Coronavirus : avec l’Italie, le marché de Laissac retient son souffle

  • Le chauffeur italien des transports Gasparello, prêt à charger ses broutards.
    Le chauffeur italien des transports Gasparello, prêt à charger ses broutards. CC
  • Jean-Paul Latieule, négociant.
    Jean-Paul Latieule, négociant. CC
  • David Minerva, maire de Laissac, en visite dans les boxes à broutards du marché.
    David Minerva, maire de Laissac, en visite dans les boxes à broutards du marché. CC
Publié le , mis à jour

Plus économique que sanitaire à leurs yeux, la crise du coronavirus alarme quelque peu les éleveurs qui commercent traditionnellement avec les Italiens.

Deux camions et leurs remorques en provenance d’Italie comme tous les mardis matin ou presque. L’un vient de Padoue (Vénétie), l’autre de Cuneo (Piémont). Aucun des deux n’inquiète les professionnels du marché hebdomadaire de Laissac, les convois n’ont pas été bloqués à la frontière, ils ne viennent pas des onze communes italiennes confinées à ce jour. Ce n’est pas pour autant qu’ils feront le plein ce mardi, que ce soit pour les groupements Parmaubrac (de Malbouzon) ou Vaccari Négoce (de Cazères), ou encore pour les quelques indépendants qui exportent eux aussi des broutards lourds. Cette catégorie de jeunes bovins, la plus prisée par les Italiens, souffre dans ses apports. "Nous avons ce matin 417 broutards enregistrés contre près de 700 d’habitude", relèvent David Minerva, maire de Laissac, et Anne Mercadier, l’une des responsables du marché.

Baisse des cours

Et d’ajouter : "C’est la baisse des cours qui inquiète plus que le déplacement du virus". Même opinion dans les travées. "C’est bien le marasme ambiant qui entraîne cette baisse des cours et des apports… Et psychologiquement, les gens consomment moins", avance Jean-Paul Boyer, négociant en bestiaux. "Ce n’est pas l’élevage, le problème, ce sont les restaurants et les écoles qui ferment dans certaines régions et qui font baisser la consommation", note pour sa part le chauffeur italien de l’entreprise Gasparello, un des deux camions présents hier à Laissac, qui vient tous les mardis.

Pour Jean-Paul Latieule, négociant à Gillorgues habitué à commercer avec l’Italie où il envoie chaque semaine quelque 500 bêtes, l’avenir reste préoccupant : "Nous ne sommes pas touchés pour l’instant par cette crise sanitaire. Mais on s’attend au pire si certaines régions en Italie venaient à être fermées au marché. idem pour les boucheries. On vit chaque jour un peu plus sur l’équilibre. C’est le contexte économique qui est difficile, plus que le virus en lui-même. Cela ne dépend ni de nous, ni des animaux. Cela dit, on pourrait en faire plus, mais dans un tel contexte, on n’ose pas…"

La "patche" prohibée ?

Le marché s’est ouvert ce mardi matin avec, énoncées au micro, les recommandations de la préfecture : se laver les mains régulièrement et ne pas se serrer les mains… Sur ce dernier point, difficile de changer les habitudes. La "patche", poignée de main qui scelle une transaction mieux que le ferait un contrat, est donc prohibée. Mais cette tradition ancestrale a bel et bien perduré hier matin dans les travées, preuve supplémentaire que l’appréhension du virus est bien moindre que l’économie induite par les cours du marché.

Christophe Cathala
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