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MNNQNS, rock qui file à l'anglaise

  • Le groupe de rock français MNNQNS
    Le groupe de rock français MNNQNS Lionel BONAVENTURE / AFP / Lionel BONAVENTURE / AFP
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(AFP) - Le quatuor de MNNQNS a enlevé les voyelles - prononcer "Mannequins" à l'anglaise - mais a gardé l'essentiel, entre sensibilité pop et énergie rock, pour séduire un label en Angleterre, belle carte de visite pour un groupe français.

A vol d'oiseau, 176 km seulement séparent Rouen, d'où vient la formation, de Brighton, cité balnéaire au sud de Londres, base de "FatCat Records", ces "Disques du Gros Chat" qui ont posé leurs pattes sur MNNQNS et auparavant sur des pointures comme Animal Collective ou encore Sigur Rós.

Mais traverser la Manche, c'est tout un monde pour les gangs à guitares de l'Hexagone. "En France, les groupes comme nous, on les découvre un peu plus tard, après les formations qui viennent d'Angleterre ou des Etats-Unis. Si grâce au label anglais on peut raccourcir ce décalage, c'est cool", commente Grégoire Mainot, batteur de MNNQNS, rencontré par l'AFP aux côtés de ses trois comparses avant une session radio.

Grégoire, trentenaire, est le plus âgé d'une bande - le timide bassiste Félix Ramaën a dix ans de moins - déjà bien rodée à la scène, avec trois festivals de Rock en Seine à son actif, notamment. Le 6 mars, ils seront une des têtes d'affiche du festival des Inrocks (5-7 mars à la Gaîté Lyrique), très attendus avec le post-punk de "Body negative", leur premier album, en anglais, sorti fin 2019.

- "Dur de leur résister" -
"Depuis le début de l'année, on fait un nouveau set, avec une progression vers un moment où +ça va péter un câble+, où on fait tous nos morceaux les plus agressifs en un seul bloc", annonce Grégoire, assis dans une brasserie parisienne en face de Marc Lebreuilly, guitariste réservé. "Un truc proche de la transe oui", renchérit Adrian D'Epinay, guitariste et chanteur, familier de ce genre de boucles répétitives avec ce qu'il écoute, entre musique "indus" et free jazz.

"Je les avais vus sur scène lors de leur release party (fête de sortie d'album), c'est très dur de leur résister, ils transmettent une belle énergie", développe auprès de l'AFP Carole Boinet, rédactrice en chef adjointe des Inrocks et co-programmatrice du festival. "Les MNNQNS apportent au paysage rock français quelque chose d'inédit, un son anglo-saxon, américain, très bien réalisé mais sans faire une pâle copie, c'est assez actuel, assez moderne".

C'est Adrian qui a trouvé le nom du groupe. "Ce n'est pas au sens modèle, mais au sens du support en plastique, ce qui correspond à une esthétique un peu froide, post-punk années 1980. Pour une survie en ligne, pour nous retrouver sur internet, on a enlevé les voyelles. Bon, aujourd'hui les gens n'arrivent pas à écrire le nom... (rires)"

- "Astres alignés" -
Les MNNQNS savent qu'ils ont une carte à jouer en ce moment. La locomotive The Strokes - groupe US à l'origine du retour des guitares au début des années 2000 - se remet à cracher de la fumée. Après un Olympia enivrant à Paris ce mardi, les New-Yorkais sortiront un nouvel album le 10 avril. Et surtout, des deux côtés de la Manche, des groupes de rock bouillonnent.

"C'est comme une mode vestimentaire, le rock ça va revenir", prédit pour l'AFP Julien Hohl, directeur du label Deaf Rock et manager du groupe Last Train. "Dans les salles, ça ne désemplit pas. Et le fait que les MNNQNS aient été repérés au départ par un label anglais, ça veut dire quelque chose".

"Les astres sont un peu alignés, il se passe vraiment des trucs depuis quelques temps, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir", acquiesce Adrian, ex-étudiant en musicologie à Cardiff. Et Grégoire ajoute: "On tourne en Angleterre au mois de mai, une semaine". Suite logique.

Relaxnews
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