Un Aveyron modéré dans une région "alcoolisée"

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  • En 2017, d’après l’enquête de Santé publique France, 33 % des adultes d’Occitanie avouaient une consommation hebdomadaire d’alcool.
    En 2017, d’après l’enquête de Santé publique France, 33 % des adultes d’Occitanie avouaient une consommation hebdomadaire d’alcool. Archives JAT / Archives JAT
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L’enquête de Santé publique France sur les habitudes de consommation d’alcool des Français révèle que l’Occitanie est l’une des régions où la consommation est la plus élevée. À Decazeville, l’association Vie Libre épaule les personnes en difficulté avec ce qui peut devenir une addiction, une maladie.

L’Occitanie est l’une des régions où la consommation d’alcool est la plus élevée en France.

En 2017, d’après l’enquête menée par Santé publique France, chez les 18-75 ans, 12,6 % des adultes déclaraient consommer de l’alcool tous les jours et 33 % en boire de façon hebdomadaire. Et ces habitudes ont un impact sur la santé (lire chiffres ci-contre). Ainsi, il est recommandé de ne pas boire plus de 10 verres standard par semaine, de ne pas consommer plus de deux verres standard par jour et d’avoir des jours dans la semaine sans consommation.

Dans le détail, l’enquête de Santé publique France, se penche sur le taux de passage aux services des urgences des hôpitaux en lien direct avec l’alcool : chez les femmes ce taux est de 0,22 % ; chez les hommes 0,53 %. Des chiffres aveyronnais largement inférieurs à la moyenne nationale et régionale.

Selon d’autres données l’Aveyron se présente comme le "bon élève" de la consommation d’alcool en Occitanie. Et d’après le président de l’association Vie Libre, à Decazeville, Roger Conquet, "la situation n’est pas pire qu’ailleurs". "L’alcoolisme est considéré comme une maladie avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Et l’Aveyron n’est pas épargné", poursuit-il. "Les jeunes sont particulièrement concernés par la consommation excessive, affirme le responsable de l’association. Ils sont très vulnérables."

D’après Santé publique France, 89,5 % des jeunes de moins de 17 ans, en 2017, avaient déjà consommé de l’alcool au moins une fois dans leur vie et 18,7 % ont consommé six verres ou plus en une seule occasion au moins trois fois par mois. Des chiffres nettement supérieurs à ceux des autres régions métropolitaines.

Les filles consomment de plus en plus d’alcool

"Nous intervenons régulièrement au sein des établissements scolaires du département ", souligne Roger Conquet qui se rend dans une dizaine de classes chaque année avec les autres membres de l’association Vie Libre.

Santé publique France note une consommation "d’alcool festive élevée chez les jeunes avec des alcoolisations ponctuelles et une expérimentation des drogues illicites stables". "Des consommations de plus en plus fréquentes chez les filles", précise le Dr Ivan Théis, responsable du pôle prévention et promotion de la santé à l’ARS (Agence régionale de santé) Occitanie.

Au-delà des chiffres, la réalité "est parfois terrible". " C’est une véritable drogue. On peut tout perdre : sa famille, son travail, toute vie sociale, explique Roger Conquet. En général, quand les gens choisissent de nous appeler, ils sont déjà tombés bien bas."

"Il faut énormément de volonté pour s’en sortir, poursuit le président de Vie Libre. Il faut être assidu aux réunions, exprimé une véritable envie de s’en sortir. Et bien souvent, ceux qui sont tombés dans l’alcoolisme ne s’en rendent compte que trop tard."

 

“L’Occitanie est également une des régions de France où les usages réguliers d’alcool sont parmi les plus élevés […] deux phénomènes ont été repérés : des consommations de plus en plus fréquentes chez les jeunes filles et une tendance marquée à des consommations ponctuelles excessives qui conduisent à l’ivresse et aux prises de risque. »
Dr Ivan Théis, responsable du pôle prévention et promotion de la santé à l’ARS (Agence régionale de santé) Occitanie.
 

 

En chiffres

3,3 et 13,6 %  Respectivement pour les femmes et les hommes le taux d’incidence des cancers des lèvres, de la bouche et du pharynx en Aveyron, lié à la consommation d’alcool. Le Département se situe bien deçà de la moyenne métropolitaine et régionale.
0,8 pour les femmes et 4,1 % pour les hommes de taux de mortalité par cancer de l’œsophage, pour la période 2007-2014, en Aveyron. En France, la moyenne est de 1 % pour les femmes et de 5,2 pour les hommes.
0,1 pour les femmes et 1,4 % pour les hommes de taux de mortalité par cancer du larynx en Aveyron. Là encore, des pourcentages inférieurs aux moyennes nationales et régionales.
 

Une hausse des contrôles d’alcoolémie sur la route en 2019

Les forces de police ont choisi d’adapter leurs contrôles en fonction des facteurs d’accidentologie dans le département. Ainsi, en 2019, le nombre de contrôles des forces de l’ordre concernant l’alcoolémie a été augmenté. Ils ont significativement cru, de l’ordre de 11 %, en Aveyron.
Même si les chiffres officiels n’ont pas été encore présentés, une tendance se dessine : les contraventions, pour un taux d’alcool compris entre 0,50 et 0,80 gramme d’alcool dans le sang, sont en augmentation.
Aussi, le nombre de délits pour des infractions avec un taux supérieur à 0,80 gramme d’alcool dans le sang est également en hausse.

 

Philippe Henry
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