Rodez : Agnès et Pierre, véritables pépites du chocolat à l’aveyronnaise

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  • Agnès, Pierre et la petite chienne Ficelle, un trio inséparable.
    Agnès, Pierre et la petite chienne Ficelle, un trio inséparable.
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Agnès et Pierre Prévidente forme un couple fusionnel avec, comme ciment, l’’amour du chocolat et du travail de qualité, désormais reconnu.

Ils sont jeunes. Ils sont beaux. Ils sentent bon le… chocolat chaud… Oui, bon. On va arrêter là les effets un peu faciles pour entrer dans le vif du sujet et évoquer la vie et l’œuvre d’Agnès et Pierre Prévidente. Agnès et Pierre ont plein de choses en commun. Ils sont mariés. Ils sont chocolatiers. Ils sont amoureux, l’un de l’autre, mais aussi du chocolat, de leur métier et de leur condition d’artisans, dont ils font profiter les clients qui passent par la chocolaterie de la place de la Cité, à Rodez.

Rencontre toulousaine

Agnès est née à Montpellier, il y a 37 ans. Pierre est né à Reims, il y a 29 ans. Quelques années plus tard, Agnès a rejoint Toulouse pour préparer et obtenir une licence en histoire et géographie. Quelques années plus tard, Pierre a rejoint Toulouse pour devenir apprenti pâtissier et se spécialiser dans le chocolat.

Peu inspirée par les perspectives d’une carrière dans l’enseignement, Agnès a décidé de changer de voie professionnelle pour se lancer elle aussi dans la pâtisserie et le chocolat. Pourquoi ? Comme ça. Parce qu’elle aimait bien le chocolat. Et ce qui devait arriver arriva. Un beau jour de 2009, la Montpelliéraine (de naissance uniquement tient-elle à préciser) et le Rémois d’origine se rencontrèrent dans une entreprise de pâtisserie de Toulouse. L’histoire d’Agnès et Pierre pouvait alors commencer.

Pourquoi pas ?

Une histoire qui conduisit les deux jeunes gens en Aveyron, en 2013. " À l’époque, racontent-ils, on avait décidé de monter notre propre affaire. C’est en discutant avec mon oncle, précise Agnès, qui était boulanger à Vezins, qu’est née l’idée de venir à Rodez. On s’est dit pourquoi pas ? "

Un simple "pourquoi pas" transformé très vite en petite boutique de chocolats sur la place de la Cité. Un "pourquoi pas" qui, en quelques années, a installé Agnès et Pierre dans le décor sucré ruthénois, aveyronnais et même français.

Reconnaissance nationale

Car voilà un an, le couple de chocolatiers a reçu une récompense de premier choix. Le Club des Croqueurs de Chocolat, association qui regroupe quelques-uns des plus grands spécialistes du chocolat en France, a décerné à Agnès et Pierre l’Award du Coup de Cœur, pour un " travail très soigné des ganaches et des apparences, avec des accords de saveurs très réussis et, au final, un travail excellent ".

Cerise sur le gâteau (en chocolat, ça va de soi), Agnès et Pierre viennent tout juste d’être désignés "Meilleurs des Meilleurs" chocolatiers lors du dernier Salon du Chocolat, à Paris. Rien que ça. Ces récompenses sont tout sauf imméritées ou le fruit du hasard. Car à écouter Agnès et Pierre parler de leur métier, on comprend vite que l’on est en présence de deux passionnés ; des amoureux de la cause chocolat.

" Nous sommes hyperexigeants avec ce que nous faisons, à tous les niveaux, expliquent-ils dans leur labo déjà bien équipé de la zone artisanale de Bel Air. Notre investissement est total. En ce moment, avec les fêtes de fin d’année, on travaille sept jours sur sept, dix heures par jour. C’est éprouvant. Mais bon, être artisans, c’est ça. Et on ne veut pas que ça change, parce que nous sommes de farouches défenseurs de la façon de faire des artisans. "

Artisans militants

Une démarche artisanale qui se traduit par une approche très ciblée et quasi militante du métier. La totalité des produits de base utilisés par Agnès et Pierre est issue de filières qui échappent à une production industrielle. Le cacao vient de plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’Afrique, de Madagascar ou du Vietnam, de producteurs qui respectent la plante cacaoyer, la terre et ceux qui la cultivent.

Il en va obligatoirement de même pour l’ensemble des produits qui viennent agrémenter les chocolats made in Rodez, que l’on parle noisettes, cerises, vanille, framboises, dattes, citrons…

Les carottes de Sandrine

" Avec des produits de merde on ne peut faire que de la merde ", lance Agnès comme un cri du cœur, elle qui dit appliquer dans son quotidien la philosophie qu’elle défend en tant que chocolatier. " Je n’achète que des produits de saison et dont je connais la provenance. Ici, on a la chance de pouvoir s’approvisionner sur des marchés. Par exemple, les carottes que j’achète ce sont des carottes de Sandrine, une maraîchère de Livinhac-le-Haut dont je sais la qualité de la production. Je ne vais jamais acheter des carottes sous vide dans un hypermarché, jamais. Et puis, tant qu’il n’y a pas de tomates chez Sandrine, je n’achète pas de tomates, parce que ça veut dire que ce n’est pas la saison des tomates. C’est tout bête mais c’est comme ça. "

Créations maison

C’est carré (de chocolat ça va de soit) et ça ne rigole pas. Pas plus que ça ne rigole avec le concept de "création maison". Création, le mot est lâché. Car il faut bien comprendre que lorsqu’on croque dans un chocolat Agnès et Pierre, on croque dans de l’original pur jus (façon d’écrire). Les formes, les textures, les goûts, les mélanges de saveurs, tout est original et, en prime, renouvelé chaque année.

Cette partie créative, ce serait plutôt le job d’Agnès, qui avoue aimer dessiner depuis toujours et qui s’est même essayée à la BD, sans prétention aucune. " J’aime bien Tintin ", glisse-t-elle sur un ton presque coupable.

Développement maîtrisé

Avec Christine qui officie en boutique et Cédric en soutien à la production, la petite entreprise d’Agnès et Pierre ne connaît donc pas vraiment la crise. Au contraire, l’activité est assez logiquement en développement, les aspects commerciaux se déclinant aujourd’hui en boutique, mais aussi sur un site internet dont l’audience, nationale, ne cesse d’augmenter.

Pour autant, pas question de s’enflammer. Pour Agnès et Pierre, l’âme artisanale passe et passera toujours avant d’éventuels projets d’extension. D’autant que, comme ils le soulignent, il est très difficile de trouver des apprentis ou des salariés aussi passionnés et investis qu’eux dans la cause chocolatée. " C’est malheureux, mais c’est plus facile de dénicher une bonne machine qu’un employé motivé. "

Alors non, pas de risque, Agnès et Pierre ne se retrouveront jamais chocolat pour avoir répondu aux sirènes d’une expansion trop alléchante.

On y trouve...

Chez Agnès et Pierre, au rayon des créations 100 % originales qui constituent 100 % des produits proposés à la vente, on trouve une trentaine de sortes de bonbons de toutes sortes (et ne dites surtout pas « crottes », la jeune dame risquerait de vous arracher les yeux…). On trouve aussi des barres chocolatées, des tablettes (de chocolat évidemment), des macarons (sucrés et salés), des glaces et des sorbets… Pour les personnes alléchées, renseignements complémentaires au 05 65 78 34 15 (place de la Cité) ou sur le site internet https://agnesetpierre.fr.
 

Des petits cœurs au pays du soleil levant

La récompense décernée avec éclats (de chocolat ça va de soi) par Le Club des Croqueurs de Chocolat a eu des retombées quasi immédiates pour Agnès et Pierre. Et pas n’importe lesquelles. En effet, la production chocolatée du couple ruthénois intéresse désormais les Japonais. Ces derniers, très attentifs au marché du chocolat français, ont directement contacté les chocolatiers aveyronnais par le biais d’un groupe d’acheteurs et de distributeurs. Une délégation japonaise a même fait le déplacement à Rodez pour juger sur pièces de la qualité des produits réalisés par ici. « Ils sont très courtois, mais ils veulent absolument tout savoir sur ce qu’on fait et comment on le fait », racontent Agnès et Pierre. À Rodez, les Japonais ont visité le labo de la zone de Bel Air, la boutique de la place de la Cité, ont goûté et goûté encore la production locale. Et ils ont été conquis. Résultat ? Des cartons de coffrets qui renferment de 4 à 9 chocolats en forme de cœur ont pris la direction de Tokyo et quelques autres villes nippones. Les chocolats d’Agnès et Pierre seront notamment mis à l’honneur en divers points de vente pour la Saint-Valentin, date particulièrement propice à la dégustation de chocolat au Japon. Un voyage au pays du soleil levant n’est pas exclu pour le couple ruthénois. Tout dépendra du succès remporté par les petits cœurs aveyronnais, sachant que les chocolatiers renommés sont considérés comme de vraies vedettes par les amateurs japonais.

François Cayla
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