Ils ont interrogé le président

Thomas, 20 ans : "Je n’avais rien à perdre"

  • Thomas : "Pour les jeunes comme moi, notre retraite, ce serait plutôt sauver la planète.
    Thomas : "Pour les jeunes comme moi, notre retraite, ce serait plutôt sauver la planète. José A. Torres / José A. Torres
  • Rabah Bouguerra a été reçu par les services de l’Elysée, avant même la fin du débat.
    Rabah Bouguerra a été reçu par les services de l’Elysée, avant même la fin du débat.
  • Annabel Montels-Estève, bâtonnier de l’Aveyron.
    Annabel Montels-Estève, bâtonnier de l’Aveyron. Repro CPA / Repro CPA
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Alors que le Grand débat de jeudi à Rodez était consacré aux retraites, le jeune homme a souhaité évoquer l'écologie.

Jeudi soir, à la salle des fêtes de Rodez, au jeu des questions réponses avec le président de la république Emmanuel Macron, certains invités sont sortis du lot. À l’image de Thomas, un étudiant ruthénois âgé de 20 ans dont l’intervention continue, depuis, de faire l’objet de beaucoup d’attention dans les médias et sur la Toile. Il faut dire que le jeune homme s’est montré assez "culotté". Car, malgré le rappel insistant " de rester dans le cadre de ce débat autour des retraites " formulé en amont par son animateur Olivier Biscaye, Thomas, qui " n’avait rien à perdre ", n’a pas hésité une seconde lorsqu’on lui a tendu le micro pour poser sa question à Emmanuel Macron. " Comment comptez-vous amener ce sujet-là (les retraites) alors que pour les jeunes comme moi, notre retraite, ce serait plutôt sauver la planète. Or, depuis le début de votre quinquennat, en matière d’écologie, vous communiquez sur des hashtags mais rien ne se fait ", avait-il asséné au Président.

"Parler du futur sans prendre en compte l’écologie, ça n’a pas de sens"

"Je ne vous laisserai pas dire qu’on ne fait rien. C’est faux", avait alors rétorqué le Président avant d’appeler la jeunesse et les Français à se mobiliser. "C’est trop facile de s’indigner, moi j’ai besoin de l’énergie de tout le monde. Si vous vous indignez, venez m’aider !"

Une réponse que le jeune homme juge après coup " un peu faible. Je ne suis pas satisfait par sa réponse. Le président a beau dire, en matière d’écologie, rien ne se fait", analyse encore Thomas. "Comment peut-on se projeter comme ça dans le futur sans prendre en compte la question écologiste ? Ça n’a pas de sens", estime l’étudiant passionné d’informatique et de politique. "C’est facile de dire “venez m’aider”. Moi, je serais plutôt tenté de lui dire : “montrez-nous l’exemple”. Car même si toutes les personnes acquises à la cause écologique n’utilisaient plus que leur vélo pour se déplacer, cela ne changerait pas grand-chose. C’est notre modèle économique uniquement basé sur la croissance, qu’il faudrait transformer car il n’est pas compatible avec l’écologie", estime Thomas.

"Montrer l’exemple"

"On pourrait déjà commencer par en finir avec l’obsolescence programmée. Une télé, une machine à laver ou un frigo, ça durait 20 ou 30 ans avant. Aujourd’hui, alors que l’on est capable de fabriquer de l’électroménager encore plus solide, les constructeurs, pour gagner toujours plus d’argent, les programment, au contraire, pour qu’ils aient une durée de vie toujours plus limitée. Il suffirait d’une loi", soupire Thomas qui ne manque pas d’exemples pour étayer des propos volontairement provocants. "C’est sûr, à l’échelle mondiale, la France toute seule ne pèse pas lourd. Mais si un pays comme le nôtre s’engage vraiment en prenant de vraies mesures en faveur de l’écologie, cela aurait valeur d’exemple et contribuerait sûrement à changer les choses. Mais les lobbies à affronter sont très puissants. Je ne suis pas certains que l’on ait envie de les contrarier, encore moins de les affronter."

                                                           Rachid Benarab

RABAH BOUGUERRA : « J’ai été entendu par le Président »

Rabah Bouguerra a été l’un des heureux citoyens à avoir été sélectionné pour poser sa question, au président Emmanuel Macron, venu à Rodez, lancer le débat sur la réforme des retraites.  Il a fait le voyage depuis Figeac, à cet effet. Ce retraité n’est pas concerné par la future refondation, mais il s’estime lésé par des mesures « discriminatoires ».  Cette discrimination a pour origine, selon lui, un jugement passé qui lui fait aujourd’hui percevoir une retraite, en dessous du minimum vieillesse.
Cette injustice, il a tenu à en faire part publiquement et directement au Président. « J’ai été entendu et je crois qu’Emmanuel Macron a compris la gravité de mon problème », confie le retraité. Étant donné la complexité de son affaire, le président de la République l’a immédiatement renvoyé vers les conseillers, de Jean-Paul Delevoye, haut commissaire aux retraites. « J’ai été pris en charge le soir-même. Je leur ai expliqué ma situation et je leur ai donné quelques documents. Ils m’ont promis de me recontacter. Je crois que le Président a été réceptif, mais son gouvernement ne bouge pas et notamment notre député, ici à Figeac, pour laquelle je me suis battu et qui m’a tourné le dos », explique Rabah Bouguerra.
                                                               Salima Ouirni

ANNABEL MONTELS-ESTEVE, parole à la défense

L’avocate ruthénoise a interpellé le Président, jeudi soir lors du débat. Et n’a que peu goûté sa réponse...

Depuis des semaines, chez les avocats, on répète la même plaidoirie, dans la rue, les palais et la presse : la nouvelle réforme des retraites et son régime universel, « on n’en veut pas ! », clament haut et fort les quelque 66 000 robes de France. Annabel Montels-Estève, bâtonnier de l’Aveyron depuis près de deux ans, ne déroge pas à la règle. Jeudi soir, malgré une certaine appréhension de l’exercice et un petit rhume de saison, elle a pris place dans la salle des fêtes de Rodez.

Avec un objectif bien clair : interpeller le Président « au nom de toute la profession ». Et lorsque le micro est arrivé jusqu’à sa chaise, elle n’a pas hésité à faire part de son « inquiétude, angoisse ». Avant d’avancer ses arguments, un à un, telle une plaidoirie pour l’avenir de la profession… « Nous, nous serons perdants-perdants. C’est-à-dire qu’il n’y a absolument rien dans ce qui nous est proposé qui nous avantage. Augmentation des cotisations -  de 14 à 28 % - et baisse des retraites. Cotiser plus pour gagner moins. Qui accepterait ça ? Personne », a-t-elle indiqué, tout en rappelant qu’à ce jour, la caisse autonome des avocats « est pérenne pour des dizaines et des dizaines d’années et je rappelle qu’on verse près de 100 M€ par an pour le régime général sans rien demander en retour ! ».

« J’avais tellement envie  de répondre, c’est frustrant »

Le Président a écouté religieusement, gribouillé quelques mots sur une feuille. Avant d’entrer dans l’arène et de répondre, sans mâcher ses mots ! Florilège : « Les avocats sont les agriculteurs de demain », « 25 % des avocats quittent la profession avant dix ans d’exercice, comment votre système peut-il durer ? », « Nous sommes un pays extraordinaire où on ne veut pas se mettre avec les autres quand on est bénéficiaires, mais le jour où on commence à paumer on se retourne vers la collectivité. »
À l’instar des autres participants au débat, Annabel Montels-Estève est restée assise, sans pouvoir répondre : « J’avais tellement envie, c’est frustrant », nous a-t-elle confié, au lendemain du débat, jugeant la réponse du Président « incomplète, erronée et superficielle ». Quant à la promesse du Président de ne pas toucher aux réserves des caisses autonomes, cela n’a pas franchement satisfait l’avocate ruthénoise : « Il n’a pas le droit de le faire de toutes les manières… Et en droit, on s’y connaît un peu », sourit-elle. Avant d’annoncer que le combat était loin d’être fini, dans l’Aveyron comme ailleurs : « Il y aura des actions, fortes et bloquantes. J’ai reçu des messages de soutien de toute la France ce matin (hier, NDLR) ». Le Président est prévenu, la parole est à la défense. Et qu’importe si le jugement semble être écrit d’avance…
                                                       Mathieu Roualdés

Centre Presse Aveyron
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