Les adolescents peu sensibilisés aux notions d'égalités de genre sont plus susceptibles de harceler les femmes

  • Les garçons qui ont dit avoir vu leurs pairs adopter des comportements déplacés envers les femmes présentaient 2 à 5 fois plus de risques d'adopter eux-mêmes divers comportements violents.
    Les garçons qui ont dit avoir vu leurs pairs adopter des comportements déplacés envers les femmes présentaient 2 à 5 fois plus de risques d'adopter eux-mêmes divers comportements violents. AntonioGuillem / Istock
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(Relaxnews) - Une recherche américaine suggère que la clé pour vaincre le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes se trouve dans l'éducation. 

Des chercheurs de la faculté de médecine de l'université de Pittsburgh (États-Unis) ont interrogé 866 garçons âgés entre 13 et 19 ans via un questionnaire remplis de manière anonyme en dehors du cadre scolaire ou hospitalier.

Les auteurs de cette étude parue dans l'American Journal of Preventive Medicine ont recruté les participants à partir de cohortes issues de "Manhood 2.0" et "Coaching Boys into Men", deux programmes éducatifs visant à renforcer des attitudes plus équitables à l'égard des sexes et à inciter les jeunes à intervenir s'ils l'un de leurs pairs fait preuve d'un comportement irrespectueux à l'encontre d'une tierce personne. 

Parmi les 619 adolescents interrogés qui ont déclaré avoir déjà eu un "rendez-vous amoureux", un sur trois a déclaré avoir eu un comportement violent envers une personne qu'il fréquentait au cours des neuf mois précédents.  

Les garçons qui ont vu leurs pairs adopter des comportements verbaux, physiques ou sexuels irrespectueux à l'encontre des femmes (par exemple des remarquées déplacées sur leur corps) présentaient eux-mêmes deux à cinq fois plus de risques d'adopter des attitudes violentes, comme harceler les filles ou se battre avec les autres.

Remettre en question les "normes de genre" sociales

Le harcèlement sexuel, qu'il y ait eu ou non des fréquentations, était également courant chez 485 des répondants, soit 56 %, ayant déclaré avoir adopté un tel comportement. Par ailleurs, 587 des adolescents interrogés ont reconnu avoir déjà été impliqués dans des bagarres physiques ou avoir menacé (voire blessé) quelqu'un avec une arme.

"Cette étude illustre le besoin de stratégies de prévention transversales qui abordent de multiples aspects de la violence chez les jeunes", considère Alison Culyba, professeure adjointe de pédiatrie à la Division de médecine des adolescents et des jeunes adultes de l'Hôpital pour enfants de l'université du Manitoba (Canada), qui a participé à l'étude. 

Une petite minorité des garçons qui ont pris part à l'enquête ont déclaré être davantage sensibilisés aux égalités de genre. Ces derniers étaient moins susceptibles de se livrer à des attitudes homophobes envers leurs pairs, contrairement aux déclarations des trois quarts de leurs camarades interrogés. 

"Le mouvement #MeToo a mis en lumière l'omniprésence de la violence sexuelle et des comportements désobligeants à l'égard des femmes dans notre société. Nos résultats soulignent l'importance du fait d'être témoin de harcèlement sexuel et de violence et l'impact que cela peut avoir sur les garçons adolescents. Nous devons les transformer en une opportunité d'apprendre aux adolescents à remettre en question les normes sociales et les notions de genre sexistes, ainsi qu'à mettre fin aux comportements irrespectueux et nuisibles de leurs pairs", souligne la Dre Elizabeth Miller, autrice principale de la recherche et professeure de pédiatrie à l'université de Pittsburgh.  

Relaxnews
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