Sécurité

Intrusion à l’hôpital de Rodez : l’homme était armé… de clés

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  • Sitôt l’alerte donnée, les forces de police et de gendarmerie se sont déplacées en nombre.
    Sitôt l’alerte donnée, les forces de police et de gendarmerie se sont déplacées en nombre. José A. Torres / José A. Torres
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Il s’agit bien d’une fausse alerte. Après le signalement, lundi matin, d’un homme décrit comme armé d’un couteau au sein de l’hôpital de Rodez, la Direction départementale de la sécurité publique est revenue ce mercredi 4 décembre sur le déroulé de cette journée extraordinaire.

Je n’ai pas de couteau, je n’en ai jamais eu. Par contre, j’ai un trousseau de clé ». C’est ce qu’a expliqué aux policiers, lundi vers 11 heures, l’homme recherché à son insu et bien malgré lui par 20 policiers et 23 gendarmes à travers les immenses locaux de l’hôpital de Rodez. Jérôme Buil et Jean-Pierre Delmas, respectivement directeur et directeur adjoint de la Direction départementale de la sécurité publique, sont revenus hier sur le déroulé de cette folle matinée.
Tout commence à lundi 8 h 35 lorsqu’un appel téléphonique arrive au commissariat de Rodez. Le PC sécurité du site répercute l’alerte donnée en interne par deux femmes affirmant avoir vu un homme armé d’un couteau pénétrer dans l’hôpital. Un premier équipage de police se rend sur place et confirme l’alerte en rencontrant les témoins. « Avant 9 heures, nous avions quatre équipages - soit une quinzaine d’hommes et femmes - sur place », explique Jean-Pierre Delmas. Des fonctionnaires sont rappelés, notamment la bac de jour, et la gendarmerie se déploie, elle aussi, en appui.
Commence alors, en parallèle de l’exploitation des images de vidéo surveillance qui ont filmé l’homme, une longue exploration des locaux. « La décision est prise de confiner le site plutôt que de l’évacuer », explique Jérôme Buil. Un filtrage se met en place aux entrées du centre hospitalier, et toutes les pièces en sont fouillées.
« Le contrôle n’amène à la découverte… de rien ! Aussi avons-nous décidé d’élargir le cercle et de voir si le signalement ne pourrait pas correspondre à celui d’un employé de l’hôpital », poursuit le directeur de la sécurité publique.

« Nous avons tout de suite vu que c’était la bonne personne »

Au vu de l’image de celui qui est encore considéré comme un intrus dangereux, un salarié met les forces de sécurité sur la piste d’un collègue. Les policiers vont à la rencontre de l’homme qui, immédiatement, se reconnaît. « Nous avons tout de suite vu que c’était la bonne personne », raconte Jean-Pierre Delmas. L’homme affirme ne pas avoir de couteau mais posséder en revanche un trousseau de clé au bout d’une lanière, trousseau qu’il s’amusait à faire tourner autour de sa main lorsqu’il a pénétré sur le site.
L’hypothèse de la fausse alerte prend à ce moment davantage d’ampleur, mais deux autres fouilles complètes sont organisées, les forces de l’ordre ne pouvant se contenter de la seule parole de « l’intrus ».

Deux témoins « de bonne foi »

« C’est le genre d’informations que l’on ne peut pas se permettre de prendre à la légère. Nous nous devions mettre le paquet pour lever le doute », déclare Jérôme Buil.
Les deux femmes qui ont donné l’alerte « conservent la confiance de l’hôpital », déclarait-on hier du côté du CH Jacques-Puel. Elles ont vu l’homme de dos (il les a dépassées) et ont, en définitive, confondu ces clés tournoyantes avec un couteau. « Une inquiétude qui colle au contexte national, souligne Jean-Pierre Delmas. Ces deux témoins sont de bonne foi, c’est bien que les gens soient vigilants et nous signalent ce qui leur semble anormal ». Peu avant, vers 10 h 15, un étudiant de l’IFMS (Institut de formation aux métiers de la santé, en contrebas de l’hôpital) avait fait les frais de sa ressemblance avec la personne recherchée. Voulant retourner dans l’institut après une pause, il a eu affaire aux policiers et gendarmes… qui ont rapidement levé le doute après une intervention remarquée.
Le Parisien, RTL, Ouest France, France3, 20 minutes, Sud-Ouest, CNews, Le Figaro, La Voix du Nord mais aussi les fils d’actualité de Google et Yahoo… cette affaire a fait du bruit bien au-delà des limites du département. Et à l’heure de tirer les enseignements, Jérôme Buil souligne la « bonne réaction du côté de l’hôpital » et la « très bonne réactivité des effectifs engagés, qui nous a permis d’avoir un dispositif plus que cohérent sur zone ». Aucune infraction pénale n’ayant été relevée après l’audition des trois protagonistes, le dossier va désormais être classé.

Xavier Buisson
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