Football : Rodez change de visage

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  • Joris Chougrani replacé en défense axiale avec succès est l’un des symboles d’un Raf plus rigoureux depuis le début de la saison.
    Joris Chougrani replacé en défense axiale avec succès est l’un des symboles d’un Raf plus rigoureux depuis le début de la saison. Centre Presse Aveyron - Jean-Louis Bories
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Depuis plusieurs semaines, l’équipe aveyronnaise a transformé son jeu et est devenue plus solide, comme vendredi soir à Sochaux (1-1). Illustration par les chiffres.

Seulement sept buts encaissés en 2O2O

 

Depuis le début de la phase retour, Rodez se montre plus solide en phase défensive. Après une première partie de saison durant laquelle il a souvent déploré « les petites erreurs » qui coûtent cher, Laurent Peyrelade a souhaité que son équipe soit plus rigoureuse. Le vœu de l’entraîneur est exaucé puisque, sur les sept dernières journées, le Raf a encaissé seulement cinq buts. Sur cette période, seul Chambly a fait mieux (quatre). « C’est obligatoire pour s’en sortir, a lancé l’entraîneur Laurent Peyrelade à l’issue du nul à Sochaux, vendredi (1-1). L’idée, c’est d’être solide. On a pris beaucoup trop de buts lors de la phase aller. » La rencontre dans le Doubs a illustré ce que ce tournant de la rigueur a changé dans le jeu : un bloc positionné encore plus bas ainsi qu’une prise de risque calculée dans les offensives, à l’image des latéraux, qui attaquent moins qu’en début de saison.


Sept matches sans marquer pour Ugo Bonnet

 

C’est la conséquence de la recherche de plus de solidité. La progression de Pierre Ruffaut et ses partenaires sur le plan défensif s’est payée par une capacité de menace amoindrie. « Les matches débridés, nous n’en ferons plus. Ou alors peut-être en toute fin de saison », a prévenu Laurent Peyrelade. Les performances d’Ugo Bonnet symbolisent cette évolution. Le meilleur buteur ruthénois, avec neuf réalisations, n’a pas marqué lors de ses sept dernières apparitions, une disette inédite pour celui qui représentait le début de saison enchanteur du Raf. Le nouveau visage pris par son équipe ne favorise pas les qualités de ce joueur d’instinct, qui a moins de ballons à jouer dans la surface de réparation adverse, sa zone de chasse favorite.


Encore moins de possession

 


Déjà que le Raf n’est pas réputé pour être l’équipe qui aime le plus avoir le ballon, cela se confirme encore plus depuis le début de la phase retour. Lors de ses huit premiers matches de 2020, il affiche une possession moyenne de 44%, contre 47,4% lors de la phase aller. Capable d’être enthousiasmant par ses attaques rapides, Rodez cherche à y ajouter le cynisme de l’équipe attentiste, celle qui espère le bon contre ou l’erreur adverse pour frapper. « On a les joueurs capables de marquer », assure Laurent Peyrelade. Cela s’est vu, vendredi, lorsqu’Ayoub Ouhafsa a ouvert le score sur une action où il ne doit rien à personne. Et sans un penalty concédé en toute fin de match, le Raf aurait signé un coup parfait.
Seulement, ce plan de jeu comporte plusieurs inconvénients. Et pas seulement le manque de spectacle, comme cela a été le cas en première période à Sochaux. En acceptant de laisser l’initiative du jeu, les Aveyronnais peuvent traverser de grosses zones de turbulences, en fonction du talent offensif adverse. Cela a été le cas dernièrement lors de l’entame de match face à Lorient (0-1), la semaine dernière. L’autre problème, c’est qu’il faut immédiatement passer à un plan B dès que l’équipe est menée.


A l’extérieur, plus de points obtenus en 2020 qu’en 2019

 


Avec plus de solidité, on voyage mieux. Les Ruthénois ont pu le vérifier, eux qui comptent déjà plus de points en déplacement depuis le début de l’année civile que sur l’ensemble de la phase aller. Lors de la première moitié de saison, ils ont accumulé cinq points, un succès à Clermont (1-0), deux nuls à Châteauroux (0-0) et Nancy (1-1), pour sept revers. Invaincus hors de leurs bases cette année, ils se sont imposés à Orléans et ont partagé les points au Paris FC, au Mans (deux fois 0-0) et à Sochaux. Même s’ils n’ont rendu visite qu’à des formations classées dans la seconde partie du tableau, c’est un net progrès depuis le début de la saison.
« C’est une bonne chose de ne plus perdre à l’extérieur, maintenant ce serait bien de gagner à domicile », a glissé l’entraîneur en faisant référence à ce qui attend son équipe : la réception de Guingamp, ce vendredi, puis celle de Clermont, une semaine plus tard. « On aura besoin des supporters », a-t-il ajouté, alors que son équipe ne s’est imposée qu’une seule fois lors de ses septs dernières réceptions.

Guillaume Verdu
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