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Mal de dos : la chirurgie n’est pas une fatalité

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    Mal de dos : la chirurgie n’est pas une fatalité
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Communément appelé lombalgie, le mal de dos chronique affecte la moitié de la population française.  D’origines multiples, il reste complexe à appréhender. Les solutions de prise en charge sont donc nombreuses et impliquent plusieurs spécialistes. Les précisions du Dr Stéphane Litrico, neurochirurgien au CHU de Nice et président de la Société Française de Chirurgie rachidienne.

Axe principal du squelette, la colonne vertébrale « soutient le corps : les membres, le tronc, la tête, posés sur le bassin. », explique le Dr Stéphane Litrico, neurochirurgien au CHU de Nice et Président de la Société Française de Chirurgie rachidienne. « Elle protège aussi les structures neurologiques qui la traversent : la moelle épinière et les nerfs. »

Pas étonnant que les maux de dos, dits lombalgies, engendrent un inconfort. Mais les douleurs ne se ressemblent pas toutes. « Quand la cause est locale et mécanique, la douleur est dite nociceptive », détaille le Dr Litrico. Dans d’autres cas c’est « le nerf qui est endommagé. Il est lui-même douloureux et il envoie un message parasite ». On parle de « douleurs neuropathiques ». Dans les deux cas, la gêne peut se propager « dans les lombaires et les membres », et provoquer des lumbagos ou des sciatiques.

Comment soulage-t-on les patients ? La prescription médicale varie selon le type de douleurs et associera souvent médicaments et suivi chez un kinésithérapeute ou un programme de rééducation physique. « L’idée est d’améliorer la fonction mécanique de la colonne vertébrale et donc de traiter le problème de fond. » Quand ces approches ne suffisent pas à apaiser la douleur, la chirurgie peut être envisagée. La durée de la douleur (au moins 3 mois) et l’importance des troubles associés (perte de force physique, difficultés pour marcher,) sont évaluées. Enfin, « il faut repérer le mécanisme douloureux. C’est le rôle de la radio, du scanner, de l’IRM. Est-ce lié à un problème discal, à de l’arthrose, à des déformations ? Si la cible mécanique n’est pas bien établie, on ne peut pas envisager de prise en charge chirurgicale », étaye le Dr Litrico.

L’innovation au bloc opératoire pour le confort des patients

Dans « l’inconscient collectif, la chirurgie du dos peut inquiéter. Pourtant elle a beaucoup évolué en étant moins lourde, plus efficace et plus sécurisée. » De quelles innovations parle-t-on ? Tout d’abord, « le mini-invasif, pour limiter les douleurs. On va faire des incisions beaucoup plus fines en utilisant des techniques endoscopiques voire même percutanées (à travers la peau). »

Autre avancée, « l’imagerie per-opératoire : le fait de pouvoir faire des imageries de contrôle pendant les interventions. Pendant qu’on opère, on peut vérifier la position du matériel en place, ce qui sécurise grandement le geste. » Enfin les patients sont mieux accompagnés. Avant l’intervention, « les patients voient le kiné, les rééducateurs. Ce qui leur permet de comprendre ce qui va leur arriver, de dédramatiser. »

Après l’intervention, « on prend en charge la douleur et aussi la nutrition, on mobilise les patients très tôt pour que la récupération soit la plus rapide possible ». « Une fois sorti du bloc, le patient peut rentrer chez lui dans les 3 à 4 jours. » En apaisant la douleur, la chirurgie peut alléger l’ordonnance : certains patients n’ont plus besoin de prendre autant d’antalgiques.

Le retour au travail « peut se faire au bout d’un mois pour une hernie discale. En cas de chirurgie lourde (fixation de vertèbre), on compte 3 mois. » Des délais raccourcis par rapport aux décennies précédentes. « Pour le sport, les disciplines douces (vélo, marche, natation…) peuvent être reprises 1 mois après, et 3 mois pour les pratiques plus à risque et/ou intensives. »

Des douleurs après la chirurgie ?

Si les technologies ont permis de grands progrès dans la prise en charge des maux de dos, certaines douleurs neuropathiques peuvent persister malgré une chirurgie bien menée. Dans ce cas, la neurostimulation, en soulageant la douleur par l’électricité, peut être une solution.

Consultez le médecin généraliste

Alors, vers quel médecin se tourner en cas de mal de dos ? « La porte d’entrée, c’est le généraliste. Il va pouvoir distinguer les crises aiguës passagères, les plus fréquentes et de loin, des troubles chroniques. » Si la douleur s’installe pendant plusieurs mois, « le médecin traitant dirige le patient vers un spécialiste : les rhumatologues, les kinésithérapeutes, les ostéopathes, spécialistes de la douleur et les chirurgiens pour avis ».

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