L'Aveyronnais

Jérôme et Stéphane Bernatas ont fait de la production de vin leur actualité

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  • Une belle aventure pour les deux frères Jérôme et Stéphane Bernatas, installés près de Limoux (Aude).
    Une belle aventure pour les deux frères Jérôme et Stéphane Bernatas, installés près de Limoux (Aude). Repro CPA / Repro CPA
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Stéphane et Jérôme Bernatas ont acquis un domaine viticole près de Limoux. Un retour aux sources après une vie en Aveyron. Un pur bonheur !

L’histoire emprunte parfois des chemins étonnants. Celle des frères Bernatas, Stéphane et Jérôme, a de quoi parfois les laisser cois. En tout cas, ils la savourent.

Depuis un peu plus d’un an, tous deux ont créé le "Domaine Bernatas", après avoir racheté des vignes à un vigneron limouxin, adhérent de la coopérative viticole locale, qui prenait sa retraite. Mais avant de jeter leur dévolu sur ces 9 hectares de terres, dont 6,5 ha de vignes, c’est à plusieurs kilomètres de là qu’ils ont nourri leur passion du vin.

En Aveyron en premier lieu. Arrivé à l’adolescence à Rodez, Stéphane s’est pris assez tôt de passion pour le vin. "À 18 ans, j’aimais bien lire des bouquins consacrés aux vins. Et, comme aujourd’hui encore, j’aimais bien goûter de bonnes cuvées. Mais je ne suis pas un gros buveur". Il se souvient du moment où il s’est retrouvé dans un groupe de dégustation constitué par la caviste Ghislaine Laurens. "Tout ce groupe, nous avons fêté récemment nos 20 ans de dégustation ensemble !", sourit-il. Ce groupe affichait les prémices d’une passion qui n’allait pas le quitter de sitôt. Mais de là à devenir vigneron…

Son frère, Jérôme, qui s’adonne aux joies du journalisme dans les rédactions parisiennes, profite des découvertes "vinicole" de son frère.

Arrive cette année 2016. Une de celles où l’on se retrouve à la croisée des chemins. "Mon frère avait envie de changement, moi je n’avais pas véritablement envie de reprendre la plateforme de distribution de journaux à Rodez que possédait mon père", explique Stéphane. Mais que faire ? "Jérôme avait, dans le cadre de son boulot, croisé le chemin d’Yves Legrand, un des plus grands cavistes de Paris. Quand nous avons discuté, et convenu que nous voulions tous les deux changer d’orientation professionnelle, il m’a lancé : Et si nous achetions un domaine ? Ben, oui, c’est ça que nous voulions !"

Nous sommes alors en février 2017.

Les deux frangins, qui au passage ont tous deux ciré les bancs d’écoles de commerce, déterminent le profil du domaine qu’ils recherchent. Ils en ciblent une douzaine, tous en Occitanie, dont un en Aveyron. À Entraygues-sur-Truyère. Dans le même temps, ils passent leurs journées à apprendre le métier. À Bruéjouls, chez Jean-Luc Matha, et à Arzens au Mas de mon père, chez Frédéric Palacios.

C’est alors à Banyuls que semble alors se nouer leur histoire. "Mais en avril 2018, nous nous apprêtions à signer l’achat du domaine, et le propriétaire se rétracte. Il nous laisse le bec dans l’eau", raconte Stéphane. Dans leur entourage, où l’on suit de près leur pérégrination, on les motive pour rebondir sur le champ. "Nous dénichons un petit scoop, sourit Stéphane Bernatas, un vigneron partirait à la retraite du côté de Limoux. Cela nous plaît. Les personnes qui nous conseillent nous assurent que ce sont de belles vignes…"

Et en juillet 2018, ils font affaire. Ils se retrouvent à la tête d’un domaine à la Digne d’Amont, aux portes de la ville de Limoux, où leur grand-père avait tenu la Maison de la presse ! "Si bien que notre nom résonne encore ici", sourit Stéphane Bernatas.

Avec son frère, ils viennent d’effectuer leurs toutes premières vendanges. Nouvelle étape dans leur belle aventure. "La prochaine, ce sera sans doute au printemps, quand nous verrons les bouteilles sortir avec écrit "Domaine Bernatas"… Là, émotionnellement, ce sera quelque chose".

En attendant, nombre d’amis aveyronnais ont déjà prévu une sortie dans le limouxin pour saluer leur réussite.

Limoux bio

Soixante-dix pour cent du domaine sont réservés à la production de vin blanc, avec du chardonnay. On trouve également du meauzac, « le cépage roi de la blanquette et du crément », ainsi que du chenin. Le reste de la production est en rouge, avec cabernet-sauvignon et du merlot. « Il y aura une cuvée de rouge, puis deux ou trois cuvées de blanc », détaillent Stéphane et Jérôme Bernatas. Tout en bio.
La capacité maximale de la cave du « Domaine Bernatas » s’établit à 45 000 bouteilles. « Mais, dans un premier temps, on table sur une fourchette de 20 à 25 000 bouteilles. On veut progresser tranquillement, explique Stéphane Bernatas. On table sur un vin de qualité ». Avec son frère, ils ont activé tout leur réseau pour la vente. Et naturellement, le « Domaine Bernatas » sera disponible en Aveyron…
 

Philippe Routhe
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