Rap: Maes, ses amis, ses amours, ses emmerdes

  • Maes assume ses influences variété - un professeur de musique à l'école lui a fait découvrir un pan de ce répertoire - mais son flow charrie aussi le langage de la rue, brut et cru.
    Maes assume ses influences variété - un professeur de musique à l'école lui a fait découvrir un pan de ce répertoire - mais son flow charrie aussi le langage de la rue, brut et cru. Christophe ARCHAMBAULT / AFP / Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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(AFP) - Maes n'est pas un rappeur comme les autres: incarnation de la relève, cet artiste passé derrière les barreaux qui compte trois poids-lourds hexagonaux sur son deuxième album - Booba, Jul et Ninho - cite volontiers Charles Aznavour.

"Mes amis, mes amours, mes emmerdes", fuse dans un des titres de son second opus, "Les derniers salopards", qui sort vendredi. Ce n'est pas une pose : à 25 ans le rappeur issu de Sevran (Seine-Saint-Denis) place Aznavour ou Daniel Balavoine dans ses playlists et les chantonne sans problème quand on l'y invite.

"C'est le représentant d'un rap décomplexé, qui lorgne du côté de la chanson française: on a très clairement franchi un cap, on n'est plus obligés de copier le gangsta rap US", commente pour l'AFP Olivier Cachin, journaliste spécialiste du hip-hop.

Maes assume ses influences variété - un professeur de musique à l'école lui a fait découvrir un pan de ce répertoire - mais son flow charrie aussi le langage de la rue, brut et cru.

"Il a cette crédibilité du mec de quartier, il a fait de la prison, et il a la validation d'un aîné comme Booba", poursuit Olivier Cachin, auteur de la biographie "Suprême NTM" (éditions Michel Lafon).

- "Comme une éponge" -
L'écriture de Maes crépite d'histoires de deals de drogue plus vraies que nature. "Je ne vais pas me dire que ça me plaît (d'écrire là dessus), mais je suis comme un éponge - si tu m'asperges d'encre, je vais sortir de l'encre", expose-t-il à l'AFP. "Dans mon environnement, il y avait de la drogue, des meurtres, des seringues par terre, quand je sortais du collège, des clients (acheteurs de drogue) faisaient des overdoses devant moi, je sors ce que j'ai vu et vécu".

Lucide, il sait que cette "street crédibilité" le sert dans la sphère rap. Mais ne se vante pas d'avoir fait de la prison - "18 mois de perdus" - et n'en dévoile pas les raisons, le mot "bêtises" revient dans ses interviews.

"La peine s'est très bien passée, j'ai des amis là-bas, je suis encore en contact avec eux, ils me donnent de la force comme jamais", glisse-t-il.

Au rayon amour, il fait aussi rimer amer ou éphémère avec l'"eye liner" qui laisse une trace sur un vêtement. Les références au foot habitent également ses textes, de Maradona à Neymar. "C'est un sport qui ne va jamais me lâcher, je continue à faire du foot en salle", expose-t-il.

- Suivi par Benzema -
"Je me vois comme Mbappé, sans me prendre pour je ne sais qui... mais je me vois comme le petit jeune qui a du talent".

En dépit des 220 millions de vues cumulées pour ses vidéos sur Youtube et d'un Olympia programmé le 10 avril, il ne frime pas. "Je suis casanier et pas dépensier, c'est mon coté marocain" (rires). Et de se dépeindre encore comme "vendeur (de disques) à la sauvette" - son premier album "Pure" s'est écoulé à 120.000 exemplaires - comparé aux grosses écuries Ninho, Jul et Booba.

Les avoir sur son disque? "C'est comme si je jouais avec Pogba, Griezmann et Zidane, +c'est lourd+, trois légendes, c'est un honneur, une fierté de les avoir sur l'album".

Fan déclaré du PSG, on lui demande s'il a des joueurs du club parmi ses amis maintenant qu'il est connu. "Non, mais il y a quelqu'un qui me follow (suit sur les réseaux sociaux), il est au Real Madrid: Karim Benzema. Quand même ! Je peux dire +au moins on se follow+ sur mon CV", sourit-il.

Relaxnews
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