Musique

Zoé, jeune aveyronnaise de 12 ans, est une princesse de la harpe

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  • Zoé, une virtuose qui collectionne déjà les prix et les scènes internationales.
    Zoé, une virtuose qui collectionne déjà les prix et les scènes internationales. centre presse / Joël Born / centre presse
  • Zoé, 12 ans, princesse de la harpe.
    Zoé, 12 ans, princesse de la harpe. Centre Presse / Joël Born / Centre Presse
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La jeune musicienne aveyronnaise de Saint-Beauzély est une virtuose de la harpe. Déjà primée à plusieurs reprises, elle s’envolera, au mois de novembre, pour la Russie afin de participer au prestigieux concours international de Saint-Pétersbourg.

Avec son visage d’ange et ses cheveux bouclés, Zoé est encore une enfant. Elle n’a que 12 ans mais c’est déjà une grande musicienne. Une talentueuse harpiste promise à un brillant avenir et, on n’en doute pas, à une belle carrière de concertiste.

La harpe, Zoé l’a découverte lors d’un voyage en Irlande, alors qu’elle n’était qu’un petit bout de chou de 4 ans et demi. Tout juste, un an plus tard, elle prenait ses premiers cours, à Millau. Depuis l’an dernier, la jeune Aveyronnaise de Saint-Beauzély est élève au conservatoire de Béziers Méditerranée et elle a participé à plusieurs masterclass avec de grands maîtres de la harpe, dont Catherine Michel et Isabelle Perrin.

La harpe, l’un des plus anciens instruments au monde, dont on retrouve trace en Mésopotamie, 3 500 ans avant J.-C., réclame beaucoup de travail.

"Au minimum quatre heures par jour, samedi et dimanche compris. Si elle ne joue pas, il y a quelque chose qui lui manque", commente Patrick, son papa, passionné de musique, lui aussi, guitariste de jazz à ses heures et pour le plaisir, avant tout.

Musicalité

Nous avons rencontré (et écouté) Zoé dans la petite chapelle de Montarnal, sur les bords du Lot, où elle donnait, fin août, un récital, proposé par Gérard Revel, le propriétaire du château du hameau. Pendant, plus d’une heure, entre thèmes classiques et morceaux contemporains, le public l’a écouté religieusement. Son interprétation, d’une grande musicalité, est un ravissement. Zoé joue divinement bien et il suffit de fermer les yeux pour se laisser emporter dans un formidable voyage musical. Ses doigts courent, avec virtuosité, sur les 47 cordes de cet instrument de 40 kilos. Zoé joue déjà comme une grande tout en conservant cette part d’innocence de l’enfance. Et si elle est un peu intimidée lorsqu’elle doit présenter ses morceaux à l’assistance, elle reprend toute son assurance lorsqu’elle se concentre sur son interprétation.

Primée à de nombreuses reprises, la jeune Sud-Aveyronnaise a remporté huit premiers prix du concours international de harpe de Limoges. L’an passé, elle s’est "frottée" aux Asiatiques et a obtenu le troisième prix du concours de harpe de Hong-Kong, dans la catégorie des 12-14 ans, alors qu’elle n’avait que 11 ans. En novembre prochain, elle participera au prestigieux concours international Cristal Key de Saint-Pétersbourg, où elle devra interpréter six pièces.

Entre-temps, elle donnera plusieurs autres concerts : le 22 septembre, à Arberas, près de Montpellier, le 29 septembre, à Conques, pour les 24 heures du banc, le 6 octobre, à Villeneuve-les-Béziers. Zoé se produira également à Paris, pour l’inauguration d’une académie pour jeunes harpistes.

Avec l’orchestre de l’Avant-Scène, le conservatoire de Béziers-Méditerranée, elle a déjà participé à un concert de Hændel comme harpiste solo. Zoé, qui a décidément plus d’une corde à sa harpe, joue également du clavecin, autre instrument ancien, avec lequel elle prépare l’opéra baroque Didon et énée.

Enseignement à distance

Afin de concilier la musique et ses études, Zoé suit un enseignement à distance, accompagnée par sa maman professeur, Patricia. Et si elle a pris de l’avance dans l’apprentissage musical, elle est également précoce à l’école, puisqu’elle s’apprête à "rentrer" en quatrième. Comment gère-t-elle cette notoriété naissante et grandissante ? "Elle le vit super bien, témoigne son papa. Elle est surtout contente de donner du plaisir aux gens qui l’écoutent." Son rêve est de devenir concertiste, de composer et d’enseigner. Et lorsqu’on lui demande pourquoi avoir choisi la harpe, elle répond sans la moindre hésitation et comme une simple évidence : le son. Ce son incomparable qui ne la quitte plus. "Au début, c’est difficile pour les doigts, raconte Zoé. C’est assez physique au niveau des mains, mais les 40 kilos de l’instrument sont bien répartis." Aujourd’hui, la jeune virtuose ne cache pas son plaisir : " La musique me permet aussi de voyager et c’est particulièrement agréable."

Mais n’allez surtout pas croire que la vie déjà bien garnie de Zoé se résume à son seul univers musical. Sportive, elle adore aussi le VTT, le taekwendo et le surf. On vous le dit, une enfant presque comme les autres…

La harpe à pédales, ou harpe classique, comme celle de Zoé, est celle que l’on utilise dans les orchestres symphoniques et dans les formations de musique de chambre. C’est la harpe la plus sophistiquée. Elle possède 47 cordes pour les harpes de concert, ce qui lui donne une tessiture de six octaves.

Joël Born
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