Culture et Loisirs

Rencontres à la campagne : une soirée d’ouverture symbolique

  • « Portrait de la jeune fille en feu »,de Céline Sciamma.
    « Portrait de la jeune fille en feu »,de Céline Sciamma.
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Le film de Céline Sciamma, "Portrait de la jeune fille en feu" , était projeté en avant-première samedi soir à Rieupeyroux, dans le cadre de la soirée d’ouverture du festival Rencontres à la campagne.

En apparence, tout est simple… Une histoire d’amour, un peintre, son modèle, en un immense flash-back… Un peu trop, même. D’où la déception qui pouvait se peindre sur certains visages à la sortie de cette avant-première très attendue, et les commentaires dubitatifs qui en découlaient, vantant seulement les belles images. Des bizarreries, toutefois, nous incitent à nous poser des questions : le film est-il bien ce qu’il a l’air d’être au premier abord ?

Des matelots, au XVIIIe siècle, qui laissent une jeune femme se jeter à l’eau pour aller récupérer son bagage tombé à la mer, une femme qu’on laisse seule sur une île avec tout son barda, alors que des hommes sont présents qui auraient pu l’aider, un foulard positionné sur la bouche, soi-disant pour tenir chaud, une esquisse qui montre un portrait de face alors que la peintre voit son modèle de biais… Autant d’indices qui montrent le chemin : ce film n’est pas un film historique, il ne veut pas restituer une époque… il se veut symbolique.

Alors que faut-il comprendre ? Les mots latins de la chanson au centre du film, point de bascule du film (et musique sur laquelle il se termine), "Fugere non possumus", offrent une première clé de lecture. Ce film, il est là pour montrer que le destin des femmes est scellé d’avance, et qu’elles ne peuvent pas y échapper. De fait, sans vouloir "divulgacher", impossible de sortir de sa condition. Mais… et tout l’intérêt du film réside dans ce mais ! L’amour, son souvenir, la solidarité entre femmes, la musique, la lecture, la littérature, la mythologie, la peinture, et enfin le cinéma, vont tour à tour s’imposer comme autant de possibilités de s’émanciper, de recouvrer une certaine forme de liberté, ou s’avérer représenter les facteurs d’acceptation du monde qui est imposé aux femmes, qui nous est imposé. On comprend mieux, tout à coup, l’annonce de la réalisatrice, Céline Sciamma : "Le film est vraiment conçu comme une expérience et il a la volonté de […] de créer un spectateur actif."

Enfin, le film de Céline Sciamma suggère que c’est par l’art qu’on peut s’échapper : le cinéma, pour nous, c’est un voyage immobile devant l’écran, et pour elle, le cinéma comme moyen de dénoncer l’enfermement des femmes, mais aussi leur rendre hommage, elles qui savent s’envoler…

Vous n’avez pas pu découvrir le film samedi ? Ou vous avez besoin de le revoir pour une relecture à la lumière des indices semés par la réalisatrice ? Guettez la sortie de "Portrait de la jeune fille en feu", qui repassera certainement à Rieupeyroux après les Rencontres à la campagne, cet automne !

CORRESPONDANT
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