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Capdenac : colère d'une famille après la panne d'un brûleur en pleine cérémonie mortuaire

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  • Le crématorium de Capdenac est actuellement le seul en service dans le département en attendant celui de Rodez, en 2020.
    Le crématorium de Capdenac est actuellement le seul en service dans le département en attendant celui de Rodez, en 2020.
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Une famille de Martiel a subi la crémation interrompue d’un proche, "sans explications ni excuses".

Le 15 octobre, vers 16 heures, René Pailhasse, de Martiel, décède à l’âge de 89 ans. Atteint de la maladie d’Alzheimer, hospitalisé depuis fin août à l’Ehpad de Rulhe, le défunt avait confié au préalable sa volonté d’être incinéré. C’est donc logiquement que sa famille, en s’adressant aux pompes funèbres Freycinet de Villefranche-de-Rouergue, a demandé une cérémonie dans un crématorium. L’entreprise villefranchoise invite tout naturellement la famille à se diriger vers celui de Capdenac, à proximité.

Or, comme le seul crématorium de l’Aveyron (celui de Rodez ouvrira début 2020) vient de subir une opération de maintenance, plusieurs cérémonies sont en attente car le rythme est de quatre crémations par jour. En accord avec la famille, les obsèques de René Pailhasse sont donc fixées au mardi de la semaine suivante, c’est-à-dire le 22 octobre, soit quand même 6 jours après le décès (délai maximum pour une crémation).

Pas d’explications

Le 22 octobre, à 10 h 30, a lieu en l’église de Martiel la cérémonie religieuse en présence d’une nombreuse famille venue de toute la France (région parisienne, département du Var, Lyon, Dijon, Gisors) et même d’Angleterre. Puis l’après-midi, à 13 h 30, est fixée la seconde cérémonie, au crématorium de Capdenac, où toute la famille se rend.

Après quelques mots d’introduction, le cercueil de René Pailhasse disparaît dans une pièce intermédiaire pour la crémation. Et c’est là que le coup de théâtre se produit. Après environ 10 minutes, l’employé (seule personne présente au crématorium) revient en disant qu’il y a un souci et que la crémation ne peut avoir lieu car un brûleur est tombé en panne. Et de rejoindre son bureau sans autres explications, laissant derrière lui une famille dans l’incompréhension. Ce dernier déclare lorsque la panne est survenue avoir été "totalement déstabilisé par cette défaillance de l’appareil", mais avoir "tout mis en œuvre pour que ça rentre dans l’ordre".

"Difficile et traumatisant"

Il se suspend donc à son téléphone et cherche à commander la pièce défectueuse. Ce qui ne semble pas simple, car le four serait d’une marque italienne. La famille, elle, attend, et n’aura que des bribes d’information.

Finalement la crémation n’aura pas lieu et la cérémonie de sépulture prévue au cimetière de Toulonjac est ajournée. Tout cela dans un contexte de douleur de la perte d’un être cher et de surcroît dans le cadre "difficile et traumatisant d’une crémation", mentionne la fille du défunt, Reine Lopez-Pailhasse.

À la stupeur succèdent des questions qui restent sans réponses : "Dans quel délai la pièce défectueuse sera-t-elle acheminée ?" ; "Quand la crémation va-t-elle pouvoir avoir lieu ?" ; "Devons nous rester ou repartir ?" ; "Qu’advient-il du corps ?".

La famille rentre à Martiel, l’après-midi et la soirée se passent sans autre nouvelle. Le lendemain matin, toujours rien. Les pompes funèbres Freycinet, qui essaient de débloquer sinon la situation du moins la communication, sont également dans l’expectative. Dans le flou le plus total, la famille, tenue par des obligations professionnelles, se voit obligée de repartir alors que René Pailhasse n’est toujours pas enterré. Autour de la veuve du défunt, âgée de 88 ans, complètement perdue et déboussolée par cette histoire, seules restent présentes sa belle-sœur et ses deux filles. Mercredi 23 octobre à la mi-journée, Freycinet obtient enfin des nouvelles et annonce que la pièce devrait arriver le soir depuis Toulouse.

Finalement la crémation de René Pailhasse a lieu le mercredi soir alors que les proches n’ont même pas été informés par le crématorium de Capdenac. Et c’est toujours l’entreprise Freycinet qui va récupérer l’urne funéraire pour l’amener au cimetière de Toulonjac, à la tombée de la nuit où, seulement en présence que quelques personnes, elle sera déposée dans la tombe. Un enterrement de nuit, presque en catimini. Et pour la famille un sentiment d’inachevé…

Factures contestées

"On se pose toujours la question de savoir si la panne a vraiment eu lieu à l’instant même où mon père devait être incinéré. On se rappelle d’ailleurs que la télévision qui permet de suivre en image le parcours du cercueil ne fonctionnait pas non plus. En tout cas, cette cérémonie a été plus que perturbée et on aura toujours des doutes sur ce qui s’est réellement passé", confie Reine Lopez-Pailhasse. De son côté, sa sœur appelle le responsable du crématorium de Capdenac, Wilfrid Charoud, pour lui demander des explications qu’il ne fournira pas. Il ne manifeste non plus aucune empathie pour le préjudice moral subi par la famille et souligne même, selon elle, qu’ils ne sont pas "compréhensifs". Et il n’a pas présenté ses excuses pour une prestation entachée et néanmoins facturée 738 €. Il a déclaré en référer à sa hiérarchie, c’est-à-dire les Pompes funèbres générales.

Pour Reine Lopez-Pailhasse, "ça aurait mérité au moins un courrier d’excuses. Le problème a été traité de façon trop légère et le service n’a pas été conforme à ce qui était annoncé". Elle conteste aussi la facture des pompes funèbres Freycinet, de l’ordre de 5 000 €, car "la prestation ne correspond pas".

La direction n’a pas souhaité répondre à nos questions.

GDM
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