Alfred Pacquement : "Exposer Soulages à l’étranger"

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  • Depuis début juillet 2019,  Alfred Pacquement a pris les commandes de l’EPCC Soulages, pour lequel il nourrit beaucoup d’ambition.
    Depuis début juillet 2019, Alfred Pacquement a pris les commandes de l’EPCC Soulages, pour lequel il nourrit beaucoup d’ambition. José A. Torres / José A. Torres
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Alfred Pacquement est le premier président de l’EPCC Soulages. Fin connaisseur de l’artiste, il souhaite exposer les œuvres de Pierre Soulages à l’étranger pour mieux faire connaître le musée ruthénois.

M. Alfred Pacquement, pourriez-vous vous présenter, s’il vous plaît ?

J’ai une expérience, un parcours de conservateur de musées, qui remonte à pas mal de temps, au Centre Pompidou en particulier, mais pas seulement. J’ai travaillé très longtemps au Centre Pompidou, d’abord comme conservateur, ensuite comme directeur du musée national d’Art moderne. Il se trouve que dans ce parcours, j’ai eu l’occasion d’organiser deux expositions de Pierre Soulages, une en 1979 au Centre Pompidou, déjà. C’était une exposition dans laquelle Pierre Soulages a présenté ce qu’il appellera plus tard les Outrenoirs. C’était une exposition importante car c’était le moment où l’œuvre, s’est d’une certaine façon transformée. Et puis, j’ai organisé en 2009, une très grande rétrospective, toujours au Centre Pompidou où cette fois, j’étais co-commissaire avec Pierre Encrevé, l’auteur du catalogue raisonné de Pierre Soulages. C’est quelqu’un qui a suivi son œuvre, depuis fort longtemps et qui, d’ailleurs, a beaucoup suivi la naissance du musée Soulages. Il est malheureusement décédé, cette année. Il y a quelques jours, il a ouvert une exposition, qui s’appelle "Soulages au Louvre" et dont je suis le commissaire, avec Pierre Encrevé. J’ai donc une relation étroite avec Pierre Soulages et ce de longue date. C’est sans doute la raison pour laquelle, et connaissant un peu ce qu’est un musée, on a fait appel à moi pour présider cet établissement, dans son nouveau statut d’établissement public.

Vous connaissez donc parfaitement l’œuvre de Pierre Soulages. Quelle sera votre ambition pour sortir le musée en dehors du département ?

Il en est bien sorti du département, dans sa réputation. Je n’ai pas de statistiques exactes sur son public, mais je crois que le public vient de loin, de France et de l’étranger. Ce qui me motive, beaucoup, c’est évidemment la réussite du musée, qui est incontestable. Cette année 2019 en est une belle preuve en terme du nombre de visiteurs (ndlr : 135 000 visiteurs). Les collections et de qualité et l’architecture aimantent le public. Les architectes, comme chacun sait, ont été salués par le prix prestigieux "Pritzker" en 2017. Pierre Soulages, dont l’œuvre ne fait que se confirmer sur le plan national et international, de jour en jour, par l’ampleur de la réputation justifiée de son œuvre, qui est une œuvre importante de l’histoire de l’art… Pierre Soulages et tous ceux qui ont conçu ce musée avec lui, ont eu l’intelligence de vouloir qu’il s’ouvre à d’autres artistes, que lui-même. C’est un musée qui a tout intérêt et comme toute entreprise, à gagner un public élargi, à se faire connaître hors de nos frontières, à développer des projets internationaux. Je crois et j’espère pouvoir aider le directeur du musée à engager des contacts à l’étranger. J’ai une expérience à l’étranger et dans des musées, un peu partout, dans le monde. La connaissance grandissante de Soulages, dans le monde fait que toutes ces raisons convergent pour mieux le faire connaître.

Vous avez donc accepté le poste, car vous avez cette capacité à peser, si l’on considère votre expérience ?

Oui, je vais essayer d’aider à ce développement. Je trouve que le musée est encore très jeune, il ne faut pas l’oublier. Un musée met du temps à s’installer dans le paysage (ce n’est plus le cas au niveau local) mais sur le plan national, il y a certainement du travail à faire et encore plus sur le plan international aussi. Ce qui est formidable, c’est que le nom de Soulages est connu et de plus en plus célébré. Le centième anniversaire de l’artiste fait qu’il y aura d’autant plus de médiatisation, autour de son nom. Cela ne peut que déteindre sur la vie de ce musée. Le musée existe. Il est formidable. S’il ne l’était pas, je n’aurai pas accepté de prendre cette présidence. Je trouve que c’est une réussite magnifique, c’est la raison pour laquelle j’ai accepté de venir dans cette structure, alors que je ne suis pas Ruthénois, Aveyronnais, n’habitant pas la région, mais ayant en revanche avec le peintre une relation, comme tous ceux qui aiment sa peinture (directeur de musées, critiques, galeristes…), de ce fait, j’espère aider et contribuer à cette ouverture.

Vous avez une relation particulière avec Pierre Soulages ou l’avez seulement connu au travers des deux grandes expositions que vous avez mises en place ?

Je le connais d’abord depuis longtemps. Je le connais depuis le milieu des années 70. Cela fait donc 45 ans que je le connais. Nous sommes très proches. J’ai écrit plusieurs textes sur son œuvre. J’ai réalisé plusieurs rétrospectives et je crois que j’ai sa confiance et je pense que c’est important.

Cela met en perspective le fait que vous ayez accepté cette présidence de l’EPCC, finalement ?

J’ai beaucoup, beaucoup d’estime d’admiration et d’amitié pour cet homme et au passage pour son épouse. Et donc, du moment où j’ai été sollicité, j’ai accepté, je ne pouvais pas refuser, au contraire. C’est un honneur.

Propos recueillis par Salima Ouirni
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