Politique

Collectivités : le "pire mandat" du président des maires s’achève

  • Un mandat « particulièrement difficile » pour les élus locaux, selon Jean-Louis Grimal.
    Un mandat « particulièrement difficile » pour les élus locaux, selon Jean-Louis Grimal. Repro CPA / Repro CPA
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Une soixantaine d’élus ont assisté, vendredi 21 février, à la dernière assemblée générale de l’association départementale des maires de l’Aveyron.

Les élus adhérents à l’Association départementale des maires et présidents d’intercommunalités ont tenu leur assemblée générale statuaire, hier matin, à la Doline de Sébazac en présence des autorités civiles et militaires. " Une assemblée beaucoup plus clairsemée qu’à l’accoutumée ", s’est excusé le président de l’ADM, Jean-Louis Grimal, avant de mettre ces absences sur le compte de la fin du mandat. " C’est toujours comme ça ", a même relativisé le président en connaissance de cause. Peut-être même davantage quand le mandat qui s’achève a été difficile. Et selon le président Grimal " ces six dernières années ont certainement été les pires " qu’il a connues depuis sa prise de fonctions à ce poste. " Il y a eu d’abord la réforme du rythme scolaire, puis les élus ont dû composer avec la baisse des dotations de l’État - 28 Md € sur le mandat, énumère le président. L’État nous a ensuite sollicités pour contribuer à la réduction de la dette à hauteur de 13 Md €. Après, il y a eu la Loi du 16 mars 2015 qui a débouché sur la création de 8 communes nouvelles en Aveyron. Sans oublier la Loi dite NOTRe, qui a débouché sur la création de 18 EPCI en Aveyron en plus des Agglos ".

"Souvent écoutés, mais rarement entendus"

Une loi NOTRe à laquelle Jean-Louis Grimal attribue " une grande part du renoncement de nombreux maires ". " Et l’annonce, en 2017, de la suppression de la taxe d’habitation pour de nombreux ménages, suivie, en 2018, du transfert des compétences eau et assainissement de la commune vers l’agglo, a certainement dû en décourager d’autres ", croit savoir le porte-parole des maires de l’Aveyron. À la tribune, la préfète Catherine de la Robertie encaisse. " Il en faut du courage pour continuer face à ce qui s’apparente à une recentralisation massive, continue Jean-Louis Grimal. Notre action de maire est chaque jour plus contraignante, estime-t-il avant d’enfoncer : Nous sommes souvent écoutés, mais trop rarement entendus par un État qui nous considère comme une charge alors que nous sommes les leviers d’une France qui réussi. " Avant d’en finir avec cette longue complainte des élus, Jean-Louis Grimal ne pouvait pas passer sous silence une Loi de finance 2020 "mal préparée, car elle rompt le lien tissé entre l’élu local et le citoyen. "

"Qui commande paie et qui paie commande"

Enfin Jean-Louis Grimal a conclu son propos en évoquant la future Loi dite 3D, pour décentralisation, différenciation et déconcentration. Ce projet de loi ambitionne de transformer les relations entre l’État et les collectivités territoriales sans constituer pour autant un nouveau big bang territorial. Pour le président des maires de l’Aveyron, "iI faut rédiger un vrai contrat entre l’État et les territoires. Mais surtout protéger l’autonomie fiscale des collectivités. Qui commande paie et qui paie commande". À bon entendeur.

Jean-François Galliard qui l’a succédé à la tribune ne dira pas autre chose. Tout juste consentira-t-il à y mettre quelques formes. Pas de quoi déstabiliser la préfète Catherine de la Robertie. "Le maire est le rouage essentiel de notre république. Votre mission mérite le suivi et la reconnaissance de l’État. Nous sommes à vos côtés, adresse-t-elle à l’assemblée. En revalorisant le statut des élus des petites communes ou en déployant les maisons France service qui marque le retour des services publics sur vos territoires ou encore à travers les Maisons de santé où les projets Cœur de ville. " Quant à la réforme de la fiscalité, la préfète a été claire : " elle sera compensée à l’euro près. "

Dans la salle, les élus ne demandent qu’à y croire.

R.B.
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