Gastronomie

Le Méjane à Espalion, chapitre II

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  • Régine et trois hommes (sansle couffin !), Lionel, Simonet son époux Philippe.Et ci-contre Lionelet Simon qui seront seulsaux manettes en 2020 !	oc
    Régine et trois hommes (sansle couffin !), Lionel, Simonet son époux Philippe.Et ci-contre Lionelet Simon qui seront seulsaux manettes en 2020 ! oc Repro CP / / Repro CP
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Régine et Philippe Caralp tirent leur révérence. Lionel et Simon, tels des fils spirituels, assurent la succession du restaurant. Début des réjouissances en février.

Les belles personnes font de belles rencontres. Et la table est souvent le lieu idoine pour les susciter. C’est la magie (de Noël) qui a opéré entre le couple Caralp et deux amis, Lionel et Simon, pour lui succéder. De façon limpide, évidente, naturelle. " C’est une continuité naturelle ", résume en ce sens Lionel qui arrive du Suquet, à Laguiole, où il fut maître d’hôtel.

Originaire de Normandie, il a aligné les expériences et collectionné les étoiles chez Orsi à Lyon, à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard et donc Michel Bras où il est arrivé dès 1994. Son curriculum vitae témoigne de sa qualité. Avec en prime, l’humanité qui va de pair avec la simplicité. " J’ai eu envie de faire ce métier pour le plaisir qu’on donne aux gens. Je voyais enfant ma maman se faire servir une fois par mois dans un bon restaurant car nous étions une grande famille, et je me suis dit, c’est ça que je veux faire ", raconte-t-il.

L’esprit de la continuité

Et d’ajouter concernant le choix porté sur l’institution gastronomique espalionnaise : " Il y avait l’envie de rester ici et le Méjane est un coup de cœur. On connaît la maison depuis plus de vingt ans. Le but est de continuer ce qu’ils ont fait. " Le nom ne change donc pas. L’esprit non plus. Quelques aménagements seront effectués pour éclaircir le lieu et rappeler le bleu gris de la façade à l’intérieur pour l’ouverture prévue avant la Saint-Valentin. Comme un beau cadeau d’amour offert aux gourmets, aux habitués et aux âmes éprises de curiosité.

Quant à son complice Simon, il s’agit non pas d’un cadeau d’amour mais d’un roman d’amitié. " Une très belle amitié, la vraie. L’association s’est faite naturellement car nous avons la même vision ", confie-t-il. Lui aussi est passé entre les mains de Bras.

En provenance de Charente-Maritime, la gourmandise l’a guidé en cuisine, au point de venir chef pâtissier au Suquet. " Dans la famille, on aimait bien manger plutôt que de regarder la télé ! " Une image savoureuse qui en dit long sur Simon, béret noir sur la tête. L’esprit rugby avec sa troisième mi-temps n’est pas loin… D’ailleurs, ces nombreux amis d’Écosse, d’Irlande et de Suisse, au gré de ses expériences professionnelles, ont promis de goûter au Méjane, chapitre II. Car une page se tourne mais le livre reste le même. L’esprit est identique. Les tarifs comme la carte. " On garde les plats phares de la maison comme les ris, le foie gras poêlé, le poisson, le baba au rhum en amenant notre touche ", précise Simon dont "le plus grand défi est la continuité dans le salé ". Pour y arriver, le cuisinier n’improvise pas avec la potion magique mais proposera des plats de saison avec des produits frais récoltés aux marchés. Ou auprès de producteurs bien intentionnés. " Ce ne sera pas du Bras mais du Simon et Lionel ", prévient-il. " On veut la qualité du Méjane avec forcément nos influences. "

"On est ravis !"

Et cela sied à merveille à Régine et Philippe Caralp qui ont (bien) voulu attendre un an (et même plus) pour signer avec Lionel et Simon. "On est ravis ! ", lancent-ils en chœur. " Pour l’anecdote, quand ils sont venus me voir la première fois, j’ai cru que c’était pour réserver une table. Je ne pensais pas qu’ils étaient intéressés pour reprendre le Méjane ", ajoute Régine. D’autant que le couple n’était pas pressé. Il faut dire que Philippe ne fait pas son âge (bientôt 64 ans) et sa dulcinée non plus !

Du coup, les clients habitués tout comme ceux qui souhaitent goûter pour ne pas mourir idiot (!) s’empressent depuis quelques semaines au Méjane. Le couple ne se met pas la rate au court-bouillon. Histoire de continuer jusqu’au bout à faire les choses bien. Avec la bienveillance et le sens de l’accueil reconnus de Régine. Du goût et des saveurs qui ne manquent pas de sel pour Philippe. Ce dernier, tout aussi attachant et attentionné que son épouse, s’étonne de la réaction des gens pour le Méjane. " Je ne pensais pas que les gens avaient autant d’attachement à la maison. "

L’humilité d’un côté, rassurer de l’autre sur la qualité de leurs successeurs. Cela est déjà gagné. Le Méjane peut dormir tranquille, sur ses deux oreilles, et continuer à respirer avec le même nez. La même saveur. " Il y a eu beaucoup de beaux souvenirs, des rencontres, des demandes en mariage, des amis… C’est une famille ", conclut, ému, Philippe.

Voilà, le Méjane est bien plus qu’une institution. Il est une grande famille qui vient d’adopter Lionel et Simon.

Olivier Courtil
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