Norbert Sahut : "Transmettre ma passion"

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  • Norbert Sahut court en club depuis 42 ans.
    Norbert Sahut court en club depuis 42 ans. Repro CPA / Repro CPA
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Norbert Sahut est un nom qui résonne encore aujourd’hui, bien au-delà des frontières du département. Toujours actif en tant qu’athlète à près de 57 ans, il est aujourd’hui entraîneur hors stade au sein du Stade Rodez athlétisme.

Comment avez-vous commencé la course ?

J’ai débuté à l’âge de 15 ans après un bref passage par le ballon rond où je n’avais guère d’aptitudes, si ce n’était… de courir partout ! J’ai été repéré à la suite de mes performances en cross scolaire. J’ai d’ailleurs, dès ma première année cadet, obtenu une qualification pour les championnats de France. J’étais naturellement endurant mais j’avais besoin de parfaire ma technique. J’ai donc intégré le club ruthénois avec cet objectif.

Vous étiez réputé pour avoir un mental à toute épreuve durant votre carrière. Racontez-nous cette époque glorieuse.

Les coureurs hors Stade ruthénois dominaient clairement les compétitions régionales à cette époque (NDLR : deuxième moitié des années 80, début des années 90). J’ai été précédé par d’excellents coureurs comme Jean-Noël Ruffat ou Serge Onrazac. J’ai simplement perpétué la tradition de coureurs qui ne lâchaient rien !

Votre plus belle victoire ? Albi 1991, on suppose…

Première grosse victoire et meilleur temps dès mon premier marathon à 28 ans… Une sensation magnifique ! Il pleuvait des cordes. J’étais accompagné par un suiveur. Il me disait sans arrêt de ralentir. Il me criait "Tu vas trop vite ! Tu ne finiras pas…" et moi je lui répondais "Non, non, je suis super bien !" (rires). Et, j’ai tenu. Victoire en 2 heures et 21 minutes devant un athlète italien, avec environ une minute d’avance. J’ai ensuite réalisé une dizaine de marques sous les 2 heures 30 sans jamais égaler cette performance.

Quel est l’adversaire le plus fort que vous ayez affronté ?

Je vous parlerais plutôt de celui avec qui j’ai longtemps été au coude à coude, un athlète castrais, Farid Mammou, avec lequel je ferraillais. Dès les catégories de jeunes, nous étions systématiquement à la bagarre, en cross ou sur route. Je pense également à Bruno Cals, le père d’un des actuels meilleurs athlètes régionaux, Gaëtan.

Vous performiez à l’époque où le Stade Rodez football évoluait en Division 2 sous la houlette de Michel Poisson. Avez-vous souffert du manque de médiatisation de vos exploits ?

La course à pied était encore moins médiatisée à l’époque qu’aujourd’hui. C’était vraiment une discipline de l’ombre. Je m’entraînais de six à sept fois par semaine en faisant jusqu’à 140 kilomètres en préparation marathon. J’étais, à l’époque, dans le top 30 Français sur la distance. Actuellement, mes références me situeraient dans les dix meilleurs probablement. Mais je n’ai aucun regret, je suis heureux de ce que j’ai pu accomplir même si une forme de reconnaissance reste valorisante.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la course à pied ?

Beaucoup de jeunes talents s’orientent vers le trail, pratique à la mode et actuellement plus porteuse que la route. J’observe également que le cross perd du terrain, au moins au niveau départemental. Je le regrette car je pense que c’est une discipline très importante pour la formation d’un athlète. De façon générale, la course à pied est devenue populaire depuis une petite dizaine d’années. Les gens souhaitent s’affranchir de contraintes trop importantes et privilégient la notion de plaisir. Je pense que ceci est très positif même si la culture de club tend à reculer.

Parlez-nous de votre rôle d’entraîneur.

Cela est valorisant : donner l’envie de courir et surtout de continuer. La notion de temps long est primordiale. Il faut une forme de progressivité pour éviter les blessures et préserver l’intégrité de l’athlète en le guidant, pas à pas. Mon but est avant tout de transmettre ma passion.

Une anecdote pour finir ?

Sur un 10 kilomètres à Albi, j’étais à la lutte pour la victoire avec un adversaire plus enclin à se mettre dans ma roue qu’à prendre des relais. En tout cas, jusqu’à la ligne d’arrivée où il m’a coiffé sur la ligne ! Je termine donc deuxième en 31 minutes et 30 secondes avec une furieuse envie d’avoir une explication virile… Les officiels ont été obligés de calmer mes ardeurs (rires) !

Propos recueillis par Romain Fayel
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