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Cédric Klapisch de retour avec "Deux Moi": "Les réseaux sociaux créent détresse et dépression"

  • "Deux moi" de Cédric Klapisch arrive mercredi en salles
    "Deux moi" de Cédric Klapisch arrive mercredi en salles Courtesy of Studio Canal / Courtesy of Studio Canal
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(AFP) - Deux ans après "Ce qui nous lie", sur les liens familiaux et la transmission à la campagne, Cédric Klapisch est de retour en ville avec "Deux Moi", nouvel opus sur la jeune génération, dans les pas de deux trentenaires esseulés, malgré l'époque hyper connectée.

"Le paradoxe est que les réseaux sociaux créent de la distance, de la détresse et de la dépression", estime le cinéaste dans un entretien à l'AFP.

"J'aime le cinéma qui aide à vivre", ajoute Cédric Klapisch, César 1997 du meilleur scénario pour "Un Air de famille", qui aime filmer les jeunes générations depuis "Le Péril jeune" (1994) et "L'Auberge Espagnole" (2002), avant "Les Poupées russes" (2005) et "Casse-tête chinois" (2013).

"J'aime les jeunes dans l'idée qu'ils ne sont pas encore achevés. Ils cherchent qui ils sont. Les enjeux sont souvent plus forts", justifie le cinéaste.

"J'avais depuis quelques temps l'idée de faire un portrait du Paris d'aujourd'hui. J'avais envie de montrer à quel point Paris a changé, surtout depuis l'apparition des réseaux sociaux qui ont changé les rapports humains. +Deux Moi+, c'est aussi le portrait d'une époque", confie Cédric Klapisch.

Dans ce nouveau long-métrage, Rémy (François Civil) et Mélanie (Ana Girardot) ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris.

Elle multiplie les rendez-vous ratés via les applications de rencontre pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, où l'on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple... Sans le savoir, ils emprunteront deux routes qui les mèneront dans une même direction.

- Pyschothérapie et droit au bonheur -
"Ana et François étaient déjà dans mon précédent film, +Ce qui nous lie+. J'avais besoin d'acteurs que je connaissais bien pour un nouveau film aussi intime", explique Cédric Klapisch.

"Le film raconte comment deux personnes vont parvenir à se trouver malgré les obstacles. On a tous envie de tomber amoureux. J'ose espérer que ça arrive à tout le monde, même si on peut être confronté à des tunnels de célibat", dit le cinéaste.

Film à la fois drôle et touchant, "Deux Moi" est aussi une formidable vitrine pour la psychothérapie qui va permettre aux personnages principaux de régler des fêlures personnelles, tout en parvenant à s'accorder le droit au bonheur.

Camille Cottin révélée par la série "Dix pour cent" et François Berléand campent les deux analystes aux conseils judicieux.

"J'ai baigné dans la psy depuis que je suis petit. Ma mère était psychanalyste. J'ai fait une mini dépression à 20 ans, en khâgne. Je n'arrivais plus à dormir. Un psy m'a expliqué mon cauchemar et tout a été résolu du jour au lendemain. A trente ans, j'ai consulté pendant six mois. Cela m'a remis d'aplomb", confie Cédric Klapisch.

"+Deux Moi+" est aussi l'occasion de retrouver Renée Le Calm dans l'un des seconds rôles. L'actrice fétiche de Cédric Klapisch qu'il a enrôlée dans six longs métrages depuis "Riens du tout" et "Chacun cherche son chat" (c'était madame Renée), est décédée en juin à l'âge de 100 ans, en plein montage du film.

"J'adorais cette femme au franc-parler inimitable", dit Cédric Klapisch. "Elle a toujours personnalisé merveilleusement cette caractéristique parisienne qu'on appelle +la gouaille+ (...) Elle représentait aussi tant de vieilles dames isolées... Je sais que le fait d'avoir été rendue visible, l'a rendue heureuse".

Relaxnews
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