Le cerveau des personnes qui adoptent un comportement antisocial à long terme serait différent des autres

  • Les scanners ont révélé que le cortex cérébral des personnes au comportement antisocial "persistant" était plus petit et moins épais que chez les autres individus qui se plient aux normes sociales.
    Les scanners ont révélé que le cortex cérébral des personnes au comportement antisocial "persistant" était plus petit et moins épais que chez les autres individus qui se plient aux normes sociales. jawphotos / IStock.com
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(Relaxnews) - Les personnes qui éprouvent des difficultés à se plier aux normes sociales et qui adoptent des attitudes susceptibles de nuire à autrui n'ont pas la même structure cérébrale que les autres, suggère une nouvelle étude. 

Voler, harceler, se battre, mentir... Ces comportements ne sont pas rares lors de la période de rébellion qui symbolise l'adolescence. Mais certaines personnes continuent de manifester ces "comportements antisociaux" une fois adultes. Une récente recherche parue dans The Lancet Psychiatry avance que ces types d'individus présenteraient une structure cérébrale différente qui pourrait se manifester dès l'enfance. 

Pour parvenir à ces conclusions, des chercheurs anglais, américains et néo-zélandais ont sondé 672 Néo-zélandais nés entre 1972 et 1973. Leur passé a été exploré, à travers des questionnaires, de l'âge de 7 ans à 26 ans. Les auteurs des travaux ont complété leurs recherches en effectuant des IRM cérébraux sur les participants adultes afin d'étudier leur structure cérébrale.  

Ces derniers ont ensuite été divisés en trois groupes distincts : 441 d'entre eux étaient peu enclins à adopter un comportement antisocial, 55 ont présenté des "écarts de conduite" au cours de leur adolescence et 80 ont manifesté un comportement antisocial à long terme (de l'enfance à l'âge adulte).

Une éventuelle corrélation, mais pas de lien de causalité

Les examens IRM ont révélé que le cortex cérébral, ou matière grise, était plus petit et moins épais chez les participants du troisième groupe, comparé aux personnes du premier groupe, en particulier dans les régions liées à la régulation des émotions, à la motivation et au contrôle du comportement. Les auteurs des travaux suggèrent que ces différences cérébrales pourraient être corrélées à un comportement antisocial persistant.

"Nos conclusions soutiennent l'idée que, pour la petite proportion d'individus ayant un comportement antisocial tout au long de leur vie, il peut y avoir des différences dans la structure de leur cerveau qui rendent difficile le développement de compétences sociales nécessaires pour les empêcher de se comporter comme tel. Ces personnes pourraient bénéficier d'un soutien plus important tout au long de leur vie", souligne dans un communiqué la Dre Christina Carlisi de l'University College de Londres, qui a supervisé les travaux. 

Toutefois, les scientifiques estiment que des recherches menées sur de plus larges échantillons et en tenant compte de critères relatifs au comportement, au cerveau, au patrimoine génétique et à l'environnement social des participants, sont nécessaires pour comprendre comment se développe un comportement antisocial sur le long terme. 

Relaxnews
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