Le loup en débat ce samedi à Rodez

  • La problématique du loup avec l'Homme au coeur du débat ce samedi à Rodez.
    La problématique du loup avec l'Homme au coeur du débat ce samedi à Rodez. JAT
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Jean-Marc Moriceau, professeur et directeur d'histoire et sociétés rurales à l'université de Caen, tiendra une conférence-débat sur le thème "l'Homme et le loup : 2000 ans d'histoire" ce samedi 30 novembre à 20h30 aux archives départementales à Rodez. Entretien.

Pourquoi éclairez-vous sur la gestion du loup?

C'est le fruit de 25 ans de recherches en histoire et sociétés rurales avec une thèse sur les bergers d'Ile-de-France. Dans mes travaux, le loup revient comme l'ennemi des éleveurs, agriculteurs et bergers. J'ai estimé qu'il était utile de travailler sur ce rapport au regard de l'actualité qui favorise la protection du loup. L'objectif est de sortir du débat universitaire pour ouvrir au débat public, pour être utile au plus grand monde, faire comprendre aux gens que le loup était détesté jusqu'au XXe siècle et de montrer si les mesures de protection se sont avérées efficaces.

Est-ce le cas?

Elles ont été moyennement efficaces car le loup s'adapte, déjoue le piège. Il est intelligent. Par exemple, une cinquantaine d'enfants ont été dévorés entre 1808 et 1817 dans les Cévennes car il fallait l'autorisation du préfet. Or, les Cévennes sont à cheval sur trois départements, Lozère, Gard et Ardèche. Le temps que les maires fassent remonter l'information au sous-préfet puis préfet, le loup continuait ses ravages sur un autre département. Il n'y avait pas de coordination entre les Hommes. Cela fait un parallèle aujourd'hui avec les tirs de défense qui donnent un temps suffisant pour que les loups s'adaptent et prospèrent dans les zones frontières. 

Quelles mesures préconisez-vous ?

Il faut des Etats généraux du loup pour réunir éleveurs et bergers à qui on a à écouter leurs expériences, les associations écologiques, pastoralisme et scientifiques de tout bord, pas seulement des sciences de la vie mais aussi des sociologues, éthologues, etc. Il faut aussi que le loup soit chassable. La France est enfermée à l'échelle européenne dans la convention de Berne. Il faut demander la révision du statut du loup en espèce protégée tout court. L'Espagne l'a fait en apposant une dérogation à la convention de Berne. Or, la Catalogne comme l'Italie ne l'ont pas fait et sont dans une situation compliquée. C'est un problème européen. Il y a une loi du silence pour que les choses se passent bien mais c'est faux en réalité. Le problème est que le loup est un animal fantastique dans lequel l'Homme rejette son fantasme sans mesurer les conséquences concrètes rejetées sur la minorité que sont les agriculteurs et éleveurs. Cela se fait au détriment du pastoralisme.

N'est-ce pas voulu ?

Pas de façon explicite. La position actuelle du loup depuis 40-50 ans est causée par une dizaine d'écologistes aux manettes des décisions de la France et de l'Europe. Gilbert Simon par exemple a souscrit la France à l'époque sans aviser les organisations de tutelle, faisant la loi dans le dos de Ségolène Royal alors ministre de l'Environnement, dans le dos des organes du Conseil et dans le dos des éleveurs. On a déclaré le loup revenu sur le territoire quand le statut juridique était déjà installé. Le monde agricole est méfiant mais l'Etat a laissé faire, c'était le cadet de ses soucis. Les mesures proposées aujourd'hui atténuent les conséquences mais majorent le travail des éleveurs, sans parler du stress, des suicides, des soins médicaux et des coûts indirects. Les indemnités ne couvrent qu'une partie, le marché est très déloyal. On demande aux agriculteurs de changer les critères, or il faut des crédits, des formations, des investissements que ne conçoivent pas la plupart des citadins. C'est une question complexe qui échappe aux responsabilités. C'est très grave. On impose une politique d'aménagement du territoire et de biodiversité sans concertation. Toutefois, on observe un début de compréhension depuis 4-5 ans. Il y a un début de changement mais il faut faire des efforts importants. Le loup a toujours divisé l'Homme depuis 2000 ans, il nous pousse à être plus intelligent.

Entrée gratuite pour assister à la conférence-débat.

À lire deux ouvrages de référence de l'auteur sur le sujet : "L'histoire du méchant loup" et "L'homme contre le loup", en poche, éditions Pluriel.
Olivier Courtil
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