Minaudier-Vayssade : "Chacun de nous a les moyens de faire quelque chose de bien"

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  • Florent Vayssade et Loïc Minaudier espèrent cette année encore rallier l’arrivée sans trop de dommages. Le plus près possible du Top 10 de ce Dakar 2020.
    Florent Vayssade et Loïc Minaudier espèrent cette année encore rallier l’arrivée sans trop de dommages. Le plus près possible du Top 10 de ce Dakar 2020. Repro CPA
  • Les trois motards aveyronnais du Dakar vont devoir déjouer les nombreux pièges de cette édition 2020 qui s’annonce particulièrement technique.
    Les trois motards aveyronnais du Dakar vont devoir déjouer les nombreux pièges de cette édition 2020 qui s’annonce particulièrement technique. Repro CPA
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A Djedda, capitale de l’Arabie Saoudite, ils prennnent ce dimanche 5 janvier, avec deux autres Aveyronnais, le départ de l’édition 2020 du Dakar. Interview croisée de Loïc Minaudier et Florent Vayssade, deux "dingues" d’enduro qui se lancent pour la 4e et 5e fois dans l’une des courses les plus exigeantes du rallye-raid.

Pour commencer, parlez-nous de vos parcours respectifs.
Loïc Minaudier : J’ai débuté la moto à l’âge de 4 ans. Un premier tour de roue avec Richard Sainct que j’admire toujours énormément. Une première compétition à l’âge de 6 ans. J’ai toujours baigné dans ce sport. A 16 ans, je me suis lancé en compétition. D’abord au niveau national, puis européen, mondial. Puis je me suis lancé en rallye-raid.

Florent Vayssade : Moi je suis arrivé sur le tard à la moto. A 28 ans. Jusque-là j’étais plutôt mordu de kayak. J’ai participé aux championnats du monde de free style avec l’équipe de France. Avant de lâcher la compétition. Puis j’ai assisté à la Classic Aveyronnaise. C’était parti ! Deux mois après, je participais à ma première course.

Vous serez l’un et l’autre au départ du Dakar, dans un nouveau pays. En quoi votre préparation a-t-elle été différente cette année ?
LM : Tout change. Nouveau pays, nouvelle course, nouvelle réglementation.. Tout est nouveau, sauf le défi qui reste pour moi le même : tenir 15 jours sur sa moto, se surpasser dans des conditions délicates. Mais comme l’an passé, j’ai travaillé le volet navigation qui s’annonce encore plus complexe dans un pays encore plus grand.

L’organisation a décidé cette année de dévoiler le "road book" 15 minutes avant le départ. Un moyen pour vous de briller ?
FV : Cela va lisser le niveau effectivement. Jusqu’alors, on connaissait le parcours des étapes la veille au soir. Ce qui permettait aux grosses équipes, aux pilotes professionnels de l’étudier en détail avec des "map man". Cette année, on sera tous à la même enseigne. On devra tous interpréter le roadbook en roulant. Cette nouvelle réglementation permet de remettre un peu plus d’égalité dans tout ça.

LM : Les pilotes d’usine et les amateurs seront sur un pied d’égalité. C’est une bonne chose. ça donne une motivation supplémentaire, une envie de faire plus, mieux, de pousser encore plus loin l’entraînement. Jusqu’à maintenant, notre niveau de pilotage conditionnait en quelque sorte notre résultat, notre classement final. Aujourd’hui avec une navigation plus pointue, la donne change et nous donne les moyens de faire quelques coups d’éclat..

Florent, vous partez sans assistance cette année dans la catégorie des "malles moto". Sans équipe pour assurer l’entretien ou la réparation de votre moto. Un sacré défi.
FV : C’est sans doute plus compliqué oui, mais c’est comme on dit le Dakar à l’ancienne, avec une malle, une tente à côté. J’avais envie de quelque chose de nouveau : refaire le Dakar pour le refaire, pour un compétiteur comme moi, c’était bof ! Sans ça, je n’aurais sans doute pas pris le départ cette année. Déjà du point de vue du budget.

Vous devez donc assurer vous-même l’entretien ?
FM : C’est l’idée. Sans compter d’éventuels pépins, je pars pour au moins une heure de mécanique tous les soirs, probablement de nuit, avec des températures négatives ou pas loin. Mais j’ai bien travaillé cet aspect pendant ma préparation. Avec le mécanicien qui m’a accompagné l’an passé, on a passé pas mal de temps à démonter, monter, remonter la moto.

Vous partez aussi avec Loïc Minaudier et Lionel Costes. C’est important de retrouver des connaissances sur le Dakar ?
FV : On s’appelle régulièrement tous les trois. Ça va être top ! Le soir, ça te rythme la soirée. Donc oui, c’est plutôt agréable ! Avec Loïc, on avait pas mal roulé ensemble l’an dernier. Ça resserre évidemment les liens. Je connais aussi très bien Lionel qui se lance pour la première fois sur un Dakar.

C’est un gros défi. Dans un nouveau pays. Je sais qu’il est un peu diminué, mais j’espère que ça va tenir pour lui.
LM : Partir avec des potes, Aveyronnais, partager ensemble cette nouvelle aventure, les bons comme les moments plus difficiles – il y en pas mal aussi – c’est incroyable, magique ! On a tous beaucoup travaillé pour être là, traversé des moments de doute, d’incertitude, enchaîné les entraînements… Mais on a aussi tous très hâte de lever ces derniers doutes, de prendre le départ… Et j’espère du fond du cœur que les trois Aveyronnais seront ensemble à l’arrivée, main dans la main.

Vous avez souvent roulé ensemble sur les pistes d’Amérique du Sud. Vous vous connaissez donc très bien. Florent, quelles sont les qualités de Loïc ?
Son véritable atout c’est la navigation et cette année, c’est véritablement sur ça qu’il va pouvoir titiller les meilleurs. Il a déjà une belle expérience de la navigation. Il est souvent copilote en auto, donc les roadbooks il en a lu en paquet. Donc, il peut vraiment tirer son épingle de jeu. Il a une très belle carte à jouer.

À votre tour Loïc : quelles sont les qualités de Florent ?
Athlétiquement, Florent c’est l’homme parfait (rires). Il est rempli de muscles ! J’aimerais bien lui en piquer quelques-uns d’ailleurs (rires). C’est un solide, un puncheur, un combattant, mentalement très fort. Je sais qu’il ne lâchera rien. A mon sens, il a largement le niveau de s’imposer dans cette catégorie.

Dans la catégorie des malles moto, celles des "poireaux" comme on les appelle ?
Moi j’appelle ça la catégorie des fous ! Je lui tire d’ailleurs mon chapeau mais je sais qu’il va y arriver ! S’il fait tout avec sa tête, je sais qu’il va se bagarrer avec moi de la même façon !

Vous figuriez l’an dernier dans le TOP 30 (23e pour Loïc et 28e pour Florent) quelle est votre ambition cette année ?
LM : J’ai changé d’équipe. Une opportunité : nous aurons un camion d’assistance pour nous deux seulement. C’est un plus. Côté résultat, j’espère un Top 20. Franchement, si j’arrive à réaliser ça pour ma 5e participation, ce serait déjà fabuleux pour un amateur. Parce que malgré tout, il y a des pilotes d’usine, des pilotes qu’on ne peut pas dépasser, le matériel ayant ses limites. Mais je sais que j’aurais l’opportunité de tenter des coups d’éclat. J’y crois ! Mais ce n’est pas simple (rires).

FV : Disons que l’an dernier, avec ma position à l’arrivée, j’aurais pu gagner la catégorie. Mais c’était l’an dernier, et j’avais encore une assistance ! Donc cette année, ça risque d’être un peu différent. Je vais retrouver Benjamin Melot avec qui je partageais l’assistance l’an dernier. Il part comme moi, en "malle moto". C’est mon principal concurrent, sachant qu’il roule un peu mieux que moi… C’est aussi un bon copain ce serait donc sympa de batailler avec lui dans la bonne humeur. Mais si je pouvais aller chercher ce podium… C’est l’objectif mais la route est longue !

Propos recueillis par Aurélien Delbouis
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