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Jérémy Munoz : « Je pose la main sur son arme, et je pense à me tirer une balle »

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  • Jérémy Munoz, condamné à 15 ans à Rodez en avril 2018.  
    Jérémy Munoz, condamné à 15 ans à Rodez en avril 2018.   Aline Champsaur / Aline Champsaur
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Jérémy Munoz, 31 ans, est rejugé en appel depuis mardi 12 novembre à Montpellier pour avoir écrasé en voiture le sous-brigadier Benoît Vautrin en tentant d’échapper à un contrôle de police, le 10 avril 2015 à Aubin.

J’essaie de le réanimer. Je veux qu’il se relève. Ensuite, je pose la main sur son arme et pendant une seconde, je pense à me tirer une balle. Puis je pense à mes proches, à mes parents, ma copine. Je réalise que ma vie vient de basculer. »
Le président : « Qu’est-ce que vous estimez avoir commis qui justifierait une balle dans la tête ? »
L’accusé : « Sa mort. Le fait d’avoir tué une personne. »
Dès l’ouverture de l’audience, mardi 12 novembre, la cour d’appel de l’Hérault est face à la violence du drame survenu le 10 avril 2015, sur une ligne droite d’Aubin.
Il est un peu de plus de 15 h, et Benoît Vautrin, un policier de 36 ans, père d’une fillette de onze mois, vient de mourir, fracassé comme un pantin par une voiture qui l’a percuté à plus de 100 km/h.
Un accident ? Non. Un crime, estime la justice : la cour d’assises de l’Aveyron a condamné à 15 ans de réclusion criminelle, le 6 avril 2018 Jérémy Munoz, 31 ans aujourd’hui, le conducteur, qui était à l’époque pompier militaire, en reconversion.

Ce jour-là, le jeune homme avait fumé du cannabis avant de prendre le volant de cette Audi aux pneus lisses, roulait à 94 km/h sur une section à 50 km/h, où les policiers l’avaient flashé, et a fait demi-tour lorsqu’ils ont voulu l’interpeller. « Trace ! », lui dit son ami Julien, le propriétaire de la voiture, assis sur le siège d’à côté, avant de lui crier, trois fois, de s’arrêter, lorsque le policier Vautrin s’avance au milieu de la route et lui fait signe de stopper.

Violence volonatires aggravées

« Ça se passe en trois secondes, tout va très vite », soupire Jérémy Munoz.
Le président : « Cette vitesse, c’est vous qui l’avez choisie. Si vous roulez à 30 km/h, vous avez le temps de réfléchir ? »
« J’étais convaincu de pouvoir passer par la gauche. Je n’ai pas freiné parce que je pensais vraiment que je passerais. »
S’il a fait appel, c’est qu’il estime avoir été « mal jugé » à Rodez. « La peine ne correspond pas à ce que je suis. En première instance, avec le fait qu’il y ait eu mort d’homme, j’étais bloqué, je n’ai pas réussi à m’exprimer. Je n’avais aucune intention ce jour-là ni de lui faire peur et encore moins de le percuter. Pour moi, c’était involontaire. »
Ouverte au départ pour meurtre, l’enquête a été requalifiée en violences volontaires aggravées.
« Rouler, accélérer et ne pas freiner, ce n’est pas une décision délibérée ? Vous n’avez pas choisi votre trajectoire ? », rétorque le magistrat.
« Je suis responsable. J’ai trahi ce que je voulais faire de ma vie. J’ai honte. »
« Pourquoi ? » « Parce que j’ai merdé. »
Verdict ce vendredi.

 

François Barrère
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