L’Aveyron mobilisé contre les violences conjugales

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  • La préfète, les services de l’Etat et les partenaires associatifs réunis pour lancer la campagne.
    La préfète, les services de l’Etat et les partenaires associatifs réunis pour lancer la campagne. Repro CPA
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Alors que s’est ouvert hier en France le "Grenelle de la lutte contre les violences conjugales", l’Aveyron prend sa part à la mobilisation nationale à travers l’engagement des services de l’État et des associations d’aide aux victimes.

À ce jour et depuis le début de l’année, ce sont 101 femmes qui, en France, ont succombé sous les coups portés par leur conjoint (14 pour la seule région Occitanie). Et si l’Aveyron ne compte pas de tels décès depuis de nombreuses années, les violences conjugales dont les femmes sont victimes s’y multiplient pourtant si l’on en croit les statistiques des forces de l’ordre : 87 cas recensés en 2018 en zone police (51 depuis janvier 2019), 117 procédures enregistrées en zone gendarmerie en 2018 (86 depuis janvier 2019). Des chiffres toujours en hausse qui invitent à une vigilance permanente.

Autant dire que le département compte bien prendre toute sa part dans le "Grenelle de la lutte contre les violences conjugales" lancé hier par le Premier ministre. Et ce, même si l’Aveyron dispose "d’un maillage territorial très actif de la part d’une dizaine d’associations d’aides aux victimes et d’un travail incessant accompli également par les services de l’État depuis longtemps", comme le rappelle la préfète de l’Aveyron, Catherine de la Robertie.

Contribution aveyronnaise

Entourée notamment du procureur Olivier Naboulet, du directeur de la police Jérôme Buil, du commandant du groupement de gendarmerie le colonel Fagard, mais aussi des responsables de trois de ces associations d’aide aux victimes (Trait d’Union à Millau, Village 12 à Villefranche et le CIDFF à Rodez), la représentante de l’État a décliné un programme d’actions locales jusqu’à la fin octobre. À commencer par trois réunions débats, destinées en premier lieu aux acteurs sociaux : le 1er octobre à 14 heures à Village 12 à Villefranche, le 3 octobre à 10 heures à la DDCSPP à Rodez et le 8 octobre à 10 heures à la sous-préfecture de Millau. Le résultat de ces débats sera présenté fin octobre et alimentera la synthèse nationale début novembre.

Libérer la parole

Car la préfète et ses partenaires veulent avant tout que cette lutte se décline au plus près des réalités du terrain. Et chacun d’insister sur le fait que les violences conjugales (mariés, divorcés, en concubinage ou non, etc.) ne concernent pas que les coups et blessures. Harcèlement, privation de droits en sont aussi les effets, plus sournois.

La campagne a ainsi pour vocation de "libérer la parole des femmes", qui n’osent souvent pas porter plainte. Qu’à cela ne tienne, le procureur peut, de lui-même, face à un cas avéré, poursuivre sans plainte préalable…

De leur côté, les forces de l’ordre multiplient les formations de leurs effectifs pour accueillir toujours mieux les victimes. Les associations, quant à elles, offrent des solutions de protection telles que l’hébergement d’urgence, l’accueil de jour… Objectif : ne jamais laisser une personne démunie sans réponse, sans accompagnement.

Le dispositif est bien rodé en Aveyron. Mais la communication autour des outils qu’il propose aux victimes ne doit jamais faiblir.

3919 et enquête internet

Un numéro d’appel national existe pour toutes les victimes de violences conjugales, le 3919. Anonyme et gratuit, il oriente au besoin les appelants vers les structures locales. 55 appels ont ainsi été enregistrés à ce numéro en 2018 en Aveyron.
Par ailleurs, pour bien appréhender les réalités du terrain, un questionnaire est dès à présent mis en ligne (et jusqu’au 27 octobre) sur le site internet de la préfecture. Il est destiné à recueillir des propositions nouvelles qui remonteront au ministère. A chacun de s’en emparer : http://enqueteur.aveyron.equipement-agriculture.gouv.fr
Un QR code est également disponible pour les smartphones. 

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Christophe Cathala
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