Municipales 2020

Aveyron : mais où sont donc passées les femmes politiques?

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  • Monique Boiché, Campouriez,mairesse la plus âgée de l’Aveyron du haut de ses 81 ans.
    Monique Boiché, Campouriez,mairesse la plus âgée de l’Aveyron du haut de ses 81 ans. Crédit p. : Martine Segard / / Crédit p. : Martine Segard
  • Fernande Singer, Arnac-sur-Dourdou, mairesse de la plus petite commune : 34 habitants.
    Fernande Singer, Arnac-sur-Dourdou, mairesse de la plus petite commune : 34 habitants. Crédit p. : Maxime Cohen / / Crédit p. : Maxime Cohen
  • Magali Bessaou, La Loubière,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants.
    Magali Bessaou, La Loubière,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants. Crédit p. : J.A. Torres / / Crédit p. : J.A. Torres
  • Sylvie Lopez, Olemps,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants ;
    Sylvie Lopez, Olemps,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants ; Crédit p. : J.A. Torres / / Crédit p. : J.A. Torres
  • Florence Cayla, Sébazac-Concourès, mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants.
    Florence Cayla, Sébazac-Concourès, mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants. Crédit p. : J.A . Torres / / Crédit p. : J.A . Torres
  • Anne Gaben-Toutant, Marcillac-Vallon, mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants.
    Anne Gaben-Toutant, Marcillac-Vallon, mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants. Crédit p. : Repro CPR / / Crédit p. : Repro CPR
  • Karine Clément, Naucelle,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants.
    Karine Clément, Naucelle,mairesse d’une commune de plus de 1 000 habitants. Crédit p. : Paulo Dos Santos / / Crédit p. : Paulo Dos Santos
  • Danièle Vergonnier, La Cresse,mairesse dont le mandat est l’un des plus anciens : depuis 1995.
    Danièle Vergonnier, La Cresse,mairesse dont le mandat est l’un des plus anciens : depuis 1995. Repro CP / / Repro CP
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Les femmes peinent à se faire une place dans le paysage politique aveyronnais. Voici un petit bilan à deux mois des élections municipales.

Le constat n’est pas glorieux : seules 32 femmes occupent un fauteuil de maire en Aveyron, sur 285 communes. Le nombre a d’ailleurs légèrement baissé depuis les élections de 2014 du fait de la création des nouvelles communes (loi NOTRe) et d’une démission. La place des femmes dans la politique fait partie des inégalités qu’elles subissent au quotidien, avec, évidemment, les inégalités de salaires, de types de contrats de travail et dans le partage des tâches. Il est important de rappeler que les femmes n’ont le droit de vote et d’être éligible que depuis le 21 avril 1944. Et le chemin vers une réelle égalité entre les femmes et les hommes, que ce soit en politique ou dans les autres domaines, est encore long.

Pourquoi si peu de femmes ?

Même si les mentalités évoluent, les relents sexistes du patriarcat sont toujours bien ancrés dans notre société. Et ce jusqu’à faire douter les femmes elles-mêmes. "Avant de s’engager en politique, la plupart des femmes se demandent " Suis-je vraiment compétente pour ce poste ? ". Question que les hommes ne se posent pas tant ils ne doutent pas de leur légitimité ", souligne Florence Cayla, mairesse de Sébazac-Concourès.

En plus d’appréhender et de remettre en cause leurs compétences, les potentielles candidates subissent une double pression : celle du travail et celle de la charge familiale. " Concilier vie de famille, travail et rôle de maire n’est pas facile. Et cela prend du temps de gagner en crédit aux yeux de tous ", ajoute Florence Cayla.

La question du regard extérieur n’est pas négligeable. Les femmes ont de lourdes charges sur les épaules. "La reconnaissance est un moteur. Lorsque l’on est confortée d’avoir des compétences et reconnue pour ça, on s’engage ", confirme Corinne Labit, ancienne adjointe et candidate à la mairie de Salles-Curan. Comme si, en 2020, les femmes devaient encore prouver qu’elles ont autant de compétences qu’un homme pour diriger une commune.

Vers une égalité des chances

Avec ses 11,22 % de femmes maires, l’Aveyron fait encore moins bien que la moyenne nationale qui atteint à peine les 16 %. Et même lorsqu’elles occupent la tête d’une commune, les responsabilités ne sont pas équivalentes : seulement cinq d’entre elles sont mairesses d’une ville de plus de 1 000 habitants. Peut-être que la parité pourrait être un tremplin qui encouragerait les femmes à s’engager en politique.

C’est dans cette idée que vingt-et-un députés ont déposé, le 20 mars 2019, une proposition de loi visant à renforcer la parité à l’échelle locale. Ce projet élargirait la parité aux communes de moins de 1 000 habitants, qui, notons-le, représentent les trois quarts des communes en France. "On est dans un département rural. C’est déjà compliqué de monter des listes, alors ça l’est encore plus avec la parité. Les femmes n’ont pas envie de s’engager ", observe Jean-Louis Grimal, maire de Curan et président de l’Association des maires de l’Aveyron.

Malgré la difficulté causée par cette obligation, la réticence de certains hommes à partager le pouvoir pose la question d’une solution alternative. "La parité est, selon moi, indispensable. C’est un premier pas. Et avec le temps, les femmes seront reconnues pour ce qu’elles apportent en tant que maire : une empathie que les hommes n’ont pas forcément ", précise Corinne Labit.

En chiffres

  • 32 le nombre de femmes maires en Aveyron à ce jour, sur 285 communes.
  • 37,7 En Occitanie, les femmes représentent seulement 39 % des conseillers municipaux toutes fonctions confondues (maires, adjoints,…) Et ce chiffre est encore plus bas en Aveyron : 37,7 % de femmes.
  • Seules 5 mairesses sont à la tête d’une commune de plus de 1 000 habitants en Aveyron. Le tout sur un total de 61 communes (56 en 2014).
  • 224 soit le nombre de communes comptant moins de 1 000 habitants dans le département. 27 d’entre elles sont administrées par des mairesses.
  • 28 des 32 mairesses aveyronnaises sont les premières à occuper le poste dans leurs communes.

 

La parité : où, quand, comment ?

La parité, ce n’est pas compliqué. La loi réclame que, sur une liste électorale, l’écart entre le nombre de femmes et d’hommes soit inférieur à un. Et il n’y a aucune obligation sur une différence de genre entre un(e) maire (sse) et sa ou son premier(e) adjoint(e). Lors de sa première application, aux municipales de 2008, cette règle ne s’appliquait qu’aux communes de plus de 3 500 habitants. Depuis 2014, la parité a été abaissée aux communes de plus de 1 000 habitants. En France, les communes de moins de 1 000 habitants représentent 72,1 % des communes. La majorité des communes françaises n’ont donc pas d’obligation à se soumettre à la parité hommes-femmes.

 

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