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Les Aveyronnais de moins en moins surendettés

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    Les Aveyronnais de moins en moins surendettés. Repro CP / AFP - Archives / Repro CP
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La récente réunion de la commission de surendettement de l’Aveyron a permis de mettre en évidence une baisse de 2,7 % du nombre des dossiers déposés en 2019 après une autre, historique, de 15 % en 2018.
 

Un peu moins de 14,3 M€. C’est le montant de l’endettement global des Aveyronnais en 2019 selon les données de la commission de surendettement. « Retards de loyers, impôts non payés… c’est le total des dettes déclarées en 2019 dans le département », explique le directeur départemental de la Banque de France, Guilhem Blanchin.
Si le chiffre peut sembler élevé, il confère cependant à l’Aveyron l’avant-dernière place en la matière avec 401 familles ayant déposé un dossier en 2019 contre 412 en 2018. Une baisse de 2,7 %, bien en deçà cependant des 11,9 % enregistrés au niveau national.

Jeunes et seniors plus nombreux

Si le gros des dossiers est toujours déposé par la tranche des 24-54 ans, le fait notable cette année est une hausse observable chez les moins de 24 ans et les seniors, pour lesquels le nombre de dossiers augmente respectivement de 3 et 2,5 points. « On reste sur des volumes peu importants », tempère le directeur, alors que l’on enregistre localement 170 dossiers pour 100 000 habitants pour une moyenne nationale de 268 dossiers et régionale de 245.

 

Typologie du surendetté aveyronnais

Dans le département, 51,5 % des personnes surendettées vivent en couple. 54,5 % des personnes déposant un dossier sont des femmes. Plus de 37 % des ménages concernés ont un revenu mensuel net inférieur à 1 148 €. L’endettement médian est de 13 096 € (hors immobilier) par ménage endetté. La part des dossiers incluant des dettes de crédits à la consommation a baissé de près de 20 points depuis 2012.

Les dossiers éligibles… et les autres

En fonction des commissions, de 5 à 7 % des dossiers sont déclarés irrecevables. « Lorsqu’il y a absence de surendettement, où bien si le dossier dépend d’une autre procédure, comme ceux déposés par des professionnels ». Il reste cependant à ces « déboutés » la possibilité de déposer un recours devant un juge.
En Aveyron, 27 des 401 dossiers déposés ont été jugés irrecevables en 2019.

Quelles solutions ?

Dans 44,8 % des cas, la commission prononce un effacement de la dette. Pour près de 9 % des dossiers, un plan d’apurement est mis en place : «On ré-étale les dettes, sur 7 ans, ou 25 ans si un prêt immobilier a été contracté», explique le directeur.
L’instance peut aussi demander un moratoire de 12 à 24 mois (le temps à la famille de « vendre un bien immobilier ou trouver un travail pour permettre une rentrée de ressources ») ou encore demander un effacement partiel de la dette.
Ces bons résultats sont selon Guilhem Blanchin le fruit d’un travail, « pour éviter les multiples dépôts ou re-dépôts, un travail de prévention avec les travailleurs sociaux », mais aussi le fait des « effets positifs, dans la durée, de la législation plus encadrante en matière de crédits ». L’an passé, la Banque de France a formé plus de 80 intervenants sociaux afin de leur permettre de mieux détecter ou orienter les personnes en difficulté.
À l’échelle nationale, la dette globale des ménages surendettés atteignait fin 2019 un peu plus de six milliards d’euros.
 

Xavier Buisson
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