L'Aveyronnais

Le Swimrun ou les vertus Du sport (extrême) en famille

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  • Valérie Bourgis et Éric Mackowiak, sont actuellement deuxièmes du classement mondial de la discipline sur un total de 600 équipes mixtes.
    Valérie Bourgis et Éric Mackowiak, sont actuellement deuxièmes du classement mondial de la discipline sur un total de 600 équipes mixtes. Pierre Mangez / Pierre Mangez
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Après avoir découvert les joies du triathlon, Valérie Bourgis et Éric Mackowiak s’adonnent depuis deux ans au swimrun ; ils ont brillé récemment sur la course suédoise d’Ötillö, considérée comme l’une des 10 épreuves sportives les plus dures au monde.

La discipline est encore confidentielle aujourd’hui, mais avec 150 courses proposées chaque année, elle trouve petit à petit sa place dans le paysage sportif européen. Le swimrun est en résumé une sorte de triathlon sans épreuve cycliste et qui se pratique sans changement de tenue, c’est-à-dire que les sportifs nagent en combinaison, chaussures aux pieds. Depuis deux ans et après une dizaine d’années de pratique du triathlon, Valérie Bourgis et Éric Mackowiak, 41 et 45 ans, sont devenus de fervents adeptes du swimrun.

La discipline, exigeante, se pratique dans un contexte souvent difficile, comme lors de leur dernière course, en Suède. "Il s’agissait d’enchaîner 24 sections de course et nage dans une eau entre 12 et 14 degrés, avec qui plus est une session de course de près de 20 km au bout de 8 heures d’épreuve", explique Éric Mackowiak. Pour terminer cette course baptisée Ötillö (réputée pour être l’une des 10 plus épreuves sportives du monde) qui comptait au total 65 km de trail et 10 km de natation, le couple d’Aveyronnais a mis 11 h 15, se classant 28e en catégorie mixte (sur un total de 200 équipes engagées) et 4e équipe française.

En Suédois, Ötillö signifie "d’îles en îles". C’est le swimrun originel, la Mecque de tous les adeptes de la discipline et par ailleurs le souvenir le plus fort de Valérie Bourgis : "Je suis passée de 5-6 heures d’efforts sur les courses habituelles à plus de 11 heures… Même si on fait tout pour y arriver, en termes de préparation, il y a quand même le doute…". Et aucun répit émotionnel pour la jeune femme qui, à l’issue de cette course, a très officiellement été demandée en mariage par son compagnon !

L’autre particularité du swimrun est que les épreuves ont lieu toute l’année dans des eaux sont parfois très froides, entre 5° et 15 degrés maximum. "Sur chaque course, on compte de nombreux abandons de concurrents victimes d’hypothermies, c’est pour cela que les nageurs sont reliés par une longe pour assurer la sécurité du binôme lors des sections de natation", explique Éric Mackowiak.

Deuxièmes du classement mondial

Comme ils le disent de concert, c’est l’envie de partager "toutes ces choses ensemble", et non plus chacun de leur côté, qui a poussé les futurs époux à se lancer dans la discipline en binôme. Au classement mondial, ils pointent actuellement en deuxième position dans la catégorie "mixtes", sur un total de 600 équipes engagées.

Désormais et pour transformer l’essai, toujours dans le cadre du championnat du monde, Éric Mackowiak et Virginie Bourgis ont rendez-vous sur des courses à Cannes (fin octobre) et à Malte (novembre). "Et au vu des résultats de cette année, nous serons présents l’an prochain à Ötillö", se réjouit Valérie Bourgis.

Pas question, donc, de baisser la garde alors que le swimrun fait chaque année davantage d’émules en France.

Et les futurs mariés vont bien entendu continuer à s’entraîner, à hauteur de 10 à 15 heures par semaine, à Pareloup notamment. Reste, comme pour la majorité des sportifs, à régler la question du budget. "Entre le matériel mais surtout les déplacements, hébergements et frais d’inscription, une saison coûte entre 10 000 et 12 000 €". Une main tendue en direction de potentiels partenaires, en termes de finances mais aussi de produits ou d’équipements, pour permettre à cette belle aventure sportive et familiale de continuer dans les meilleures conditions.

Contact sur eric.mns13@gmail.com

À l’origine, un pari FOU entre Suédois

L’origine de la course revient à Andréa Malm, propriétaire de l’Utö Värdshus et son ami Jane Lindberg ainsi que deux de ses collaborateurs, les frères Jesper et Mats Andersson qui terminent une nuit dans un bar à Utö en 2002 et se lancent un défi original : celui-ci consistera à rallier leur hôtel à Sandhamn, les derniers arrivants ayant à régler l’addition des diners et boissons consommés par tous les membres du défi. La course entre les deux équipes démarre le lendemain matin avec pour unique obligation de passer dans trois restaurants différents situés sur les îles entre le départ et l’arrivée. Ces quatre Suédois sont considérés comme les inventeurs de la course, dont ils termineront la première édition en plus de 24 heures.
En 2006, ils rencontrent les organisateurs d’événement Michaël Lemmel et Mats Skott qui leur proposent d’organiser leur « défi fou » comme une épreuve sportive qui reprend le parcours de leur course et à laquelle il donne le nom de « ÖTILLÖ » (île en île). Celle-ci consiste à parcourir une distance de 75 km en traversant 24 îles au travers d’un parcours de 10 km de natation et de 65 km de course à pied alterné plusieurs fois et par équipe de deux. Lors de la première édition onze équipes prennent le départ et deux seulement terminent dans les délais impartis.
 

Xavier Buisson
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