"L'Adieu": le choc des cultures sous l'angle sino-américain

  • "L'Adieu" de Lulu Wang sort ce mercredi en salles
    "L'Adieu" de Lulu Wang sort ce mercredi en salles Courtesy of SND / Courtesy of SND
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(AFP) - C'est l'un des films remarqués de 2019 aux Etats-Unis: avec "L'Adieu", en salles mercredi, la réalisatrice sino-américaine Lulu Wang signe une chronique familiale sur le choc des cultures, à travers l'histoire d'une grand-mère chinoise atteinte d'un cancer incurable, à qui sa famille cache la vérité.

Découvert au Festival de Sundance, et deux fois nommé aux Golden Globes - dans la catégorie meilleure actrice pour son interprète principale et dans celle du meilleur film étranger -, "L'Adieu" ("The Farewell") est inspiré de la vraie histoire de la réalisatrice de 36 ans, née en Chine avant de venir vivre aux Etats-Unis à l'âge de 6 ans. "L'Adieu" est son deuxième long métrage après "Posthumous".

Alliant comédie et drame, cette production américaine - que Lulu Wang raconte avoir eu du mal à financer car le film était essentiellement en chinois et ne comportait pas de personnage central blanc - suit Billi, une jeune sino-américaine qui a émigré avec ses parents aux Etats-Unis.

Billi, incarnée par la rappeuse Awkwafina, apprend que sa grand-mère chinoise, à laquelle elle est très attachée, est condamnée par la maladie. Sa famille décide de lui cacher la vérité, selon la tradition chinoise, et de prendre prétexte du mariage de son petit-fils pour tous se réunir autour de cette grand-mère, un mensonge pesant pour Billi.

"La plupart des films qui abordent les secrets et mensonges familiaux suggèrent que dire la vérité produit un formidable effet cathartique. Je tenais à aller à l'encontre de ce postulat dans +L'Adieu+", explique la réalisatrice dans les notes de production du film.

"A mes yeux, il s'agit d'une histoire sur les +langages de l'amour+, autrement dit sur nos différentes manières d'exprimer notre amour en fonction de notre culture et de notre personnalité. Le film montre aussi que ces différences peuvent générer beaucoup de malentendus au sein des familles", ajoute-t-elle.

Alors que le film a été bien accueilli aux Etats-Unis, le réalisateur de "Parasite" Bong Joon-ho a notamment regretté qu'il ne soit nommé aux Golden Globes que dans la catégorie du meilleur film étranger, et pas celle du meilleur film. Cette année encore, les Golden Globes ont été critiqués pour n'avoir sélectionné aucune femme dans la liste des réalisateurs.

En 2018, le film "Crazy Rich Asians", dans lequel jouait déjà Awkwafina (de son vrai nom Nora Lum, également vue dans "Ocean's 8" et "Jumanji: Next Level"), premier film d'un studio hollywoodien avec une distribution presque intégralement asiatique depuis les années 90, avait connu un grand succès outre-Atlantique.

Relaxnews
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