Rodez : le prévôt Ruben, nouvel homme à tout faire des Compagnons du Devoir

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  •  Ruben Van Renterghem, prévôt.
    Ruben Van Renterghem, prévôt. Centre Presse / Rachid Benarab / Centre Presse
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Arrivé en septembre à la tête de la Maison de Rodez, ce menuisier belge âgé de 23 ans s’est fixé l’objectif de permettre à tous les jeunes d’apprendre un métier dans un esprit de partage et d’ouverture.

Les voyages forment la jeunesse. On pourrait rajouter : le compagnonnage aussi. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller faire un tour ce week-end à l’hôtel Delauro, chez les Compagnons du Devoir et du tour de France, impasse Cambon, à Rodez. Et cela tombe plutôt bien puisqu’une grande partie des 80 apprentis en formation à la Maison de Rodez, seront présents pour animer des ateliers, mais aussi guider et informer les visiteurs sur les différents métiers – une trentaine – enseignés sur place. Des portes ouvertes synonymes de grande première pour le prévôt des lieux, Ruben Van Renterghem. Du moins, en tant qu’organisateur, car lors de son compagnonnage de 6 ans, il a eu maintes fois l’occasion d’y participer pour tenter de transmettre aux visiteurs sa passion de la menuiserie. "C’est le plus beau métier du monde", estime Ruben Van Renterghem. Ce jeune Belge âgé de 23 ans a pris les rênes de la Maison de Rodez en septembre dernier.

Un tour de France de 6 ans

À son poste, il supervise tout, du budget de fonctionnement de l’association à la formation des 80 jeunes inscrits à Rodez, dont 12 filles. Des responsabilités qui sont loin d’effrayer le prévôt ruthénois. Il faut dire que malgré son jeune âge, le prévôt est déjà titulaire d’une solide expérience. Inscrit en CAP menuiserie à 15 ans, il décroche son diplôme deux ans plus tard, puis rejoint les Compagnons du Devoir afin de se lancer dans un tour de France de 6 ans. De ville en ville et d’entreprise en entreprise, il se perfectionne dans son métier, réalise son œuvre et devient Compagnon du devoir.

À la tête de la Maison de Rodez pour 3 ans, il s’est fixé l’objectif de "servir les jeunes et leur permettre d’apprendre un métier dans un esprit de partage et d’ouverture ". Et même si durant sa prévôté de 3 ans, il devra, faute de temps, mettre son métier de menuisier de côté, Ruben Van Renterghem s’est aussi fixé l’objectif d’entretenir le patrimoine de cette bâtisse. "Comme des générations de compagnons l’ont fait avant moi", explique le prévôt devant les représentations de l’hôtel Delauro tel qu’il était dans les années quatre-vingt.

Dix-sept formations

"Lorsque l’association des Compagnons du Devoir l’a récupéré pour s’y installer, cette bâtisse du XVIe siècle était à l’abandon et menaçait ruine, indique-t-il. Ce sont les compagnons qui l’ont entièrement restauré, entre 1983 et 1990, en dehors de leur temps de travail. Aujourd’hui, il serait difficile d’entreprendre un tel chantier. Alors je vais me contenter des petits travaux d’entretien", ajoute le jeune belge dans un sourire. Pour mémoire, sur la trentaine de formations proposées par les Compagnons, 17 sont dispensées actuellement dans l’Aveyron : charpentier, menuisier, tailleurs de pierre, mécanique, maçonnerie, métallerie, couverture zinguerie, peinture, maroquinerie, ébénisterie, boulangerie, pâtisseries, plomberie, chaudronnerie, cordonnerie, électrotechnique, mécanique de précision.

Dans le cadre des portes ouvertes qui se déroulent tout ce week-end, la journée de ce vendredi sera exclusivement réservée aux scolaires. Une centaine d’élèves sont attendus.

Contact : 6, impasse Cambon à Rodez, 05 65 68 03 32 ou compagnons-du-devoir.com/la-maison-de-rodez

En chiffres

  • 10 000 jeunes sont formés chaque année par les Compagnons en France.
  • 1982, année de l’installation des Compagnons aveyronnais dans leur maison de l’impasse Cambon, à l’initiative notamment du Compagnon Dominque Vermorel.
  • 1941, année d création de l’association des Compagnons du devoir, dont les premières traces écrites remontent cependant à l’année 1416.
  • 58 maisons de compagnons à travers la France.
  • 80 compagnons dans l’Aveyron dont 12 femmes.
  • 90 % des jeunes trouvent un emploi à l’issue de leur tour de France et souvent en tant que responsable.
  • 30 formations sont dispensées par les Compagnons du devoir, dont 17 en Aveyron.

 

Maxime Pleinevaux.
Maxime Pleinevaux. - Repro CP -

Maxime Pleinevaux, aspirant compagnon de la maison de Rodez

À 23 ans, Maxime fait le Tour de France… sur les toits. Originaire de Belgique, cet aspirant couvreur est arrivé en septembre à la maison des Compagnons du Devoir de Rodez. Depuis la fin de son apprentissage, il y a un peu moins de deux ans, il parcourt la France comme le font tous les aspirants Compagnons.

Des débuts en Belgique... C’est lors des portes ouvertes des Compagnons du Devoir, à Paris, que Maxime découvre le métier de couvreur. "Je savais que le schéma classique des grandes écoles n’était pas fait pour moi. Je voulais faire quelque chose de plus pratique, travailler avec mes mains et en équipe ", explique-t-il. Une fois le secondaire terminé, à 18 ans, il entame une formation de couvreur dans un établissement bruxellois. En parallèle de son travail, tous les soirs de 20 h à 22 h, ainsi que le samedi, le jeune artisan suit les cours donnés par les Compagnons. "Ce n’est pas facile quand on travaille toute la journée d’enchaîner avec des cours, mais il y avait un vrai esprit d’entraide ", argumente le jeune homme.

...Puis un Tour de France. Après trois ans d’apprentissage, Maxime se lance dans son Tour de France. Une année se découpe en deux : sept mois d’hiver et cinq mois d’été. Et le jeune professionnel change de ville et d’entreprise à chaque période. Il commence alors son périple en 2018, à Cholet, où il reste pendant sept mois. Maxime rejoint ensuite la Bretagne, et travaille cinq mois à Brest. Et en septembre dernier, il s’installe à Mende pour exercer son métier de couvreur au sein d’une entreprise ispagnacoise, tout en étant affilié à la maison des Compagnons de Rodez.

Pour le jeune artisan, les Compagnons du Devoir sont une "école de la vie". Les notions de solidarité et d’équipe sont des piliers de la formation. "Je ne rentre chez moi, en Belgique, que tous les six mois. Ce n’est pas tous les jours facile. Alors je suis heureux d’être bien entouré et soutenu. C’est aussi ça les Compagnons ", conclut Maxime.

JDM
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