Harcèlement sexuel : les femmes qui occupent des postes à responsabilités sont davantage exposées

  • Selon l'étude, les participantes ont subi entre 30% et 100% plus de harcèlement sexuel que les autres employées. Ces observations se vérifient à la fois aux États-Unis, au Japon et en Suède.
    Selon l'étude, les participantes ont subi entre 30% et 100% plus de harcèlement sexuel que les autres employées. Ces observations se vérifient à la fois aux États-Unis, au Japon et en Suède. fizkes / Istock / fizkes / Istock
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(Relaxnews) - Des chercheurs suédois ont réalisé une étude sur le harcèlement sexuel subi au travail, basé sur des réponses de femmes originaires des Etats-Unis, du Japon et de Suède. Bien que les participantes proviennent de trois pays aux politiques et aux cultures différentes en matière d'égalité entre les sexes, la recherche montre que les femmes sont fortement sujettes au harcèlement sexuel, en particulier celles qui occupent des postes à responsabilités. 

Dans le monde du travail, le harcèlement sexuel à l'encontre des femmes fait rage. Est considéré comme harcèlement sexuel tout propos, geste, attitude et/ou toute forme de pression morale et physique (humiliation, chantage) à connotation sexuelle exercé par un individu à l'encontre d'une tierce personne.

En France, près d'une femme sur trois (32%) déclare avoir été confrontée à au moins une situation de harcèlement sexuel sur son lieu de travail au cours de sa carrière, selon une étude Ifop 2018. Mais ce fléau s'étend malheureusement à l'échelle mondiale. Une nouvelle recherche publiée dans la revue Dædalus et compilant deux études réalisées aux Etats-Unis, au Japon et en Suède, le confirme.

La première étude a été réalisée à partir d'un questionnaire en ligne soumis en 2019 à un échantillon de femmes originaires des Etats-Unis (1.573) et du Japon (1.573), dont 63% et 17% qui occupaient respectivement des postes à responsabilités. L'objectif était de déterminer si ces femmes avaient subi des situations de harcèlement sexuel dans le cadre du travail au cours des 12 derniers mois précédant l'enquête. 

La deuxième étude repose sur les données d'une enquête suédoise réunissant cinq sessions réalisées tous les deux ans entre 1999 et 2007 et incluant un échantillon de 23 994 femmes. Au-delà des questions propres à la nature et au contexte du harcèlement sexuel subi, les participantes ont été interrogées sur l'identité de leur(s) harceleur(s) et sur la manière dont elles ont affronté la situation, ainsi que sur les répercussions sur leur vie sociale et professionnelle de cette épreuve.  

Plus le poste est élevé, plus le risque de harcèlement sexuel est important

Premier constat de l'étude : les femmes placées haut dans la hiérarchie de leur entreprise étaient les plus susceptibles de subir du harcèlement sexuel, surtout lorsque la majorité de leurs subordonnés était composée d'hommes. Selon les analyses présentées ici, les participantes ont subi entre 30% et 100% plus de harcèlement sexuel que les autres employées.

Ces observations se vérifient à la fois aux États-Unis, au Japon et en Suède, trois pays où les normes et les niveaux d'égalité des sexes sur le marché du travail sont pourtant différents. L'étude montre aussi que plus la position hiérarchique est élevée, plus l'exposition au harcèlement sexuel est forte pour les femmes, bien que les risques demeurent importants pour l'ensemble des postes à responsabilité occupés par des femmes, notent les chercheurs. 

"Le harcèlement sexuel signifie que l'évolution professionnelle des femmes a "un coût" plus élevé que celui des hommes, surtout dans les industries et les entreprises à prédominance masculine. Les données d'enquête supplémentaires provenant des États-Unis et du Japon ont montré que le harcèlement chez les femmes managers était non seulement plus fréquent que chez les employées, mais qu'il était également suivi de conséquences professionnelles et sociales négatives, comme le fait de manquer des promotions ou des formations", déplore Olle Folke, chercheuse à l'université d'Uppsala (Suède) et co-autrice de l'étude.

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