Vie commerçante

Rodez : La Cave Ruthène, de père en fils depuis 60 ans

  • André Bonnefous et son fils Pierre à la Cave Ruthène, aux Moutiers. Une belle complicité.
    André Bonnefous et son fils Pierre à la Cave Ruthène, aux Moutiers. Une belle complicité. C.C. / C.C.
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Trois générations de Bonnefous ont fait prendre au fil du temps de la bouteille à cette institution ruthénoise, qui célèbre son aventure le 28 septembre.

Patience et longueur de temps façonnent le bon vin comme les belles histoires. Celle des Bonnefous s’est bonifiée au fil des ans et, soixante ans plus tard, c’est une saga familiale faite de passions partagées qui se déguste comme un roman.

Au premier chapitre on trouve André, premier du nom, expéditeur d’agneaux de lait de l’Aveyron pour les Halles à Paris. Il donne de temps à autre un coup de main à son frère Abel, le plus jeune des huit enfants Bonnefous, qui rentre de captivité en Allemagne. 1945, c’est la fin de la guerre, le début de nouvelles aventures, le port d’attache sera au Monastère où Abel crée une cave à vins. "Les affaires n’étaient pas terribles, on ne faisait pas de bouteilles, tout était en barriques ou en barricous…", explique André, deuxième du nom, fils… d’André.

Du Monastère à Rodez

Il faut relancer l’affaire du Monastère, "André 1er", étend sa clientèle, s’en va livrer avec sa Delahaye à l’arrière de laquelle son fils (André junior) se tient debout pour tromper la vigilance des gendarmes. De fil en aiguille, la maison prend de la bouteille au propre comme au figuré et décide de s’installer au centre-ville du piton, 18 boulevard Laromiguière, à côté de Mère Blanc. "Au bout d’un an, le propriétaire nous a mis dehors. Mon père a acheté rue Combarel, l’ancienne maison Nicolas, entre la mercerie et notre boutique actuelle", raconte André. Ainsi sont créés les Vins Bonnefous dont l’étiquette orne les bouteilles remplies à la cave. "On avait trouvé comme slogan “Bonnefous, Bonne Vigne”, mais la bonne vigne en question était déjà prise par une autre appellation. On est donc devenu les vins Ruthène en 1959".

Là démarrent donc les affaires sérieuses, le vrai début de la Cave Ruthène, qui s’approvisionne dans l’Hérault et les Corbières pour le rouge, le Gers pour le blanc. Le conditionnement du vin "cinq étoiles" se décline en cadet (9°), minime (9,5°), junior (10°, toujours vendu aujourd’hui) et sénior (11°). La maison livre les bals de salles des fêtes "en grenache et mousseux, une belle affaire !"

De Combarel aux Moutiers

"On avait une centaine de références seulement et il y avait douze cavistes à Rodez au début des années soixante", alors qu’André reprend la gérance à son père. Et développe l’affaire au point de s’agrandir en annexant en 1977 ce qui était un restaurant, mitoyen de la cave rue Combarel. "Ce fut notre première boutique, c’est ma femme Michèle qui a arrêté en 1980 son activité de coiffeuse pour accueillir notre clientèle. Cette boutique, elle la tiendra pendant plus de trente ans !".

Mais c’est alors la rue Combarel qui devient étroite pour accueillir tous les semi-remorques de livraison. Adjoint au maire de Rodez, le Dr Vesco suggère alors à André Bonnefous de déménager dans le nouveau quartier des Moutiers, au bas de ville. Ce sera chose faite en 1988.

Une nouvelle dimension

Cette année-là, le jeune Pierre, fils d’André, n’a que 19 ans. Et fait des études de physique-chimie appliquées… à l’automobile, sa passion. "On a eu des discussions en famille, la cave se développait à tous crins… Mon niveau d’étude me permettait soit d’être œnologue, soit d’intégrer l’université du vin de Suze-la-Rousse, ce que j’ai fait finalement", raconte Pierre qui a repris la gérance à son père en 2006, et doubler la cave des Moutiers "pour tendre vers des produits plus qualitatifs et passer ainsi de 500 à plus de 3 000 références". Pour ce faire, Pierre Bonnefous parcourt régulièrement les vignobles de toute la France à la recherche de quelques "pépites"…

De son côté, la boutique de la rue Combarel reprend vie en octobre 2016 et les rayons se garnissent de produits régionaux aux côtés des collections de whiskies, de spiritueux, de vins fins et un espace de dégustation. Une nouvelle dimension pour la Cave Ruthéne, forte de quinze salariés, sans compter André et Michèle qui viennent donner un coup de mains au moment des fêtes. Et qui a encore bien d’autres chapitres à écrire pour le bonheur des épicuriens.

Anniversaire festif le 28 septembre

Pour fêter dignement ses 60 ans d’existence, la Cave Ruthène reçoit samedi 28 septembre, "les professionnels qui nous suivent depuis longtemps" autour d’un déjeuner aux tripous dès 7 h 30. Et à partir de 9 h 30, mini salon des vins ouvert à tous avec une quinzaine de vignerons de toute la France autour d’une dégustation gourmande. les enfants ne sont pas oubliés avec un "candy bar" qui leur est destiné et, pour leurs parents, une bouteille du domaine de la romanée-conti à gagner, après avoir identifié le contenu d’une bouteille mystère. Toute la journée, l’anniversaire se déclinera sur le principe d’un salon du vin avec remise de 10 % en caisse pour les achats.

Christophe Cathala
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