Martiel : une femme à la tête d’une société d’aliments bétail

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  • Magali Vaissier, à gauche, et une partie de son équipe devant le mur de résidus céréaliers.
    Magali Vaissier, à gauche, et une partie de son équipe devant le mur de résidus céréaliers. Repro CPA
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Zoom sur l’entreprise Vaissier aliments bétail à Elbes propulsée par une femme et une équipe hors normes.

C’est dans des circonstances particulièrement dramatiques que Magali Vaissier, 43 ans, a repris, en 2018, une entreprise créée par son père, Pierre, en 1977, à Elbes sur la commune de Martiel. Ce dernier a débuté par une société de transports. Mais, suite à l’achat d’un moulin, il transforme son outil de travail et se dirige vers une fabrication d’aliments pour du bétail d’élevage (ovins, bovins, caprins, volailles) à partir de résidus céréaliers valorisés. Une recette au savant dosage, à base de grains cassés, pulpe, brisure et poussière, incorporés à des formules d’aliments pour animaux. Une belle démarche innovante de développement durable bien avant l’heure. De son côté, sa fille, formée au dur métier de jardinier, exerce quelque temps à Martiel et à Ceignac, avant de partir avec son mari, au Ghana, en Afrique, par soif d’aventures. Elle y restera six ans et y mettra au monde des jumelles. Revenue en Aveyron, à peine venait-elle de racheter une activité de paysagiste pour s’installer à son compte, que son père se tue, à 66 ans, dans un accident d’ULM.

Deux jours à la CCI, trois en entreprise

Dans un premier temps, elle pense que son frère va reprendre le flambeau mais il n’en est rien. Alors elle, qui avait pourtant suivi l’entreprise de son père de très loin, fait le choix, "pas rationnel mais émotionnel à 100 %", de se poser en leader surtout "pour sauver les quatre emplois de l’époque dont certains accusaient une trentaine d’années d’expérience" et n’auraient pas retrouvé du travail ailleurs. "C’est à ce moment-là que j’aurais eu le plus besoin de mon père car il avait toujours un avis tranché ou une solution à tout mais il n’était pas là". Magali Vaissier se tourne alors vers la chambre de commerce et d’industrie (CCI), et Dominique Treilles en particulier qui va l’accompagner. Elle suit une formation de développeur de petite entreprise en treize mois à raison de deux jours par semaine. "Là où mon père avait cinq jours pour faire le travail dans l’entreprise, je n’en disposais que de trois et je ne m’y connaissais, donc c’était très dur". Mais elle n’est pas découragée et s’accroche tout en réinvestissant la maison paternelle juste au-dessus de son lieu de travail, à 200 mètres du château de Loc-Dieu.

Qualité du produit

L’activité de Vaissier aliments bétail s’étend sur un rayon d’action de 150 km, entre Montauban et le Nord Aveyron. "Le bouche-à-oreille fait qu’on n’arrive pas à fournir". Un succès qui s’explique par les prix modiques pratiqués par la société mais que Magali Vaissier a entrepris de relever "pour ne pas dévaluer le produit". Mais la qualité parle d’elle-même car "tous ceux qui ont essayé le produit ne veulent pas autre chose. Notre cœur de métier, c’est le petit agriculteur indépendant qui a une soixantaine de vaches". L’inquiétude pointe néanmoins car "un tiers de nos clients n’a pas de relève".

Il n’empêche, Magali Vaissier a entrepris de moderniser sa société par l’informatique, elle envisage aussi un relooking, des portes ouvertes, une journée du souvenir en mémoire de son père (le 17 juin), le goudronnage de la cour (demandé par les Douanes pour constituer un frein à la listériose), faire les marchés pour proposer des sacs de céréales aux agriculteurs retraités qui ont tous de la volaille. L’entreprise vend aussi un peu de matériaux de construction pour dépanner ces mêmes agriculteurs. C’est aussi le moment de se réjouir car l’année 2019 marque un tournant avec un record historique de 8 760 tonnes produites, soit 1 400 de plus que l’année précédente. Un résultat qui marque la volonté de fer de Magali Vaissier et son équipe.

Salariée comme les copains

Elle termine ses cours en novembre 2019, un an après avoir pris la gérance de l’entreprise. Mais elle tenait au statut de salarié pour être "au même niveau que les copains". Des employés qui sont passés de quatre à neuf (dont trois femmes) aujourd’hui. "J’ai réembauché un retraité, à son rythme, et j’ai même fait signer un contrat de travail à une personne de 74 ans qui tient la conciergerie". Un apprenti meunier est aussi venu grossir l’équipe tout comme un agriculteur présent quand le moulin a besoin puisqu’il tourne dix heures d’affilée. "Ils m’ont aussi choisi et chacun est à sa place", résume fièrement Magali Vaissier pour faire sentir qu’il s’agit d’une entreprise familiale où tout le monde s’épaule. "C’est du donnant donnant".

Marie-Christine Bessou
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