Un bâtonnat d’exception pour Me Annabel Montels-Estève

  • Le bâtonnier Montels-Estève cède le bâtonnat,  mercredi 1er janvier. Le bâtonnier Montels-Estève cède le bâtonnat,  mercredi 1er janvier.
    Le bâtonnier Montels-Estève cède le bâtonnat, mercredi 1er janvier. Ph.R. - Reproduction Centre Presse
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Bâtonnier de l’Aveyron durant deux ans, elle a croisé le fer avec la garde des Sceaux et interpellé en direct le président Emmanuel Macron. Deux années "extraordinaires"…

Ce n’est pas souvent que l’on dresse le portrait d’un avocat à l’issue de son mandat de bâtonnier. C’est plutôt un mandat de l’ombre, durant lequel l’avocat assume la mission de représenter et défendre les intérêts des avocats de son barreau, et, in fine, de défendre ceux du justiciable. Mais ce mandat a obligé le bâtonnier Annabel Montels-Estève à sortir de l’ombre. " À l’insu de mon plein gré ", rigole-t-elle.

Bâtonnier de l’un des plus petits barreaux de France et des plus étendus aussi, avec soixante-trois robes noires, elle a été l’avocate d’une profession tout entière. D’abord sur la réforme de la Justice, avec la visite de la Garde des sceaux au tribunal de Rodez, puis sur celle de la retraite, avec une question posée directement au président de la République Emmanuel Macron, lors du débat organisé en octobre dernier à Rodez.

"Pas un avocat de France ne peut désormais ignorer où se trouve l’Aveyron"

Le barreau de Paris, la conférence des bâtonniers et le conseil national des barreaux ont, à plusieurs reprises, eu un œil sur "L’Aveyron". " D’ailleurs, pas un avocat de France ne peut désormais ignorer où se trouve l’Aveyron ", rigole-t-elle encore. " Le barreau de l’Aveyron a la réputation d’être travailleur, d’être force de proposition, et d’être capable de bien se mobiliser ", explique-t-elle. Le mandat plaide pour elle.

" Quand j’ai accepté d’être bâtonnier, j’avais bien pesé ce que cela représentait. Élian Gaudy, à qui je devais succéder, qui a mis la barre haut, m’avait prévenu sur l’investissement que cela nécessitait. " Et à l’heure de se retrouver face au Garde des sceaux ou du président de la République, elle a assumé. Pour un échange très technique avec Nicole Belloubet, face à " une réforme que rien ne justifie qu’elle soit menée au pas de charge ". Pour une question directe à Emmanuel Macron sur le souhait de la profession garder son régime autonome.

Saluée par la profession pour avoir mis les pieds dans le plat, l’avocate n’en regrette pas moins de n’avoir pas pu se défendre après la réponse " un peu méprisante " du président de la République dans l’arène ruthénoise.

" La réforme de la Justice, je m’attendais à ce que cela soit un sujet de la mandature, la réforme des retraites pas du tout ", glisse-t-elle. En riant. Dans un cas comme dans l’autre, comme elle l’aurait fait pour un dossier aussi volumineux et aux enjeux aussi lourd que celui d’un procès d’assises, elle s’est plongée dedans. " Je suis avocate depuis 2002, et la première réforme à laquelle j’ai été confrontée, c’est celle de 2007. Puis en 2010, pour la grande réforme concernant notamment les pôles de l’instruction, c’est mon associé, Me Berger, qui était bâtonnier, une spécialité du cabinet, sourit-elle. Si bien que la justice et son évolution, c’est un peu le quotidien. Mais la retraite, à 40 ans, comme beaucoup, je ne m’y étais jamais vraiment intéressée… Maintenant je crois que je connais bien le dossier. "

Autre particularité de cette mandature, un de ses confrères est l’un des trois députés du département. L’avocat Stéphane Mazars, élu "En marche". " Je trouvais la situation idéale pour la réforme de la justice. Il connaît le sujet mieux que personne. Il était vice-président de la commission des lois. Il avait vécu la réforme de 2010 et ses conséquences. Mais j’ai vite compris que le gouvernement décidait, qu’il n’y avait pas de place pour la concertation… Et je dois avouer qu’au fond, cela m’interpelle. "

Demain, le 1er janvier, elle transmettra le flambeau à Laure Brunel, une autre avocate ruthénoise. Et à l’heure du bilan, Annabel Montels-Estève n’en juge pas moins ces deux années "extraordinaires au sens littéral du terme ". Deux années " enrichissantes ".

"Je suis très fière d’avoir été bâtonnier d’un département rural"

" Je suis très fière d’avoir été bâtonnier d’un département rural. D’avoir représenté au niveau national un engagement fait d’honnêteté et de valeurs. C’était la possibilité de présenter une image autre que rurale. Une image pertinente. De dire que même dans les départements ruraux, les voix comptent. " Elle en a les yeux qui brillent.

Mais pas question de lui parler d’engagement politique. C’est niet. " J’ai été déléguée de classe et ça suffit ", rigole-t-elle. Il est vrai qu’un jour, aussi, dans ses cahiers d’écoliers, elle avait marqué que, quand elle serait plus grande, elle serait avocate. Une profession à laquelle elle est attachée et dont elle est fière. Et dont elle aura défendu les intérêts jusqu’au bout.

Philippe Routhe
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