De Figeac à Decazeville, tatoués jusque dans le cœur et l’âme

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  • Damien et Mimi, ici avec une de leurs filles, sont des gens « normaux », sympas, qui ne se prennent pas au sérieux, sauf quand ils parlent boulot.
    Damien et Mimi, ici avec une de leurs filles, sont des gens « normaux », sympas, qui ne se prennent pas au sérieux, sauf quand ils parlent boulot. Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
  • Tatoués jusque dans le cœur et l’âme
    Tatoués jusque dans le cœur et l’âme Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
  • Tatoués jusque dans le cœur et l’âme
    Tatoués jusque dans le cœur et l’âme Repro Centre Presse / Repro Centre Presse
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Mimi et Damien Vidal, tatoueuse et pierceur à Decazeville et Figeac, vivent le tatouage comme une véritable culture.
 

Ils ont "ça" dans la peau. Mireille et Damien Vidal, 33 et 35 ans, qui ont installé leur activité baptisée Urban’Ink Shop à Decazeville et Figeac, vivent le tatouage et le piercing au quotidien depuis leur rencontre, en 2012. C’était dans une boîte de nuit de la région, au sein de laquelle tous les deux travaillaient. Chacun avait déjà bâti un bout de vie de son côté. Mais cette rencontre devait tout bouleverser.

L’un et l’autre ont décidé d’unir leur existence, leurs enfants, d’en faire un autre au passage, ce qui donne aujourd’hui une famille recomposée et assumée comme telle de six enfants, de 16 à 6 ans, cinq filles et un garçon : trois pour elle, deux pour lui, un pour les deux. " On est bien plus qu’une famille en fait, on est une équipe ", glisse Mireille, qui ne supporte pas vraiment qu’on l’appelle Mireille et qui préfère Mimi, voire Mimiss Tartouille, son nom de tatoueuse.

"Il crie et il mord quand on le tatoue"

De cette rencontre, au départ improbable entre une Nîmoise et un Cantalien, est également né le partage d’une passion : le tatouage. "Moi, j’étais dans le milieu depuis déjà longtemps quand j’ai connu Damien, raconte Mireille. Euh pardon, Mimi… En fait, quand on s’est rencontré, ce fut le choc de deux mondes. Lui, c’était un ours un peu rustre. Moi, une sudiste plutôt branchée. Le tatouage, il ne connaissait pas, ou peu. Je l’ai initié. Il a adhéré. Je l’ai même tatoué. Mais je ne le ferai plus, parce que c’est l’horreur : c’est un péteux ! Il crie, il mord, c’est terrible !", s’amuse-t-elle en jetant un regard complice à son compagnon, tout aussi complice et amusé qu’elle par ces révélations "intimes".

Car ces deux-là, on les sent fusionnels, pour ça et pour le reste. Et quand l’une fait du tatouage, l’un fait du piercing. Deux pratiques cousines. "Le piercing est un excellent complément au tatouage, confirme Damien, ou Dam’s pour son nom de pierceur (c’est comme ça qu’on dit). À sa manière, le piercing peut être un art lui aussi."

Art. Le mot est lâché. Et il est revendiqué par Mimi. "Un tatoueur, un vrai, dans l’esprit et dans la pratique, qui ne se contente donc pas d’appliquer un calque sur la peau de ses clients, c’est un artiste. Parce que le tatouage est un art à part entière. Personnellement, j’ai toujours été attiré par le dessin et je dessine depuis que je suis toute petite. Au début je dessinais sur du papier. Maintenant, je dessine sur la peau des gens."

"Un effet libérateur sur les femmes"

Et les créations de Mimiss Tartouille, spécialisée dans le tatouage ornemental, ne peuvent qu’interpeller. On est effectivement devant de véritables tableaux, qui demandent de longues heures de travail. Avec, évidemment, le concours d’un modèle qui prête sa peau, avec des idées bien arrêtées. Ou pas. " Les choses ont évolué, relève Mimi. Les tatouages bateaux sont de moins en moins demandés. Les gens viennent de plus en plus nous voir en sachant ce qu’ils veulent. On en discute et on le concrétise. Après, pour un tatoueur, le must c’est quand un client te laisse libre de faire ce que tu veux. "

Pour rester au chapitre des évolutions, le regard porté sur le tatouage et les mentalités autour de la pratique ont également grandement évolué ces dernières années. " Tout le monde y vient, ou presque, confirme Mimi. Déjà, aujourd’hui, quelqu’un de tatoué n’est plus d’emblée considéré comme un voyou. Et puis, je prendrai l’exemple des femmes. Chez les femmes, je suis certaine que le tatouage a un effet libérateur. J’ai de plus en plus de femmes comme clients. Elles viennent une fois, deux fois, trois fois, et entre elles et moi, on en vient à avoir des échanges vraiment intimes. Pour elles, je le répète, se faire tatouer c’est un peu comme se libérer, libérer leur corps et ce qu’elles sont."

"Pauvres gosses"

Il n’empêche, le chemin est encore long. Pour en témoigner, Mimi, dont le corps est recouvert à 80 % de tatouages, raconte qu’il n’est pas rare que, sur son passage, certains murmurent encore "quelle horreur ". Ou quand elle se balade avec ses enfants, il lui arrive de surprendre encore des "pauvres gosses""Évidemment, commente-t-elle sans animosité, ceux qui disent ce genre de choses ne connaissent pas l’esprit du tatouage et ne me connaissent pas. Mais bon…"

Mimi, Damien et leurs enfants c’est finalement l’histoire d’une famille normale. " On vit dans la campagne lotoise, en plein milieu des bois et des animaux, confie le couple. Et le soir, c’est infusion devant la cheminée. Mes enfants, poursuit Mimi, je les ai allaités et je les ai portés dans des écharpes africaines. On leur apprend les vraies valeurs de la vie, celle du travail, qu’on a rien sans rien."

Des enfants futurs tatoués ? " Ils feront ce qu’ils voudront, ce n’est pas à leurs parents de leur imposer ce genre de choses."

Le 3e salon du tatouage à Decazeville

Dans l’organisation du Salon du tatouage de Decazeville, troisième du nom, Damien est en pôle. Mimi le suit de près. Le travail d’organisation est énorme pour un rendez-vous qui, en deux coups d’essai transformés aussi sec en coups de maître, s’est déjà imposé comme un événement régional incontournable pour qui en pince pour le tatouage. Et pas que. "L’an dernier, on a fait plus de 3 000 entrées, précise Damien. C’est vraiment venu de partout et on espère bien flirter avec les 4 000 visiteurs cette année." Pour relever le défi, l’Urban Tattoo Show (c’est son nom) réunira les 7, 8 et 9 février, à la salle du Laminoir, une centaine d’artistes tatoueurs venus de toute la France, mais aussi de l’étranger (Polynésiens, Russes, Portugais, Brésiliens, Chiliens,…) qui viendront présenter leur travail et démontrer leur savoir-faire. Des stands de créations liées à l’univers du tattoo (vêtements, bijoux, accessoires…) seront également de la partie, de même qu’une partie musicale très soignée. À l’affiche, des mix de Dj Coyate et six concerts avec Dr Derhel & Mr Big Dan, Uzlagom, Juicy’s, Eddy Ray Cooper et Cécilia Pascal. Le rappeur Seth Gueko sera aussi du voyage decazevillois, se positionnant aujourd’hui comme l’un des rappeurs les plus créatifs du rap game. On pourra encore citer la présence de la danseuse Mia Dolls, d’un show danse avec la compagnie Ethnica, d’un "urban truck show" avec des dizaines de camions hors normes, de l’élection Miss pin-up Decazeville, organisée par le comité de Miss Pin-Up France… N’en jetez plus !

François Cayla
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