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Violences conjugales : "Quand on intervient, il est déjà trop tard"

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  • Le capitaine Gerbay est arrivé de Paris en 2015.
    Le capitaine Gerbay est arrivé de Paris en 2015. L.B. / L.B.
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Avec ou sans dépôt de plainte, les officiers mènent l’enquête, avec leurs moyens.

Aucun décès n’a été enregistré dans l’Aveyron depuis des années mais le département, même en zone rurale, n’est pas épargné par le fléau : depuis le début de l’année, 137 cas de violences conjugales ont été recensés. Dans la circonscription de Millau, les officiers de la police ne sont pas en reste. " C’est très aléatoire. Il peut y avoir trois affaires en une semaine comme un cas toutes les semaines pendant un mois ou plus", souligne le capitaine Christophe Gerbay, à la tête de la brigade de sûreté urbaine de Millau depuis 2015.

Chaque jour, le brigadier-chef Fabien Fort, présent depuis 2005, référent famille, reçoit une dizaine de signalements par courrier ou directement depuis le Parquet, par jour, "avec une certaine recrudescence ces derniers temps".

Si les enquêteurs se montrent prudents et recoupent tous les témoignages pour vérifier l’information, le manque de moyen se fait ressentir pour l’avancée des recherches. "Nous travaillons avec des psychiatres ou des psychologues, et le problème en Aveyron, c’est qu’il est difficile d’en trouver et cela ralentit les enquêtes", explique le capitaine Gerbay.

Des abus observés

Mais les neuf officiers de la brigade se heurtent à d’autres problèmes. Dès qu’un signalement est fait, qu’il y ait dépot de plainte ou pas, l’enquête démarre. Mais certaines victimes "instrumentalisent la police" pour parvenir à leurs fins. "Souvent, il y a des aspects financiers, des gardes d’enfants, des prêts ou la question du relogement qui rentrent en jeu", explique le capitaine Gerbay. D’où la nécessité de recouper les témoignages. L’avis d’un médecin est primordial pour déterminer la compatibilité entre les éventuelles lésions et les propos tenus par les victimes présumées.

"Nous sommes obligés d’entendre chaque partie même si on sait qu’il n’y a rien", déplore le capitaine. Depuis son arrivée à la tête de la brigade, qui œuvre aussi au sein du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), le capitaine Gerbay demande, pour chaque affaire un certificat d’Incapacité totale de travail (ITT), pour l’ordre pénal, à l’hôpital de Millau : au-delà de 8 jours d’ITT, il s’agit d’un délit. "Il faut savoir qu’une violence entre époux est une circonstance aggravante", précise-t-il.

Les enquêteurs ont aussi toujours à l’esprit "l’après garde-à-vue" et regrettent de ne pas être "maîtres de la procédure". Sous l’uniforme, ces hommes et ces femmes traitent avant tout "l’humain", mais " quand on intervient, il est déjà trop tard".

Pas de profil type

Même en rase campagne, les affaires de violences conjugales sont présentes, et pourtant, malgré le soutien de nombreuses associations locales, « bon nombre de victimes n’osent pas franchir le pas de parler » précise les forces de l’ordre. S’il n’y a pas vraiment de profil type des victimes comme des agresseurs, les enquêteurs assurent que, lors des cas de violences conjugales, « une fois sur deux, le mari a une addiction » en matière d’alcool ou de produits stupéfiants, ce qui est une circonstance aggravante. En ce qui concerne la durée de l’enquête, si tous les feux sont au vert, l’affaire peut être réglée en moins d’une semaine. En revanche, la situation peut vite devenir complexe si le dépôt de plainte a été réalisé longtemps après les faits, ou si les violences ont été commises dans un autre département.

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