L’UADO, à l’écoute de la souffrance psychique aveyronnaise

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  • Gérard Rohmer, psychiatre  et médecin chef de l’UADO.
    Gérard Rohmer, psychiatre et médecin chef de l’UADO. Repro CP -
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Avec chaque année 6 000 contacts physiques à l’accueil et plus de 1 000 appels sur SOS déprime (05 65 72 40 20), l’UADO, service d’urgences psychiatriques du centre hospitalier Sainte-Marie, a vocation à identifier, hiérarchiser et traiter les cas de souffrance psychique. Entretien avec son responsable, le psychiatre et médecin chef Gérard Rohmer.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est l’UADO et en quoi consiste son action au quotidien ?

Au sein du centre hospitalier Sainte-Marie, l’Unité d’accueil, de diagnostic et d’orientation comptabilise 6 000 passages annuels. 100 % des personnes qui se présentent voient un médecin, et 40 % sont hospitalisés. L’UADO est destiné à repérer les véritables souffrances psychiques à risque. J’aime à penser que l’UADO est le phare à l’entrée du port, qui reste tout le temps allumé. Nous sommes le réceptacle de la souffrance psychique aveyronnaise et essayons d’identifier et de hiérarchiser, depuis le soutien simple jusqu’à la prise en charge. L’accueil est possible 24 heures sur 24, toute l’année, tout comme d’ailleurs notre ligne SOS déprime.

 

Pourquoi avoir mis en place cette ligne d’appel SOS déprime ?

Nous sommes partis du principe qu’un certain nombre de personnes n’ont pas la capacité, du fait d’un blocage psychologique, d’aller vers le système de soin alors qu’elles sont en souffrance ou en grande souffrance. Ici, c’est un infirmier qui répond, qui peut transférer l’appel au médecin de garde ou aller chercher conseil auprès de lui.

Combien d’appels recevez-vous chaque année ? Sur l’année, nous recevons un millier d’appels et chaque jour, nous sommes contactés par quatre personnes qui ont besoin d’une rencontre médicale rapide. Ces quelques cas sévères qu’on peut sauver, je considère que c’est pas mal…

 

Pour quels motifs les gens vous appellent-ils ?

Le profil type, c’est le grand champ de la dépression. Des gens anxieux, seuls, en précarité sociale… Nous avons aussi des gens qui menacent de se suicider. On sait aujourd’hui qu’un patient dépressif sur deux n’est pas correctement soigné en France, et que 20 % d’entre nous vont faire une dépression dans leur vie. Par ailleurs il faut savoir que 15 % des personnes qui font une dépression vont finir par un suicide.

 

Quelles différences entre déprime et dépression ?

La déprime, c’est lorsqu’une journée est plus morose que les autres, du fait, par exemple, d’une contrariété qui nous mine le moral.

La dépression, c’est la somme de plusieurs facteurs : la perte de plaisir, ne plus aimer faire ce que l’on adorait avant, l’asthénie, une perte de vitalité dès le réveil, avant même de commencer la journée, et l’humeur dépressive. Il y a plusieurs autres signes périphériques, comme les troubles alimentaires, les pensées négatives, l’irritabilité ou les pensées suicidaires. Nous sommes là pour capter ces personnes qui en ont besoin. Nous pouvons aller jusqu’à alerter le Samu pour aller les chercher, ou leur proposer de passer à l’UADO.

 

Le contexte économique et social ou les changements de saisons peuvent-ils avoir un impact sur le moral?

Il existe une dépression saisonnière, liée à la baisse de la luminosité mais les mois où l’on est le plus fragile sont mars et avril. Par un processus neurophysiologique, l’organisme se remet en activité après la période hivernale. Cette remise en route peut se passer plus ou moins bien… Par ailleurs, oui, les difficultés économiques ont un impact indéniable sur les cas de dépression, notamment sur les publics précarisés, isolés, ou les femmes, notamment celles de 30 à 40 ans. Beaucoup de nos patients se questionnent sur ce que deviendra leur retraite ou comment trouver un job après 50 ans.

Le suicide en Aveyron

Dans l’Aveyron et selon les dernières données, on compte une cinquantaine de suicides par an. La particularité aveyronnaise est que les femmes sont davantage touchées : si en France, elles représentent un quart des personnes passant à l’acte, ce chiffre monte à 33 % dans le département.

 

Quelques conseils pour remonter la pente

Le premier des conseils, pour le docteur Rohmer, est de "ne jamais rester seul. Se replier sur soi est une impasse. Il faut continuer à faire ce qui nous plaisait avant, une activité dont on sait qu’elle est positive". Ainsi un nageur, joueur de belote ou footballeur ne doit pas cesser son activité, un cercle vicieux qui ne peut que "précipiter la dépression".

Le psychiatre conseille d’aller consulter son médecin "si les symptômes durent plus de 15 jours", de ne pas banaliser la situation, et d’éviter alcool (qui n’est pas un euphorisant mais un excitant) et cannabis, qui ont "un effet délétère sur le processus ". " L’alcool est un terrible détonateur", poursuit le docteur Rohmer.

Enfin, il faut garder "conserver une bonne hygiène de vie" et tenter de se maintenir à distance "des activités perçues comme complexes".

 

Xavier Buisson
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