finances publiques

Une augmentation "maîtrisée" de la dette communautaire de Millau

  • Les élus ont brièvement débattu au sujet des orientations budgétaires pour la dernière année de mandat.
    Les élus ont brièvement débattu au sujet des orientations budgétaires pour la dernière année de mandat. Midi Libre / CHLOE AZAIS / Midi Libre
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Le débat d’orientation budgétaire 2020 avait lieu mercredi. La dette est en augmentation, du fait notamment du financement du futur complexe sportif. Une situation "sous contrôle".

Précis, exhaustif et rigoureux. Daniel Mayet a fait du Daniel Mayet, mercredi soir, en conseil communautaire, au moment de lister les grandes orientations budgétaires pour 2020. Délégué aux finances, le monsieur chiffres de la communauté a énuméré, ligne par ligne, le détail des futures dépenses, entre budget de fonctionnement et différents projets d’investissement. "L’objectif, a résumé le président Gérard Prêtre, qui passera la main dans quelques mois, est celui de maintenir une situation financière saine, tout en ciblant l’action de la communauté sur des projets prioritaires, porteurs d’attractivité et de richesses, en lien avec le Plan local d’urbanisme intercommunal (PADD)."

La dette par habitant sera de 646 € en 2021

Pour cette dernière année de mandat, le président se félicite de laisser une situation "conforme", même si le niveau de la dette reste important. Compte tenu des différents investissements, l’encours au 31 décembre 2021 devrait atteindre 19,1 M€ (+10 % par rapport à 2018), pour retomber à 18,2 M€ en 2023. La dette par habitant est ainsi de 549 €/habitant en 2020 et même 646 € en 2021. Elle est en progression de +12,54 % par rapport à 2018.

Le taux de désendettement connaîtrait une hausse sensible, pour avoisiner les 7,9 ans en 2022 (le seuil d’alerte se situant à 12 ans). Cette évolution dans le mauvais sens est essentiellement liée à l’emprunt exceptionnel entre 2020 et 2022 pour financer le complexe sportif (lire par ailleurs).

La baisse du niveau d’épargnebrute (-500 000 € en 2020) devrait être "maîtrisée", dixit Daniel Mayet, permettant de maintenir le taux de désendettement "autour des 7 ans" après 2023. "La feuille de route du budget 2020 tendra à financer les champs de compétence où les besoins évoluent (les mobilités, l’habitat, le développement territorial, la restructuration immobilière), où les nouveaux besoins se font jour (enseignement supérieur), et à poursuivre la réalisation d’un équipement de centralité (complexe sportif)", a souligné Gérard Prêtre.

"Pas folichon" pour Michel Durand

Ce satisfecit n’a pas franchement convaincu Michel Durand. L’opposant - l’un des seuls à vouloir débattre mercredi soir - a essayé de sonner les cloches du président, en signalant "le caractère engageant et contraignant" de ce budget vis-à-vis des successeurs. "On leur laisse pas mal de choses à gérer. On voit beaucoup de projets à fort financement, et puis il y a la dette. Elle augmente énormément, pendant que les recettes stagnent, l’épargne nette diminue… Ce n’est pas folichon. On part avec une situation saine, mais préoccupante."

"Absolument pas d’accord" avec ces allégations, Daniel Mayet a souhaité à toutes les communes de France "d’être à moins de huit ans de remboursement de dette à l’horizon 2023". Gérard Prêtre, lui, a rappelé qu’en début de mandat, "les années de remboursement atteignaient les neuf ans". Et de se féliciter de ne pas avoir aggravé cette situation d’endettement.

Côté masse salariale, Michel Durand a également tenté de voler dans les plumes de Gérard Prêtre. Il a signalé "l’évolution inquiétante de la masse salariale (+11,74 % en quatre ans)", liée notamment au recrutement d’un manager de commerce territorial à l’année (55 000 € de budget/an). Une embauche que Gérard Prêtre a défendue, avant de demander de mesurer l’évolution de la masse salariale "au regard de toutes les compétences que l’on nous a transférées, et les charges de personnel à supporter aujourd’hui".

La rénovation de l’habitat, axe prioritaire de dépenses

"On engage l’avenir, moi je trouve que c’est encourageant", a plaidé Gérard Prêtre, certain de laisser à la prochaine équipe des finances en bonne santé. "Quand on est un chef d’entreprise, on ne travaille pas sur une durée courte de six ans, on travaille dans la durée. On engage la communauté, on engage le prochain mandat, bien sûr. Mais j’en suis ravi."

Ce dont se félicite le plus le président, c’est certainement la forte évolution (+204 000 € en 2020) du budget alloué à l’habitat, l’un des axes de dépenses prioritaires. "On engage la communauté dans la durée, pour une période de presque dix ans. En face de ça, ce sont des travaux qui n’avaient pas été engagés jusqu’ici. La rénovation de l’habitat, et remettre sur le marché plus de 1 300 logements, ce n’est pas rien." La communauté faisant de la rénovation immobilière "un besoin essentiel" en termes d’attractivité du territoire.

Complexe sportif : un emprunt de 7 M€

"Le volet complexe sportif est trop excessif pour notre budget. C’est un projet disproportionné" Au risque de radoter, Michel Durand en a remis une couche, mercredi soir, au sujet du financement du centre aquatique et de la salle artificielle d’escalade. Pour ce projet dimensionné autour des 20 M€, l’emprunt mobilisé par la communauté de communes Millau grands causses s’élèverait à 7 M€ (2 M€ en 2020, 3 M€ en 2021 et 2 m€ en 2022). Depuis de nombreux mois, les élus d’opposition alertent sur cet investissement, qu’ils comparent au budget dont dispose la collectivité sur l’ensemble du mandat. Sachant que le groupe d’opposition s’inquiète aussi du coût de fonctionnement de l’équipement… Précisons que le transfert de la compétence "complexe sportif" auprès de la communauté interviendra au 1er septembre 2020, avant le lancement de la procédure de délégation de service public et gestion de l’équipement.

La maîtrise d’œuvre, l’assistance à maîtrise d’ouvrage et la première phase de travaux devraient suivre courant 2020.

Dans sa dernière version communiquée à la presse, le projet est financé par la Région et le Département à hauteur de 3 M€ chacun, par l’État et par la Ville pour 4,80 M€.

victor guilloteau
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