deux, le fragment renvoie à ce qui n’est plus, mais s’affirme par ce qui reste comme vestige. Dans ses photographies, Edith Roux y insère des personnages provenant de cartes postales datant de l’époque coloniale. Seuls le grain, la trame d’impression ou le noir et blanc révèlent la provenance de ces incrustations. La confrontation d’éléments présents et anciens où différentes temporalités dialoguent entre elles vise à susciter une réflexion chez le spectateur. Ces colons venus d’un autre temps sont-ils les figures du refoulé de l’histoire ? Quelles formes de colonialité se cachent derrière ces visages effacés par le temps ?

Sous le sable, la marche

Cet ensemble (photographies et vidéo) fait référence à un événement dans l’histoire de la décolonisation de la Côte d’Ivoire qui s’est déroulé en 1949. Ce travail est le résultat de recherches dans différentes archives et s’inspire de la publication de l’historienne Henriette Diabaté. En 1949, environ 2 000 femmes marchent d’Abidjan vers Grand-Bassam pour réclamer la libération de prisonniers politiques retenus dans la prison. Ces prisonniers, leaders des mouvements de décolonisation ont entamé une grève de la faim pour inciter les autorités françaises à les juger devant un tribunal. La frise représente le trajet du sable de Grand-Bassam à Paris. L’artiste a délégué les prises de vues aux différentes personnes qui ont permis le transport du sable. Le sable vient ici nous rappeler le trajet que les femmes ont réalisé en passant par la plage pour éviter les autorités françaises. En faisant venir le sable à Paris et en le collant sur une photographie tirée des archives du journal l’Humanité, l’artiste soulève la question du partage de la Mémoire. Cet événement, peu connu en France, vient compléter un récit de l’Histoire souvent énoncé du point de vue de l’Europe. La vidéo mélange des archives de la télévision ivoirienne et des images contemporaines, tournées par l’artiste, pour proposer un récit où les femmes prennent part activement à la vie politique de leur pays.

Je vous regarde

Le spectateur est face à une carte postale de la Côte d’Ivoire datant du début du XXe siècle. Soudain, la carte s’anime et la femme représentée se met à parler. Ses yeux baissés se mettent en mouvement et regardent en face le spectateur. La femme s’exprime en n’zima, une des langues parlées à Grand-Bassam : la phrase prononcée, "meleh nian beh", est suivie de sa traduction française : "Je vous regarde". Ces femmes parlent au spectateur à travers l’histoire, dans une tentative de se réapproprier leur propre image et d’échapper à l’emprise du regard masculin colonial.

Le défilé

La vidéo se déroule sur la plage de Grand-Bassam où des vendeurs à la sauvette défilent pour présenter leurs marchandises aux touristes. Mais le son de leurs voix, couvert par le bruit de la mer, ne semble pas parvenir jusqu’aux touristes situés derrière la barrière, là où se situe la caméra. Coincés entre une mer sans horizon et une barrière bleue, ces vendeurs ambulants venus de différents pays d’Afrique continuent à défiler. Mais que laisse présager la brèche visible à droite de la barrière ?

Exposition Édith Roux à l’Atelier Blanc, chemin Rive droite, à Villefranche-de-Rouergue, du 28 septembre au 1er décembre, vernissage le 11 octobre à 18 heures. Ouvert du jeudi au dimanche de 14 heures à 19 heures ou sur rendez-vous au 06 30 53 37 92. Entrée libre.

GDM
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