Le siècle soulages

Pierre Soulages s’offre le Louvre pour ses 100 ans

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  • Pierre Soulages a choisi d'exposer au Louvre des toiles en provenance de Saint-Etienne, Rodez, Montpellier, Lyon et Paris.
    Pierre Soulages a choisi d'exposer au Louvre des toiles en provenance de Saint-Etienne, Rodez, Montpellier, Lyon et Paris. P.M. / P.M.
  • Alfred Pacquement, commissaire de l'exposition.
    Alfred Pacquement, commissaire de l'exposition. P.M. / P.M.
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Près de 80 ans qu’il peint ! À quelques jours de son 100e anniversaire, l’artiste français le plus cher de son vivant (une de ses œuvres vient d’être adjugée 9,6 millions d’euros) « s’offre » le Louvre. À moins que cela ne soit le contraire. Il avait déjà exposé au musée, mais c’est la première fois qu’il est invité pour une exposition personnelle. S’il limite désormais ses déplacements, Pierre Soulages - qui devrait être présent lors du vernissage de l’exposition le mercredi 11 décembre- a effectué un « saut » de deux jours à Paris pour participer à l’accrochage et valider le travail du commissaire de l’exposition, Alfred Pacquement. Un commissaire comblé qui tient à préciser que l’artiste n’a pas « corrigé grand-chose » à l’accrochage qui lui était proposé.
 

Selon la lumière, personne ne verra la même chose

Ce qui frappe en pénétrant dans l’immense salle accueillant la quinzaine d’œuvres du peintre aveyronnais, c’est la vibration lumineuse qui modifie les reliefs, selon l’angle du regard. « La peinture n’existe que par la lumière qu’elle reçoit » aime à répéter l’artiste.
Dans le salon carré de l’aile Denon du musée du Louvre, les grandes fenêtres donnant sur la Seine laissent filtrer les lumières de l’hiver, tantôt étincelantes, tantôt sombres, si bien que chaque visiteur aura un éclairage et un ressenti unique de l’œuvre qu’il regarde. Personne ne verra la même chose.
Dès ses débuts, Pierre Soulages a opté pour une abstraction totale. Il aime le « protocole resserré » de la peinture. Par les matériaux qu’il emploie, par ses outils qui font penser à ceux des peintres en bâtiment, par ses brosses larges qu’il fabrique lui-même, par son choix d’identifier ses toiles par leurs caractéristiques techniques, plutôt que d’orienter la vision du spectateur par un titre, Pierre Soulages a toujours eu un positionnement unique.
L’exposition du Louvre témoigne de la continuité de l’œuvre, de la volonté de faire surgir la lumière par contraste entre la couleur noire et les parties claires, par superposition et raclage, ou encore par le mode d’application d’un pigment unique. Elle regroupe, par décennies, les toiles significatives d’un parcours dont l’ADN n’a jamais changé. On retrouve ainsi certains travaux de ses débuts avec le brou de noix, et deux pièces rares utilisant le goudron sur verre. Cette technique lui a été inspirée, après la guerre, par la grande verrière de la gare de Lyon, alors consolidée par des bandelettes de goudron.

Trois grandes toiles verticales peintes cette année

Comme se plaît à le rappeler le commissaire de l’exposition, il est « formidable de présenter un travail qui couvre tant d’années ». D’autant que Soulages a choisi trois œuvres très récentes. Au cours de l’année 2019, il a ainsi peint plusieurs grandes toiles verticales d’un format inusité équivalent à trois carrés superposés de 130 cm de côté. Elles ont été peintes posées au sol, l’artiste évoluant sur une passerelle, avec un pinceau équipé d’un long manche. Soulages choisi de les installer sur le mur dont il pouvait user comme il l’entendait. « Il émane de ces stèles immenses, longues et étroites comme certaines fenêtres de l’abbaye de Conques, pour lesquelles l’artiste a conçu des vitraux translucides, une solidité monumentale » explique Alfred Pacquement. Jamais l’artiste n’a autant sublimé le rapport entre le noir et la lumière, entre une matière lissée par la lame et striée par la brosse. Des toiles particulièrement mises en valeur dans ce vaste espace. Le visiteur pourra se les approprier de face, en contre-plongée ou de profil, et basculer ainsi dans un monde en relief, un univers imaginaire.
Cet « outrenoir », néologisme qu’affectionne le peintre « instrumentalise le reflet. L’espace et le temps de la peinture sont radicalement transformés, la dotant d’une multiplicité lumineuse totalement inédite. Au contraire d’une œuvre monochrome, ce sont des différences de textures, lisses, fibreuses, calmes, tendues ou agitées qui, captant ou refusant la lumière, font naître les noirs gris ou les noirs profonds » explique Alfred Pacquement.
Cette exposition exceptionnelle affirme enfin la renommée internationale de Pierre Soulages en réunissant des œuvres en provenance de plusieurs grands musées américains.
S’il n’a pas souhaité revoir celles conservées au musée de Saint-Pétersbourg, l’artiste a choisi de faire venir à Paris des toiles en provenance de Saint-Etienne, Rodez, Montpellier, Lyon et Paris. Comme pour boucler une histoire bien française.

RESERVATION : à la billetterie de l’auditorium, par téléphone au 01 40 20 55 00 ou sur fnacspectacles.com
TARIFS : Concert : de 10 € (- de 26 ans) à 22 €. Gratuit pour les Amis du Louvre Jeune. Présentation de l’exposition, conférences, cinéma : de 4 € (- 26 ans) à 8 €. Gratuit pour les Amis du Louvre Jeune et les étudiants en art et histoire de l’artalp.

Week-end avec Pierre Soulages

À l’auditorium du Louvre les 10, 11 et 12 janvier 2020 à 12 h 30 : Présentation de l’exposition par Alfred Pacquement, directeur honoraire du Musée national d’art moderne, président du conseil d’administration de l’établissement public de coopération culturelle, Musée Soulages à Rodez, commissaire de l’exposition Soulages au Louvre. Film Une exposition de Soulages de Jean-Noël Cristiani - 1987, 5 min, suivie d’une présentation du catalogue.

Les 10, 11 et 12 janvier à 20 h : Concert Soulages - Dusapin Anssi Karttunen, violoncelle - Nicolas Hodges, piano Œuvres de Pascal Dusapin dont Piano Works : No. 3 - Black Letters, une nouvelle œuvre en création mondiale, commande du musée du Louvre et du Concours international de piano d’Orléans.

Dimanche 12 janvier 15 h : Conférence Soulages, artiste contemporain par Éric de Chassey, directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA). 17 h : Film Soulages, Le noir et la lumière de Jean-Noël Cristiani, 2008, 52 min.
 

Philippe Minard / ALP
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