Mémoire de la résistance

Fernand Grimal, dernier témoin du massacre du maquis de Coudols

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  • Fernand Grimal, 95 ans, et son diplôme remis par le Comité militaire national.
    Fernand Grimal, 95 ans, et son diplôme remis par le Comité militaire national. Philippe Henry / Philippe Henry
  • Devant la cathédrale de Strasbourg en 1945 lors de  son retour en France.
    Devant la cathédrale de Strasbourg en 1945 lors de son retour en France. Repro CPA / Repro CPA
  • Dans les ruines de Pforzheim lors de la campagne d’Allemagne.
    Dans les ruines de Pforzheim lors de la campagne d’Allemagne. Repro CPA / Repro CPA
  • Fernand Grimal prend la pause en Autruche.
    Fernand Grimal prend la pause en Autruche. Repro CPA / Repro CPA
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À 95 ans, Fernand Grimal, dit "Leduc", est aujourd’hui l’unique survivant du maquis de Coudols. Il s’attache désormais à transmettre la mémoire de la résistance en Aveyron.

Les souvenirs, les anecdotes, le quotidien du maquis de Coudols ressurgissent du passé en quelques mots. Fernand Grimal, 95 ans, a gardé en mémoire de nombreux détails de cette période " sombre et trouble". Dernier survivant du maquis, il se fait un devoir de raconter l’indicible, de développer "le récit d’une épopée dont je n’ai été qu’un acteur fort modeste, au regard des résultats obtenus par l’ensemble des résistants de l’Aveyron". Ces quelques mots, Fernand Grimal les a couchés sur le papier. Ces souvenirs de plusieurs mois passés au sein du maquis tiennent sur une dizaine de pages. Le temps a fait son œuvre : les faits saillants surgissent avec force détails. Le récit du quotidien du maquisard est évacué en peu de mots.

Seulement, l’histoire de Fernand Grimal aurait pris un sens différent si les amitiés nouées entre les gamins de Salles-Curan n’avaient pas été aussi franches et solides. "La cité résonne encore de nos exploits de gosses", écrit-il.

Depuis le 22 juin 1940, la France a signé l’armistice avec l’Allemagne. Le jeune Fernand Grimal entreprend une formation de maçon et il se marie en octobre 1942 à Saint-André-de-Sangonis. La vie s’écoule malgré tout avec "la rigueur des privations". Les armées du IIIe Reich ont envahi l’ensemble du territoire depuis le 11 novembre 1942.

"Les Allemands étaient partout, les mouchards aussi"

Deux ans plus tard, alors que le conflit l’avait jusqu’ici épargné, son ami Antoine Ramon formait un groupe de résistants sur la commune de Coudols, dans une ferme abandonnée à La Bouysse. Intégré dans le maquis en juin 1944, Fernand Grimal apprend le maniement des armes. "Il fallait se méfier de tout le monde, se souvient-il. Les Allemands étaient partout. Les mouchards aussi."

"Mais les équipements dont nous disposions n’étaient vraiment pas à la hauteur de notre enthousiasme, a raconté l’ancien maquisard dans un livret à l’occasion de son 85e anniversaire. Si nous avions eu une once de réalisme, nous n’aurions jamais attaqué le moindre véhicule."

Et pourtant, l’envie d’en découdre avec l’occupant est la plus forte. Le 26 juin, environ vingt-cinq hommes s’arment de quelques fusils et revolvers hors d’âge, d’une bombe "Gramond", d’une mitrailleuse anglaise "Sten" et d’un fusil "Mauser" avec treize cartouches datant de la Première guerre mondiale.

Tout ne se déroule pas comme prévu. Les maquisards ont attaqué un convoi défendu par une vingtaine de soldats allemands, bien armés et entraînés. Aujourd’hui encore, Fernand Grimal se souvient de chaque détail : des tirs, des camarades mortellement blessés, de la fureur du combat. " Après trois heures de combat qui ne fut un véritable succès ni pour les uns, ni pour les autres, notre décrochage s’effectua dans un ordre relativement satisfaisant au regard des principes de la guerre que l’on découvrait de façon presque artisanale", écrit-il.

Combats acharnés

Un autre épisode va durement marquer la vie des maquisards. "C’était une période trouble, assurément. La trahison faisait tous les jours son œuvre", glisse-t-il, plongé dans ses souvenirs.

Ce jour-là, le 28 juillet 1944, les hommes du maquis montaient la garde autour de leur camp, une ferme perdue au milieu de la forêt. Fernand Grimal a été nommé caporal un mois plus tôt.

Il a la charge d’un groupe de résistants. "Dans cette nature apaisée, presque immobile, rien ne bougeait si ce n’est une légère brise qui faisait frissonner les grands arbres", écrit-il. Quand, à la pointe du jour, une colonne de camions allemands, moteurs arrêtés, se glissait dans le vallon endormi, sur la route à proximité du sentier menant à la bergerie qui abritait les résistants. Ils ont été massacrés dans leur sommeil. Fernand Grimal a assisté, impuissant, à l’exécution de six frères d’armes. Les combats acharnés se sont poursuivis durant quelques jours. Les maquisards entrent dans Millau, les 21 et 22 août, en libérateurs.

Le survivant du maquis de Coudols a rejoint les rangs de la brigade légère du Languedoc qui ont intégré la 1re Armée française du général de Lattre de Tassigny. Ils ont libéré Belfort. Et près de dix-huit mois après son engagement dans le maquis, il est démobilisé en octobre 1945.

"Les partisans de Coudols n’ont jamais eu la prétention d’arrêter les divisions allemandes avec le peu de moyens dont ils disposaient", avoue Fernand Grimal. Mais " simplement et avec la générosité qui caractérise les hommes et les femmes de vingt ans, ils furent des auxiliaires très efficaces pour les armées alliées", rajoute-t-il. Aujourd’hui, l’ancien maquisard poursuit un autre combat, celui de la mémoire.

Philippe Henry
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