Municipales 2020

Rodez Citoyen, l’exercice de la démocratie participative

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  • Marion Berardi, face au mur  des doléances des participants à la réunion publique.
    Marion Berardi, face au mur des doléances des participants à la réunion publique. M.R. / M.R.
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Tout au long de la campagne, Centre Presse participe à une réunion publique ou un meeting des quatre listes en course pour la mairie. Au tour de la liste Rodez Citoyen.

Le rendez-vous est donné à 16 heures, dans une salle au fond de la salle des fêtes, mercredi. Matthieu Lebrun, N.1 sur la liste, et Marion Berardi, N.2, accueillent les gens, avec un sourire et une petite collation. On y croise plusieurs colistiers, d’anciens camarades de route de Bruno Berardi, candidat de Rodez Citoyen en 2014, mais également quelques curieux, âgés d’un tout petit mois (!)… à 82 ans.

Assis en rond, tous prennent la parole les uns après les autres. L’ambiance est scolaire. On se présente, on s’écoute religieusement. Tous expliquent soutenir la démarche pour "changer le mode de gouvernance", tendre vers une "nouvelle démocratie, plus participative car le système actuel s’essouffle et la politique professionnelle lasse les gens". Ils ne sont pas les seuls. Durant cette campagne, des listes citoyennes fleurissent un peu partout en France. Elles souhaitent s’inscrire loin des partis traditionnels, même si la France Insoumise et Europe Ecologie-Les Verts les soutiennent dans la plupart des petites communes. C’est le cas à Rodez. Mais ça, personne ne souhaite franchement en parler…

L’idée est avant tout de changer le paysage politique, avec quelques revendications reprises aux "gilets jaunes" à l’image du référendum d’initiative citoyenne. Et avec un seul mot d’ordre : "la coconstruction". Rodez Citoyen, engagé depuis plusieurs années dans cette voie et fort de trois élus au conseil municipal lors de ce dernier mandat, ne déroge pas à la règle. Lors des réunions publiques, les candidats ne dévoilent pas encore leur projet.

"Et si vous étiez maire, que feriez-vous ?"

Tout le monde s’exprime, parfois à plusieurs reprises. Et toutes les réunions se veulent ludiques, conviviales, avec une question : "Et si vous étiez maire, que feriez-vous ?". Chacun y répond, les doléances, souvent très éclectiques du problème des embouteillages à la prise en charge des marginaux en centre-ville, sont inscrites sur des étiquettes. Les chefs de file du collectif ne les commentent que rarement. Ils disent se nourrir de ces remontées pour rédiger leur futur programme. "Les gens sont des experts du quotidien", dit-on.

En attendant, dans le public, on s’interroge surtout sur la pratique d’un tel exercice, réputé difficile, au pouvoir. "Trop de démocratie ne tuera-t-il pas la démocratie ?", s’interroge une sexagénaire. Matthieu Lebrun, le candidat ruthénois, tente de répondre, de convaincre. Il rappelle à l’envi que ce modèle "est possible" et à lui de citer plusieurs exemples, comme le village de Saillans dans la Drôme ou encore le penseur Jo Spiegel. Souvent, on s’éloigne des préoccupations quotidiennes des Ruthénois… C’est le jeu. "On sait que ce sera compliqué, qu’il faudra beaucoup de pédagogie pour engager les citoyens avec nous", fait remarquer Claudine Bonhomme.

Puis, vient cette remarque : "Vous préconisez des référendums pour tous les grands projets, mais si cela avait été le cas, le musée Soulages n’existerait pas…"

"Tout le monde a manqué d’informations sur ce projet. Avec un référendum, on aurait peut-être eu un autre musée Soulages, différent", tentent de répondre les candidats. Pour Matthieu Lebrun, "on ne peut plus donner quitus à quelqu’un durant six années et ne pas écouter la population ! On ne peut pas minéraliser une ville et vouloir la végétaliser ensuite, on joue avec l’argent public".

Dans le public, certains sont convaincus, d’autres encore sceptiques. "Regardez les Anglais, ils s’en mordent les doigts aujourd’hui de leur référendum ! ". "Si on va au bout de la chose, pourra-t-on révoquer les élus ?"… Les questions fusent. "On va arrêter là pour ne pas dégoûter les gens de la démocratie participative", sourit Marion Berardi, faisant écho à cette phrase de Voltaire : "Comme le despotisme est l’abus de la royauté, l’anarchie est l’abus de la démocratie."

"Notre système, c’est celui de l’avenir !", entend-on toujours dans la salle, après deux heures d’échanges.

Marché couvert

Alors que son programme n’a pas encore été dévoilé, la liste Rodez Citoyen a annoncé plusieurs projets hier. Et notamment la création d’un marché couvert, "pourquoi pas sur la place de la Cité avec une structure amovible", avec la gratuité des parkings le samedi matin. Mais également une politique d’aide pour la réhabilitation des nombreux logements vacants en ville "avant d’en construire 700 nouveaux comme Christian Teyssèdre !", la création d’un festival d’hiver…

Mathieu Roualdés
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