Rodez : un hôtel de charme pour les PTT

  • La façade de l’Hôtel des Postes aux décors et aux ferronneries Art déco. La façade de l’Hôtel des Postes aux décors et aux ferronneries Art déco.
    La façade de l’Hôtel des Postes aux décors et aux ferronneries Art déco. Pierre Soissons - Reproduction Centre Presse
  • La façade de l’Hôtel des Postes aux décors et aux ferronneries Art déco.
    La façade de l’Hôtel des Postes aux décors et aux ferronneries Art déco. Pierre Soissons - Reproduction Centre Presse
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Son style particulier en fait une institution ruthénoise. Voici son histoire.
 

En 1936, Edmond Leenhardt, architecte des Postes et Télégraphes, basé à Montpellier, dresse les plans du nouvel hôtel des postes de Rodez ; il prend place sur le boulevard Gambetta, après la destruction de quelques maisons et de l’école Gally. Le précédent, place d’Armes, était devenu trop exigu pour recevoir l’ensemble des services. L’objectif était en effet de réaliser un bâtiment répondant aux exigences de modernisation du service postal.

Outre les espaces d’accueil du public et de traitement du courrier, télégrammes et télégraphes, le bâtiment abritait des appartements pour le directeur départemental, le receveur et le caissier, les deux premiers disposants d’un balcon au-dessus de la porte d’entrée.

Le public est accueilli dans le hall du corps de bâtiment face au boulevard par un escalier extérieur monumental. Dans un second corps de bâtiment, en retour et de plain-pied avec la rue, sont abrités le tri postal et les bureaux administratifs. Ce bâtiment sera prolongé en 1961 par une aile en rez-de-chaussée.

Après concertation avec André Boyer, architecte départemental, Edmond Leenhardt conçoit une construction en béton avec un revêtement de 20 cm de grès rouge de Cayssiols scellé par des agrafes de cuivre rouge fixées dans l’ossature en ciment armé, afin de s’harmoniser avec l’ancienne chapelle des Jésuites toute proche. L’édifice affiche une modernité empreinte d’architecture classique dans la symétrie de la façade principale et la présence de niveaux de soubassement et de couronnement.

L’Amérindien au téléphone

Les grilles des fenêtres et portes en fer forgé sont ornées de médaillons avec le monogramme "PTT", sigle officialisé en 1925.

Dès les premières ébauches, l’architecte avait prévu de décorer la façade d’une enseigne de marbre blanc gravée "télégraphe – poste – téléphone". Marc Robert, sculpteur ruthénois réalise une ébauche en août 1938 elle évoque des œuvres de l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925 et l’exposition coloniale de 1931. Mais c’est seulement en 1943 que Paul Guéry, sculpteur montpelliérain, grand prix de Rome, reproduit la maquette in situ.

De part et d’autre du globe, hommes, femme et animaux représentent les différents continents.

Un Amérindien avec sa coiffe et une femme vêtue à la grecque, figurant l’Europe, tiennent chacun un combiné de téléphone. Le pont reliant les hommes, s’achevant en rameau et rehaussé de la courbe du mot "Postes" complètent cette allégorie de la paix entre les peuples. Une paix rendue possible grâce à la modernisation des moyens de communication et de transport du courrier, avec le paquebot-poste à gauche, le chemin de fer à droite et l’avion au-dessus de l’ensemble.

On peut noter la singularité d’une telle réalisation en 1943, avec une iconographie inchangée malgré le contexte de la Seconde guerre mondiale.

L’essor des nouveaux moyens de communication incitait la puissance publique à construire des bâtiments résolument modernes et de dimension conséquente au sein de la cité devenue "administrative". Le bureau de poste reflète ainsi la société dans lequel il s’inscrit.

"Les lieux emblématiques des grandes institutions tiennent une place particulière dans l’imaginaire collectif, qui sait se souvenir des symboles", explique Sébastien Richez dans son ouvrage Architecture postale, une histoire en mouvement.

Ainsi nous pouvons profiter des bureaux de poste et de leurs services tout en admirant leur architecture comme à Rodez, Foix, ou Toulouse (la Poste Saint-Aubin) pour citer quelques exemples régionaux et au-delà, l’hôtel des postes de Mâcon, "mystérieux palais oriental", car prévu à l’origine pour la ville d’Alger.

Recherche de documents

Dans le cadre de son travail sur Onet-le-Château, le service du patrimoine de Rodez agglomération recherche des photos anciennes de la zone industrielle de Cantaranne et de l’usine Bosch. Si vous êtes en possession de documents, vous pouvez contacter Yann Launay à l’adresse suivante : Service du patrimoine Rodez agglomération, 1 place Adrien-Rozier, 12035 Rodez cedex 9. 05 65 73 83 93.

 

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