Spectacles

L’histoire de l’Alsace sur la scène rieupeyrousaine avec "Francis ? Frantz !"

  • Rémy Boiron en scène.
    Rémy Boiron en scène. Photo Hélène Lecarme. / Photo Hélène Lecarme.
  • Rémy Boiron en scène. Photo Hélène Lecarme.
    Rémy Boiron en scène. Photo Hélène Lecarme.
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Le spectacle de Rémy Boiron présenté vendredi soir au centre culturel de Rieupeyroux a beaucoup plu : il faut dire que "Francis ? Frantz !", spectacle solo, ne laissait aucun temps de répit au spectateur, littéralement happé par l’histoire familiale racontée, qui est l’occasion pour l’acteur et metteur en scène de raconter la grande Histoire, celle de l’Alsace, depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours. Un sacré défi !

C’est en plusieurs tableaux, alternant histoire d’une personne et faits historiques, que Rémy Boiron nous raconte l’Alsace. La chanson de Piaf, "C’est l’amour", comme un leitmotiv, rythme le spectacle : "C’est l’amour qui fait qu’on aime, c’est l’amour qui fait rêver […] qui fait pleurer".

Un franc-parler

Utilisant pour le récit historique un franc-parler, incarnant des personnages truculents, aux accents de terroir, il a, dans la première partie de son spectacle, fait beaucoup rire le public : "L’Alsace c’est comme les toilettes, c’est toujours occupé".

Les malgré-nous, l’histoire de Joseph, puis l’histoire de l’Alsace depuis moins 100 000 ans avant notre ère jusqu’en 1918, défilent sous nous yeux : "il y a de quoi en perdre son latin", "les Anglo-Saxons parlent déjà de Brexit", "il se passe quelque chose d’extraordinaire, la France gagne !", émaillent le récit, illustré de cartes géographiques.

Tout est bon pour rendre l’Histoire vivante, à coups de "cure d’amaigrissement" et de "raclées" : " Les Alsaciens en ont marre, ils se sentent comme des moustiques sur un pare-brise, et ils s’accrochent". La deuxième partie, qui évoque la Seconde Guerre mondiale, raconte la montée du nazisme, la prise de pouvoir d’Hitler ("Il a les clés du camion"), et la "drôle de guerre", racontée par Marius : "Fan de chichourle, macarel, entre septembre 1939 et mai 1940, vous savez ce qu’on a fait ?" Un temps de silence. "Eh ben voilà… Rien !"

Beaucoup d’humour encore et de trouvailles pour évoquer la défaite éclair et faire passer une histoire pas toujours rose : "Par la Belgique, ils nous niquent !"… Les camps, c’est Angèle, 21 ans en 1942, qui les évoque. En 1945, procès de Joseph Kramer, commandant dans plusieurs camps de concentration.

Du foulard sur la tête, on passe à un casque, un cigare, et Rémy Boiron devient le général Patton, qui raconte la Libération, une série de photos projetées sur grand écran à l’appui.

Ecouter la sagesse des anciens

Pour cette partie-là, il n’est plus question de rire, mais d’écouter la sagesse des anciens, qui du haut de leurs 95 ans, sont capables, comme cette ancienne déportée, de dire : "Vous savez, au fond, j’ai vécu une vie formidable".

Et l’artiste de conclure, devant un "Merci tonton Francis" qui s’inscrit sur l’écran : "Cueillons cette divine immortalité de l’instant".

Le spectacle de la Compagnie Humaine, dont Sébastien Le Borgne gère éclairage, musique et vidéo, a été joué en matinée devant un public de collégiens et le comédien se rendra au collège Lucie-Aubrac ce mardi 12 novembre afin de rencontrer les élèves : une belle entrée en matière pour étudier l’Histoire !

CORRESPONDANT
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