Olivier Asmaker, le cycliste a changé de braquet

  • « J’ai toujours voulu profiter de ma carrière, vivre à fond les moments qu’elle m’offrait ; peut-être même un peu trop car si j’avais été non pas plus sérieux mais plus assidu, j’aurais pu la faire durer plus longtemps. » « J’ai toujours voulu profiter de ma carrière, vivre à fond les moments qu’elle m’offrait ; peut-être même un peu trop car si j’avais été non pas plus sérieux mais plus assidu, j’aurais pu la faire durer plus longtemps. »
    « J’ai toujours voulu profiter de ma carrière, vivre à fond les moments qu’elle m’offrait ; peut-être même un peu trop car si j’avais été non pas plus sérieux mais plus assidu, j’aurais pu la faire durer plus longtemps. » AFP - Reproduction Centre Presse
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A 46 ans, l’ancien coureur cycliste professionnel Olivier Asmaker vit désormais loin des pelotons. Aujourd’hui CRS, il conserve de nombreux souvenirs de cette "première vie".

À sa façon, il est, lui aussi, un Aveyronnais de Paris. à sa façon car, contrairement à ses parents, originaires du département mais qui l’ont quitté pour "monter", ainsi qu’il le dit lui-même, à Paris pour y ouvrir une affaire dans la restauration, c’est dans le sens nord-sud qu’Olivier Asmaker a fait le trajet, lui le natif de Savigny-sur-Orge, dans l’Essonne. "Mes parents ont fait le choix de revenir dans l’Aveyron quand j’avais 1,5 ou 2 ans, raconte-t-il. Au départ, le temps qu’ils s’installent, je suis resté chez mes grands-parents, à Auzits. Ce sont eux qui m’ont élevé pendant quelques années. Là-bas, c’était la campagne, de bons moments. Ce n’est qu’après que j’ai rejoint mes parents à Rodez."

En plus d’y suivre la majeure partie de sa scolarité, l’ancien élève du collège Fabre y prend une licence avec le club local de cyclisme, discipline à laquelle il est venu "par hasard".

"Aller au bout de ma passion"

"J’avais essayé pas mal d’autres sports mais je n’avais pas vraiment accroché avec l’un d’entre eux, explique-t-il. L’hiver, je faisais du ski à Laguiole et mon entraîneur, qui était aussi entraîneur de vélo, m’a dit de venir au club pour essayer. J’ai pris le vélo de mon père, qui était trois fois trop grand pour moi, mais j’ai tout de suite accroché. Ce qui m’a plu est qu’à l’époque, chez les jeunes, tout dépendait beaucoup de la volonté. Si on avait envie de se faire un peu mal, on arrivait à obtenir des résultats. J’avais fait du tennis mais ce qui me frustrait était la technicité de la discipline. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas dans le vélo mais raquette en main, j’avais beau courir et taper fort, la balle n’allait pas où je le souhaitais. Sur le vélo, si on appuie fort sur les pédales, on va vite."

Bien intégré au sein "d’une bonne bande de copains", il obtient ses premiers résultats au cours de sa deuxième année chez les cadets mais, rapidement, se rend compte qu’il va devoir faire ses bagages pour "continuer à évoluer". Il s’engage alors avec le club de Tarbes-Lourdes, y passe une première saison avant la parenthèse service militaire, qu’il effectue au bataillon de Joinville, puis une seconde, qui s’achève de façon prématurée du fait de la disparition de la structure. Cap alors sur Montauban et l’USM82, présidée par Max Carcy, "petite structure de DN1", au sein de laquelle il se fait "de vrais amis", comme Igor Pavlov ou Lionel Chatelas, et obtient plusieurs résultats probants, qui ne lui permettent néanmoins pas de franchir immédiatement un cap en intégrant le monde professionnel.

"J’avais envie de passer pro, d’aller au bout de ma passion, mais comme je n’y arrivais pas, je me posais la question de savoir si je devais insister, détaille-t-il. Dans ma tête, je savais que je ne pouvais pas faire du vélo jusqu’à 50 ans, même si c’était sympa et que je gagnais bien ma vie, même chez les amateurs. Vers 25 ans, je me suis donné une dernière année et si je ne passais pas pro, j’arrêtais. Lors d’un critérium à la limite de l’Aveyron et du Lot, j’ai revu mon copain Laurent Roux, qui était pro chez TVM. Je lui ai expliqué que je galérais et il m’a dit qu’il en parlerait à ses dirigeants. J’ai été sélectionné en équipe de France pour le Tour de l’Avenir 1997 mais TVM m’a tendu la main et finalement, c’est sous les couleurs de cette formation que j’ai disputé la course. Je m’étais bien préparé en amont et j’ai été celui qui a le plus bossé pour l’équipe et pour Laurent, qui en était le leader. Il a remporté l’épreuve et ça reste un souvenir fantastique dont on reparle encore, lui et moi. Je pense que ça m’a permis de marquer des points auprès des directeurs sportifs puisque j’ai couru deux autres épreuves en Italie par la suite et signé un contrat pro."

Avec Jalabert

Après deux ans dans les rangs néerlandais, de 1997 à 1999, c’est sous les couleurs de Festina qu’il poursuit sa carrière, dans une équipe encore traumatisée par le scandale de dopage de 1998. "Un jour, les gars ont vu que j’avais une pastille de vitamine C dans le sac et m’ont fait une crise. Ils avaient peur, c’était allé vraiment loin pour eux", confie celui qui vécut une année "horrible" à cause d’une tendinite à un genou provoquée par une mauvaise adaptation au nouveau matériel de sa formation.

Libre à la fin de sa seule année de contrat et proche de Nicolas Jalabert, qu’il avait connu à Joinville, il rebondit en s’engageant pour deux ans avec CSC-Tiscali, que la fratrie de Mazamet vient renforcer en 2001, et joue les équipiers modèles pour l’aîné, Laurent : "Lors de plusieurs courses d’un jour en Italie, on était les seuls Français de l’équipe, lui et moi. J’étais toujours à ses côtés, à ses ordres. Quand ça partait doucement, il me disait “Il te faut durcir la course sinon je ne pourrai pas gagner”, alors je me mettais à la barre et je roulais".

Non conservé par les dirigeants danois, qui essaient à l’époque d’attirer l’Allemand Jan Ullrich, il ne parvient pas à trouver de nouveau point de chute, malgré des touches avec Barloworld, notamment ("On me proposait d’être capitaine de route mais vu que l’équipe était basée en Afrique du Sud, il fallait que je passe six mois là-bas, et comme ma femme allait accoucher et que le salaire n’était pas énorme à la base, j’ai décliné"), et revient chez les amateurs, où il boucle la boucle avec Montauban, glanant encore quelques succès jusqu’en 2005.

"Même si je n’ai passé que cinq ans chez les pros, ç’a été cinq belles années. J’ai couru avec des copains russes, italiens, danois, néerlandais et voyagé dans plein de pays. Je suis notamment allé en Belgique et alors que j’avais une image un peu austère des gens là-bas, je me suis rendu compte, en discutant et en faisant une bringue ou deux avec eux, qu’ils étaient formidables, avaient le cœur sur la main, et qu’avec eux, les rapports étaient presque plus vrais que chez nous, dans le Sud. Tout ce que j’ai vécu chez les pros a participé à ma construction en tant qu’homme", conclut le père de famille, installé à Saint-Gaudens, qui mène désormais une carrière de CRS, loin du vélo. "J’en ai refait un peu quand j’ai intégré la police, car des copains en faisaient, mais j’ai arrêté d’un coup pour des raisons personnelles et professionnelles, et lorsque j’ai voulu m’y remettre, par la suite, ç’a été un choc, conclut-il. Dans la tête, j’étais encore pro, mais dans les jambes… (Rire) Avoir l’impression qu’on pouvait rouler vite mais ne pas y arriver était horrible ! Du coup, j’ai basculé vers le trail, gentiment, une discipline dans laquelle je me fais plaisir, à mon petit niveau."

Centre Presse
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