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Sud-Aveyron : l'A75, théâtre de la colère des routiers

  • Blocgae à hauteur du Col d'Engayresque.
    Blocgae à hauteur du Col d'Engayresque. Midi Libre / Eva Tissot / Midi Libre
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Dans la côte - et la descente - du col d'Engayresque, sur l'A 75, un barrage de camions crée des ralentissements. Le Syndicat de transporteurs routiers Otre stoppe les camions et camionnettes étrangers qui empruntent l'autoroute dans les deux sens. À 12 h, ils avaient arrêté au bord de l'autoroute une centaine de camions. Le barrage devrait être levé vers 16 h.

Depuis 8 h 30 ce matin, le syndicat des TPE et PME du transport routier bloque l'A75 à hauteur du col d'Engayresque. Pour protester contre le projet de loi "qui devrait favoriser les transporteurs routiers étrangers". Le syndicat explique : "On laisse passer les voitures immatriculées en France, on les ralentit et on distribue un tract en leur expliquant le pourquoi du comment. On bloque sur place les camions et les véhicules utilitaires légers étrangers."

Dans le cadre du projet de Loi de finance 2020, le gouvernement envisage en effet de créer une nouvelle taxe sur le carburant. "Dans une très très grande majorité, les transporteurs étrangers ne font pas le plein en France, ils ne font que traverser. Ils ne payeront pas cette fiscalité nouvelle ...  L'augmentation de 2 centimes/ litre du carburant va donc nous impacter directement à hauteur de 800 € par véhicule et par an", expliquait Frédéric Domenge, le délégué régional Otre Occitanie et secrétaire général de l'Union départementale des transporteurs routiers de l'Aveyron. Le syndicat Otre représente 150 entreprises de transport.

Postés au point kilométrique 202, une soixantaine de patrons d'entreprises de transport ont créé en stationnant leurs camions sur la voie de droite, une chicane de ralentissement sur l' A75 dans les deux sens.

Des blocages dans toute la France

Des blocages routiers et des opérations escargots sont organisés ce samedi dans une dizaine de régions de France à l'appel de l'organisation des transporteurs routiers européens (Otre) pour protester contre la "hausse de la fiscalité sur le gazole professionnel" programmée par l'exécutif pour des raisons économiques et écologiques.

"Notre mouvement est un mouvement de colère contre un matraquage fiscal que les entreprises aujourd'hui ne peuvent pas supporter ni continuer d'endurer", a déclaré sur LCI le président de l'Otre Ile-de-France Alexis Gibergues.

La taxation supplémentaire du gazole routier, "c'est la goutte d'eau qui fait déborder un vase qui est déjà bien plein", a-t-il ajouté. "Il va falloir peut être que le gouvernement envisage des mesures différentes, qui permettraient par exemple de taxer les donneurs d'ordre plutôt que les transporteurs routiers qui ne sont qu'un maillon de la chaîne".

Annoncée en juillet et inscrite dans le projet de loi de finances 2020, la suppression des tarifs réduits de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour le gazole non routier (GNR) serait progressive et s'appliquerait entre le 1er juillet 2020 et le 1er janvier 2022.

Cette mesure, qui devrait rapporter 140 millions d’euros en année pleine et qui doit permettre de financer les infrastructures de transport, a été supprimée en première lecture par le Sénat, à majorité de droite. L'examen en deuxième lecture à l'Assemblée nationale du PLF 2020 est programmée pour mi-décembre.

E. T. Midi Libre
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