L'Aveyronnais

Dominique Bru, une femme de combats, une écorchée vive qui brûle les planches

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  • Installée depuis longtemps à Toulouse, la comédienne millavoise Dominique Bru n’a rien perdu de sa flamme, ni de son œil pétillant, quand elle parle  de théâtre. Après avoir joué, seule sur scène, notamment, les rôles  de Camille Claudel et d’Olympe de Gouges, elle est passée à George Sand.
    Installée depuis longtemps à Toulouse, la comédienne millavoise Dominique Bru n’a rien perdu de sa flamme, ni de son œil pétillant, quand elle parle de théâtre. Après avoir joué, seule sur scène, notamment, les rôles de Camille Claudel et d’Olympe de Gouges, elle est passée à George Sand. Repro CPA / Repro CPA
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Native de Millau, ville où elle a encore sa famille et des amis, cette élégante comédienne est installée à Toulouse depuis de longues années. Elle y a signé son premier contrat en 1986. Très impliquée dans la défense des droits des intermittents du spectacle entre 2003 et 2016, elle a aussi marché aux côtés des gilets jaunes. Après avoir joué, seule sur scène, Camille Claudel (2010-2014) puis Olympe de Gouges, elle est passée à George Sand. Des femmes de caractère… Comme elle !

Quand on parle de Camille Claudel, on pense aussitôt au film de Bruno Nuytten (1988), avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Salué par cinq César, dont ceux de meilleur film et de meilleure actrice, il a contribué à (mieux) faire connaître la vie et l’œuvre de cette artiste exceptionnelle. Mais, Camille Claudel, c’est aussi "L’interdite", une création dont la dramaturgie, la scénographie, la mise en scène sont signées Jean-Pierre Armand. Produit par le Théâtre Cornet, ce spectacle a connu un énorme succès. Resté à l’affiche durant un mois, en 2012, au Théâtre Garonne dans la Ville Rose, il a été ovationné, la même année, au festival d’Avignon. La critique a été unanime : "Subjuguant !", "Grandioses", "Sublimes scènes"… Dans le rôle de Camille Claude, Dominique Bru. La comédienne millavoise n’est pas prête d’oublier : "Je l’ai joué, entre le 17 octobre 2010 et le 15 octobre 2014, à près de 70 reprises. ça fait toujours de la peine d’arrêter une telle série, d’autant que ce spectacle avait été écrit pour moi, mais j’ai beaucoup donné durant quatre ans. C’était une performance !". Si elle a pris ses quartiers à Toulouse depuis très longtemps, où elle vit avec ses deux (grands) garçons, Dominique Bru est née à Millau, le 11 juillet 1963, place Emma-Calvé. Elle a choisi un bac littéraire mais elle savait qu’elle voulait "faire du théâtre". C’était dans les gênes maternels. "Ma mère était gantière mais elle avait du potentiel pour la scène. Elle faisait rire tout le monde", s’amuse celle qui a été reçue première à l’entrée au Conservatoire. Les premières années ont pourtant été compliquées. "Ce n’était pas un problème d’envie, de passion ou de capacités, se souvient-elle. En fait, j’étais mal entourée, mal conseillée. J’avais peur. Je doutais de moi". Son appétit était sans fin : elle voulait tout jouer, même des rôles d’hommes. "ça ne se faisait pas !", glisse-t-elle.

Elle n’a jamais coupé les ponts avec Millau, sa ville de naissance

Son tout premier contrat, elle l’a signé en 1986. Elle a toujours compté sur ses amis en Aveyron, département avec lequel elle n’a jamais coupé les ponts. Logique, naturel, pour une Millavoise ! "Si je suis devenue une femme de combats (droits des intermittents du spectacle, gilets jaunes), j’ai toujours été une fille d’eau, amoureuse de la roche, soiligne la quinqua, appuyant les mots d’un geste poing serré. Les Gorges du Tarn sont donc un formidable terrain de jeu et j’aime m’y plonger". Après ses quatre années dans la peau de Camille Claudel, Dominique Bru a pris les traits d’Olympe de Gouges : "Quand j’ai vu sa vie, je me suis dit que c’était pour moi. Je me suis reconnue". "La femme dans tous ses états, un éventail de sentiments", détaille-t-elle. Elle l’a interprétée à Toulouse et à Tarbes, avant de revenir au théâtre toulousain du Grand Rond, à l’affiche de "La petite pièce en haut de l’escalier" de Carole Fréchette, où elle a joué la mère de Barbe Bleue. Depuis, elle est passée à George Sand. "C’est un magnifique cadeau qui m’a été fait, reconnaît-elle. J’ai, notamment, donné deux contes dans le grenier du château de Nohan-Vic, qui appartenait à la romancière et où elle est décédée en 1876. Une belle aventure humaine et artistique".

Quand elle n’est pas sur scène, Dominique Bru fait des lectures. En particulier dans les jardins. Elle affectionne cet exercice : "ça se passe en décor naturel et cela permet d’être très proche du public, d’aller à sa rencontre et de le faire voyager de manière très concrète". Elle le fait ainsi actuellement sur les textes du "Journal d’Eve et d’Adam" de Mark Twain. Elle travaille, en même temps, avec deux autres comédiennes sur la création d’un spectacle, "Le combat de Job", qui devrait être présenté au printemps 2020 à l’Espace Roguet à Toulouse. Sans oublier un travail sur Emma Goldman. La comédienne aveyronnaise a lu les mémoires de l’anarchiste russe à laquelle elle voue "une grande admiration" ("C’est un tourbillon qui a fait des milliers de choses") et rêve "d’en tirer une pièce". "Il faut attendre que ça vienne", conclut-elle, des étoiles dans les yeux.

 

Rui Dos Santos
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