Football - Rodez : Lionel Mpasi, un cœur gros comme ça

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  • Lionel Mpasi lors de sa première en L2, vendredi au Mans.
    Lionel Mpasi lors de sa première en L2, vendredi au Mans. Centre Presse / Jean-Louis Bories / Centre Presse
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Gardien remplaçant depuis son arrivée au Rodez Aveyron football en 2016, Lionel Mpasi a été décisif lors de son premier match en pro vendredi, au Mans (0-0). Portrait d’un homme de l’ombre au grand cœur.

C’était top, je me suis régalé, surtout que c’était le jour de la Saint-Valentin (rires). » Ainsi a débuté l’histoire d’amour entre Lionel Mpasi et le football professionnel. Vendredi, au Mans, en l’absence d’Arthur Desmas, blessé au fessier mais bientôt de retour, le gardien numéro 2 du Raf a disputé son premier match de Ligue 2, à 25 ans.

« En plus, j’ai eu la chance de ne pas prendre de but, apprécie le Franco-Congolais. J’avais vraiment à cœur que notre série d’invincibilité continue. » Qu’elle s’arrête à l’issue de sa première titularisation aurait fait tache, mais Rodez a bien enchaîné un cinquième match sans défaite (quatre nuls, une victoire). En parlant de série, celle du portier formé au Paris Saint-Germain, un temps en concurrence avec Alphonse Areola et Mike Maignan, s’est donc arrêté à 24 : le nombre de rencontres d’affilée qu’il a passées sur le banc depuis le début de la saison. « Ca récompense son travail depuis tellement d’années, puis c’est quelqu’un qui met aussi l’ambiance. Il est important dans la vie du groupe », pointe son coéquipier Ugo Bonnet, l’un de ses meilleurs potes en dehors du foot. Même au moment d’évoquer sa prestation, l’ancien Toulousain la joue collectif : « J’attendais ça depuis quatre ans, mais malheureusement, j’ai joué parce qu’Arthur (Desmas) s’est blessé. On s’entend super bien, il m’a encouragé avant le match et m’a félicité après. »

« Juste envie d’être heureux »

Au regard de son parcours semé d’embûches, on peut dire que Lionel Mpasi n’est vraiment pas rancunier. Barré par la concurrence à Paris, puis au Téfécé, où il avait signé pro, le gardien n’est pas conservé, puis reste sans club pendant un an. Pour trouver un point de chute, le natif de Meaux descend jusqu’en CFA (actuel N2), à Rodez, et accepte même un rôle de doublure. « A la fin de ma deuxième saison, je vais voir le coach (Laurent Peyrelade) pour lui dire que je suis prêt à passer numéro un, raconte le Francilien. Il me dit qu’il n’y a pas de souci pour que ça se fasse. Sauf que le match suivant, je me blesse à un doigt à l’échauffement... et le club recrute Arthur. »

Ugo Bonnet : « Arthur (Desmas) est un super titulaire, mais pourquoi ne pas en avoir deux ? »

Un sort que le petit gabarit (1m82) a accepté avec toute la classe qui le caractérise. « C’est le destin... ça fait trois ans qu’on n’arrête pas de gagner, donc c’est plus facile à vivre. Puis quand tu vois la tête des gars tous les matins à l’entraînement, t’as juste envie d’être heureux. Je crois aussi beaucoup en dieu. Tout ça me permet de tenir. »
Ugo Bonnet aimerait aussi que son ami ait un statut plus conforme à ses qualités : « Arthur est un super titulaire, mais pourquoi ne pas en avoir deux ? C’est dur de dire que Lionel n’est qu’un numéro deux. Vendredi, il a prouvé qu’il pouvait être plus que ça. »

Malgré de nombreux dégagements ratés, Mpasi, sous les yeux de son « petit-frère, deux cousins et un pote », a réalisé une parade décisive (58e). De quoi bousculer la hiérarchie ? « Les gars m’ont tous félicité (sourire). J’espère enchaîner, mais je respecte les choix du coach, tempère le désintéressé. Avec Arthur, c’est plus une addition qu’une concurrence. » Classe jusqu’au bout.

#Football La réaction du gardien ruthénois Lionel Mpasi, qui a disputé son premier match en pro lors de Rodez - Le Mans (0-0) #Ligue2 #LMFCRAF #Aveyron #Occitanie pic.twitter.com/4TBuE80kCD

— Centre Presse Aveyron Sports (@PresseSports) February 14, 2020
Vincent Naël
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